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Publié par groupe.cimade63 à 21:20:44 dans La REALITE | Commentaires (0) | Permaliens
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«Cette nationalité française, je la désirais depuis l'adolescence. (…) Maintenant, une nouvelle vie s'ouvre à moi. Et je vous assure que je me conduirai comme un citoyen exemplaire», dit l'un. «Je suis infiniment soulagée et reconnaissante.»«Je suis fier d'être Français» : de cartes manuscrites en lettres dactylographiées, de remerciements convenus portant numéro de dossier aux missives poétiques, les courriers qui s'accumulent à la sous-direction des naturalisations racontent le parcours d'immigrés qui ont voulu devenir français. Souvent, il leur a fallu bien des années, dix en moyenne, pour y parvenir. Et beaucoup de persévérance. Car l'administration écarte chaque année 20 % des candidats.
Tandis que le pays ausculte son identité, «ces naturalisations restent un indicateur majeur de l'intégration», souligne le préfet de Seine-Saint-Denis, Nacer Meddah. Or, leur nombre augmente depuis deux ans. Près de 100 000 immigrés devraient devenir français cette année par décret. «Nous sommes le pays d'Europe qui naturalise le plus», affirme le ministre de l'Immigration. Sur les 4,5 millions de personnes immigrées âgées de 18 ans ou plus qui résident en France métropolitaine, 41 % ont acquis la nationalité française, selon Denis Fougère et Mirna Safi, chercheurs à l'Insee. La même proportion qu'aux États-Unis.
Quels que soient la virulence des débats et les revirements de nos politiques d'intégration, le droit de la nationalité «est aujourd'hui l'un des plus ouverts d'Europe», rappelle le spécialiste Patrick Weil. Une tradition ancrée dans l'histoire : quand l'Allemagne ne reconnaissait que le droit du sang, la France accordait déjà la citoyenneté à des résidents étrangers.
Mais «cette nationalité n'est pas bradée», assure le directeur de l'intégration, Michel Auboin. Certaines préfectures se montrent très exigeantes, voire restrictives comme celle du Val-de-Marne. D'autres émettent plus facilement un avis favorable. Jusqu'à présent, une sous-direction des naturalisations harmonisait les décisions. À partir de janvier, les préfectures devront œuvrer seules, ce qui fait craindre un traitement différencié selon les régions. Car la base juridique est succincte. Le Code civil impose d'avoir «ses intérêts matériels en France». Et d'adopter un «comportement compatible avec la République», ce qui exclut les personnes ayant commis des crimes et délits importants. Tout comme les extrémistes religieux. C'est pour défaut d'assimilation que le Conseil d'État a confirmé récemment le refus d'accorder la nationalité française à une femme qui portait la burqa. Ces cas sont rares.
Tant qu'ils s'interrogent sur leur sort, les immigrés restent simples résidents. La première génération d'Algériens s'est ainsi tenue dans un «ni-ni», «ni reparti, ni Français». Ce n'est qu'à partir des années 1990 que certains ont entamé des démarches de naturalisation. Tandis que les Marocains se sont engagés massivement. «Bien que mon grand-père ait été tué par les colons, j'ai réalisé que mon pays, c'était ma famille et ma maison. La mienne est à Goussainville», raconte ainsi Mina Itto, aujourd'hui française et retraitée.
Les taux moyens de naturalisation diffèrent fortement selon le pays d'origine. Il y a dix ans, les pays d'Asie du Sud-Est et d'Afrique subsaharienne connaissaient les taux les plus élevés. Contrairement aux immigrés originaires d'Algérie, de Turquie ou du Portugal. Mais le visage des nouveaux Français évolue rapidement. Les Asiatiques sont moins nombreux. Peut-être plus indécis, car la binationalité est rarement acceptée dans leurs pays d'origine. Tandis que les Maghrébins comme les Africains restent nombreux.
