• Une journée dans la vie d'un réfugié

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    Charif a 66 ans. A l'occasion de la "'la journée du réfugié" de ce 20 juin, il nous raconte son quotidien. Du lever au coucher. Entre attente et espoir.

    Le 20 juin, journée internationale des réfugiés... Comment cette journée est-elle vécue par les principaux intéressés? Pour le savoir, nous sommes partis à la rencontre de Charif, 66 ans, originaire du Maghreb.

    Il raconte son quotidien à Paris, son attente d'une réponse de la part de l'OFPRA qui devrait lui signifier (quand? Il ne sait pas) s'il est accepté, ou non, en France. Un pays qui est pour lui une terre d'accueil, la patrie, répète-t-il à l'envi, des droits de l'homme.

    « Le matin, je me réveille tôt. Parfois dès 4 heures, je suis debout. Dans ce cas-là, je fais ma prière et je me rallonge un peu. Vers 7 heures, je prépare mon petit déjeuner. Un peu de lait, que je fais bouillir au micro-ondes qui se trouve dans ma chambre d'hôtel. Depuis un mois, je suis hébergé par France Terre d'Asile, je partage ma chambre avec deux autres personnes.
    Après, tous les jours, je descends au café. J'aime bien les cafés parisiens. Avant, je buvais une vingtaine d'expressos par jour. Café, café, café. Maintenant, j'en bois deux ou trois maximum. J'ai arrêté de fumer aussi.
    Après ce café du matin, je commence à déambuler. Emmaüs m'a fourni une carte de transports Navigo. Je prends le bus et je vais visiter Paris. J'ai été dans les musées, au jardin du Luxembourg... Et la place de l'Etoile, le matin, à l'aube, quand les touristes ne sont pas encore là. Il y a des lieux que j'aime voir dans l'intimité, qui méritent le respect.
    Le midi, je n'aime pas manger. Je continue de marcher, de déambuler. Je passe au Service d'Assistance Sociale et Administrative pour voir si j'ai reçu du courrier. J'attends la lettre de l'OFPRA. Et le soir, je vais manger dans un restaurant administratif, on m'a donné une carte pour que je puisse y prendre mes repas. Quand je rentre à l'hôtel, il est assez tôt. Je peux regarder la télé mais un de mes voisins de chambre l'accapare un peu! Je me couche tôt, l'hôtel est calme, je suis reconnaissant aux associations qui me permettent d'y vivre. »

     

    NB: Avant qu'une personne puisse obtenir le statut de réfugié politique et vivre ainsi librement sur le territoire français, on le désigne sous le nom de demandeur d'asile.