• un récit : Daniel

    Voici l’histoire de Daniel.

     

    A la suite de graves évènements politiques survenus au Togo en 2005, Daniel a dû quitter son pays où sa sécurité n’était plus assurée.

    Il s’est enfui en France et il a obtenu le statut de réfugié en février 2009.

    Dès cette date, il a voulu faire venir près de lui sa femme et ses deux enfants qu’il avait laissés derrière lui dans sa fuite.

    Il fait alors une demande de regroupement familial, comme c’est son droit en tant que réfugié statutaire.

    Malheureusement l’Ambassade de France au Togo refuse à deux reprises de délivrer les visas nécessaires, bien que la femme de Daniel ait payé les droits sur place. Elle a reçu un récépissé de cette somme, mais les visas n’ont pas été délivrés.

    Le bénévole de la CIMADE qui reçoit Daniel décide de l’aider à obtenir ces visas en faisant un recours devant la « Commission de recours contre les refus de visa » qui dépend du ministère de l’immigration et se trouve à Nantes.

    En même temps, il envoie la photocopie de ce recours à l’ambassade de France au Togo par télécopie. Comme par enchantement, les visas sont délivrés dans les 8 jours, avant même que le recours ait été instruit en France.

    Ce visa est valable 3 mois. Il faut maintenant que Daniel organise le voyage de sa famille dans ces trois mois.

    Les familles, pour la plupart très démunies, courent souvent un grand danger en restant dans le pays quitté par celui qui a fui et obtenu le statut de réfugié. Leur sécurité n’est pas assurée. Le réfugié se sent coupable de se mettre à l’abri en laissant derrière lui sa famille en danger. Daniel souhaite accueillir le plus vite possible sa femme et ses enfants dont il est responsable légalement.

    Le coût du voyage des trois personnes concernées est de 1300 euros (billet à tarif réduit).

    Daniel n’a pas encore trouvé de travail en France. Jusqu’à la décision de l’OFPRA, il n’avait pas l’autorisation de travailler. Sa femme n’a pas de revenus au Togo.

    Auparavant, c’était l’OFII () qui prenait en charge le voyage des familles de réfugiés statutaires, soit en totalité soit partiellement selon les revenus de la famille.

    Mais l’OFII ne peut plus le faire : Il n’a plus les fonds nécessaires. L’Etat français se dégage de ses obligations vis-à-vis de ces personnes, malgré la signature de la Convention de Genève qui le lie

    Il ne reste plus comme solution à Daniel que de faire appel à la charité, à l’aide des associations, dont la plupart ont-elles mêmes à souffrir des réductions de subventions de l’Etat.

    Quand et comment cette famille sera-t-elle enfin réunie ?