L'acquisition de la nationalité bénéficie tout particulièrement aux immigrés les plus en difficultés sur le marché de l'emploi, assure l'Insee. Elle leur ouvre notamment les métiers de la fonction publique. Et pourtant, ce sont principalement les femmes et les diplômés qui veulent devenir français. Preuve que la naturalisation ne se résume pas à une «green card».
» TEMOIGNAGES - «Ici, les droits sont respectés, nous le savourons»
» Des bourses pour les bons élèves de l'intégration
» Éric Besson lance le débat sur l'identité nationale
Publié par groupe.cimade63 à 21:17:34 dans La REALITE | Commentaires (0) | Permaliens
http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=62129
La migration internationale peut venir à bout des inégalités, selon un expert
18/11/2009 18:36 GMT
Dakar, 18 nov (APS) – Le changement social induit par la migration internationale peut contribuer à la lutte contre les inégalités sociales, a soutenu, mercredi à Dakar, le professeur Mouhamadou Guélaye Sall, directeur de l’Institut de population, développement et santé de la reproduction (IPDSR). ‘’Le changement social induit par la migration internationale constitue une piste sérieuse pour la lutte contre les inégalités et l’inertie est un moyen de renforcer la citoyenneté et l’engagement politique’’, a-t-il déclaré à l’ouverture d’un symposium consacré aux migrations. D’une durée de deux jours, la rencontre est organisée par l’Institut de population, développement et santé de la reproduction (IPDSR), sur le thème : ‘’Migration et mondialisation : enjeux et défis futurs’’. ‘’Les mouvements migratoires posent des difficultés aux gouvernements du Sud et du Nord, des défis à la fois politiques, économiques, sociaux, culturels et sanitaires qu’il faut relever pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)’’, a-t-il dit. Selon le professeur Guélaye Sall, ‘’les interrelations entre la migration et le développement économique et social sont révélatrices de changements dans divers domaines (institutionnels et politiques, démographiques et sociales, recompositions territoriales et culturelles, conséquences en matière de santé, questions juridiques et de droits humains)’’. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, ‘’l’IPDSR a convié des experts à travers l’Afrique et le monde, à un débat prospectif, en vue d’un travail d’analyse pour mettre à jour les principaux défis et anticiper leurs effets’’. ‘’Les conclusions de nos travaux aideront certainement à éclairer notre vision pour une nouvelle approche de la migration’’, a indiqué M. Sall. ‘’Au moment ou les nouvelles technologies de l’information et de la communication réduisent les distances qui séparent les pays, les replis identitaires et les nombreuses formes de rejet de l’autre se multiplient, montrant ainsi que les hommes échouent à trouver un langage commun’’, a noté pour sa part Ramatoulaye Diagne Mbengue. Pour la directrice de l’Ecole doctorale ‘’Etudes sur l’homme et la société’’ (ETHOS) de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, ‘’la mondialisation inspire plus de crainte que d’espoir, elle apparaît tantôt comme le mouvement par lequel nous envahit ce qu’il y a de pire chez l’autre, tantôt comme une machine impitoyable qui affaiblira les faibles et rendra les forts toujours plus fort’’. ‘’Migrations ne riment pas toujours avec enrichissement et ouverture’’ mais le plus souvent avec ‘’délinquance, marginalité et précarité’’, a rappelé Ramatoulaye Diagne Mbengue.
MSA/BK
Publié par groupe.cimade63 à 21:14:30 dans La REALITE | Commentaires (0) | Permaliens
http://www.maliweb.net/category.php?NID=53344&intr=
Transfert d’argent des migrants : La BAD ouvre le débat à Bamako
L’hôtel Radisson a abrité, le 19 novembre 2009, l’atelier technique régional sur « les envois d’argent des migrants : Quels cadres réglementaires et quels produits financiers en zone Franc ». L’atelier organisé conjointement par la Banque Africaine de développement (BAD) et la France, en partenariat avec l’Agence Française de Développement, le Club des dirigeants des banques et établissements de crédits, a regroupé les représentants des banques centrales, des institutions financières, des institutions de microfinance et des opérateurs de téléphonie mobile.
Ennahli Moulaye Lahcen, Représen-tant résident de la Banque africaine de développement au Mali, a déclaré que cet atelier témoigne l’intérêt que porte sa banque aux communautés africaines vivant à travers le monde dans la promotion du développement économique des pays Africains. « Cet intérêt de la BAD s’est traduit sur la période récente par le lancement de son initiative ‘’Migration et Développement’’ », a-t-il ajouté. Cette initiative, à son avis, poursuit l’objectif fondamental de mobiliser les ressources humaines et financières de la diaspora au service du développement économique et social des pays africains.
Mieux, il dira qu’une telle initiative prend plus de sens dans le contexte de la crise économique internationale. « Dans un tel contexte, la contribution des communautés des africains résidant à l’étranger revêt une importance encore plus particulière et sa baisse peut signifier un appauvrissement des populations vivant à la limite du seuil de pauvreté », a-t-il estimé. Le Représentant de la BAD au Mali dira que l’initiative de sa banque vise à accompagner les efforts visant à réduire les coûts des transferts et à augmenter d’autant la masse de ressources disponibles à la fois à la consommation des ménages bénéficiaires, à l’épargne et à l’investissement dans les pays récipiendaires.
Cependant, il a estimé qu’une telle initiative pour réussir a besoin de la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes. Pour Michel Révérend de Menthon, ambassadeur de France au Mali, chaque année, 190 millions de migrants envoient plus de 440 milliards de dollars à leurs familles dans leurs pays d’origine. Selon lui, ces fonds permettent d’apporter un soutien en termes de dépenses courantes, de santé et d’éducation à près de 700 millions de personnes dans le monde. Pour cela, il a estimé que les migrants sont des forces motrices du développement. « Les transferts des fonds des migrants sont aujourd’hui supérieurs à l’aide publique au développement ou à l’investissement direct étranger dans le monde », a-t-il révélé. En ce qui concerne l’Afrique, il dira que les fonds envoyés par sa diaspora représentent environ 40 milliards de dollars.
« Ces sommes sont destinées à plus de 80% à des dépenses de première nécessité, comme les dépenses alimentaires, de santé et d’éducation », a-t-il déclaré. Mieux, l’ambassadeur de France au Mali dira que le poids économique et financier des transferts est important et atteint par exemple 11% du PIB au Mali, 19% au Sénégal et encore 24% aux Comores, selon l’étude menée fin 2007 par la BAD à la demande de la France. Il a aussi mis un accent sur un fait marquant. Selon lui, le marché des transferts en Afrique voit se développer des innovations technologiques prometteuses, notamment celui de la téléphonie mobile. Il a estimé que ce développement s’appuie sur la croissance rapide des abonnés au téléphone mobile sur le continent. « Ils étaient 7,5 millions en 1999, ils sont désormais 280 millions.
Aujourd’hui, ces téléphones portables peuvent remplacer les cartes de crédit », a-t-il indiqué. Cependant, il a estimé que les coûts de transactions restent importants. Selon lui, ils peuvent aller jusqu’à 20% du montant de la transaction et sont parfois supérieurs en France à ceux des pays voisins. « La communauté internationale a pris la mesure des enjeux que représentent les efforts des migrants de la diaspora pour le développement de leur pays d’origine. Pour accompagner ces efforts, la priorité est de parvenir à une baisse des coûts de transaction », a-t-il révélé. Avant de dire que son pays, la France prend sa part dans cette réflexion commune. Elle s’est engagée avec ses partenaires du G8 pour parvenir en cinq ans à une diminution de 50% du coût des transferts au niveau global.
« Cet engagement emblématique qui fixe un objectif chiffré et un calendrier permettra de dégager un montant de ressources supplémentaires pour les pays en développement de près de 20 milliards de dollars », a-t-il révélé. Il a ensuite énuméré la liste des actions déjà entreprises par la France pour faire baisser les coûts. Pour conclure, il a précisé que la France et ses partenaires seront attentifs aux pistes de travail qui émergeraient des travaux de l’atelier.
Mme Kouyaté Astan, conseillère technique au ministère de l’économie et des finances, qui a représenté le ministre à la cérémonie, a rappelé que l’atelier fait suite à une étude réalisée en 2008 par la BAD avec l’appui de France sur les transferts de fonds des migrants en direction de quatre pays : Mali, Comores, Maroc et le Sénégal. Selon elle, l’atelier de Bamako se tient dans un contexte de crise financière mondiale, qui pourrait avoir des conséquences négatives sur les transferts de fonds des migrants. Elle a ensuite énuméré la longue liste des sujets que l’atelier devra aborder.
Ce sont entre autres : la stratégie à mettre en place en faveur de l’épargne des migrants en vue de trouver des produits financiers mieux adaptés à ces fonds, le rôle des institutions de microfinance et des sociétés de transfert d’argent dans les opérations de transfert et la bancarisation…
Assane Koné
Publié par groupe.cimade63 à 21:13:22 dans La REALITE | Commentaires (0) | Permaliens
http://www.article11.info/spip/spip.php?article619
jeudi 19 novembre 2009, par JBB
Chercher, fureter, grattouiller, fouiller en permanence, dénicher de nouveaux angles, trouver des biais originaux… c’est simple : la tâche d’Eric Besson est un véritable apostolat.
Et il faut reconnaître à l’homme un certain talent pour alimenter l’ignoble moulin de l’identité nationale et pour faire tourner sa petite machine identitaire.
Ainsi du nouveau joujou médiatique, lancé hier en grandes pompes et lors d’une conférence de presse au ministère de l’Immigration, des mariages gris, unions censément conclues « entre un étranger et une personne de nationalité française de bonne foi, abusée dans ses sentiments par un(e) étranger(e) dont l’objectif est d’obtenir titre de séjour ou nationalité française ».
De prétendues « escroqueries sentimentales à but migratoire » auxquelles Eric Besson, faute de chiffres et statistiques sur la question, a donné corps en s’appuyant sur la présence d’une cinquantaine de victimes revendiquées.
Soit autant de témoignages livrés sur un plateau aux médias présents et destinés à prouver la justesse du nouveau combat du ministre.
Lequel a aussi mis en avant une certaine Blandine Jullian, présidente de la très méconnue Association nationale des victimes de l’insécurité (ANVI), invitée à prononcer un discours sous les ors du ministère au cours duquel elle a notamment appelé à « modifier l’institution du mariage, concernant un mariage entre français et étranger, en tenant compte de l’atteinte à l’honneur, la dignité de la personne humaine, du fait qu’elle a été instrumentalisée à des fins migratoires » et à « introduire de façon obligatoire la séparation de bien dans le régime matrimonial, pendant cinq ans ».
Oui : rien de moins.
-Si la mise en avant par Besson des "mariages gris" a suscité des réactions logiquement indignées, personne ne semble surpris de voir débouler dans le jeu de quilles de l’identité nationale une association jusqu’alors pratiquement inconnue, ni ne paraît s’étonner de la tribune ministérielle accordée à l’étrange Blandine Jullian.
Un silence regrettable, tant "le parachutage" de l’association et de sa présidente dans le débat public est instructif.
En ce qu’il révèle sur la façon dont le ministre et son cabinet mènent l’opération identité nationale, rebondissant sur chaque sujet susceptible de troubler le débat et de jeter le discrédit sur l’immigration.
Et en ce qu’il témoigne de la place croissante accordée à des associations de lobbying, officines s’étant données pour seul objectif le vote de lois toujours plus répressives.
- Mariages gris : l’Association nationale des victimes de l’insécurité sonne le tocsinPour ce grand coup de projecteur sur les "mariages gris", tout débute lors du rendez-vous obtenu par l’Association nationale des victimes de l’insécurité (ANVI), le 9 octobre dernier, au ministère de l’Immigration et de l’identité nationale.
Une réunion lors de laquelle sa présidente, Blandine Jullian, revient notamment sur sa volonté de voir la notion de "mariage gris" reconnue par la loi.
Le thème éveille l’intérêt des conseillers du ministre et ceux-ci décident de lui donner l’écho dont rêvait la présidente, elle qui déclarait récemment sur le site de l’ANVI vouloir « faire en sorte qu’une campagne de prévention [sur les mariages gris] soit diffusée en France, par les médias télévisés, style campagne pour les femmes battues, les cancers, la grippe A, etc… »
C’est essentiel : là se croisent deux intérêts bien compris, d’un côté celui d’un ministère soucieux de faire feu de tout bois sur la question identitaire et de l’autre celui d’une très petite association, agréablement surprise de trouver une audience dans les cercles du pouvoir.
-Le principe d’une conférence de presse commune est alors arrêté.
Et l’ANVI, pour lui donner corps et fournir des témoignages, bat le rappel de ceux et celles de ses membres et sympathisants qui auraient été victimes d’un mariage gris.
S’appuyant aussi sur un forum : Arnaque sentimentale, lancé fin 2007 et comptant 180 membres, en théorie tous concernés par la question du "mariage gris" [1] et invités à participer « à la rencontre clé a la main qui se déroulera (…) auprès du ministère de l’immigration »
Une rencontre ainsi présentée par l’une des modératrices du forum (fautes d’orthographe et de syntaxe comprises) :
il faut qu’il y ait 150 personnes qui doivent s’inscrire ensuite une fois qu’on aura atteint 150 personne on a encore le temps d’ici le 4 novembre, et bien les victimes iront au ministère, c’est l’association ANVI qui gère la chose et qui est responsable de cette rencontre, leur but est d’aider les victimes de mariages gris, ensuite tout le monde parlera et s’exprimera dans le but de faire prendre conscience du problème qui se met en place ! une immigration massive passant par le mariage et donc en toute légalité pour obtenir les papiers voilà pourquoi il faut du monde pour que le gouvernement comprenne ce problème qui ne cesse d’augmenter, et pour le système mette en place des solutions, des mesures radicales, que le ministre de l’immigration soit plus sévère on espère obtenir des solutions en ce qui concerne les expulsions !
En son réseau et sur le net, l’ANVI fait ainsi le plein de "victimes", autant de visages pour donner consistance à la nouvelle marotte d’Eric Besson.
Et lance parallèlement une campagne de lettres-types à envoyer au ministère de l’Immigration : « Je rejoins les nombreuses autres victimes, qui s’adressent à vous, afin que vous mesuriez l’ampleur de ces escroqueries sentimentales, et que par une campagne de prévention vous fassiez en sorte qu’il y ait moins de victimes », déclare notamment la missive, avant de lister les éventuelles « circonstances de l’escroquerie » [2].
Bref : une opération rondement menée, qui permet à Blandine Jullian d’agiter ces lettres comme autant de preuves de la gravité du phénomène des "mariages gris" et à Eric Besson de mettre en avant de poignants témoignages.
Dont une certaine Nadia B., qui a eu l’honneur d’un article dans le quotidien régional Le Progrès :
- L’ANVI : une association nauséabonde consacrée par Besson« Je suis soulagée, enfin on est reconnu ». Nadia B. faisait partie, hier, des invités du ministère de l’Immigration, rue de Grenelle à Paris. Éric Besson a reçu les « victimes des " mariages gris " conclus en abusant de la vulnérabilité de personnes en situation de faiblesse, dans le seul but d’obtenir un titre de séjour ou un accès à la nationalité française ».
C’était en avril 2001. Nadia avait épousé à Saint-Genest-Lerpt un garçon présenté par un de ses cousins, resté en Algérie, comme un homme riche, cultivé et à l’esprit ouvert. Nadia voit « le beau parleur » deux fois en présence de ses parents. Malheureusement, elle en tombe amoureuse et le mariage est organisé très rapidement. Trois jours après la noce, l’époux disparaît pendant plusieurs mois et Nadia comprend son erreur.
(…)
La force de Nadia ensuite a été de croiser des hommes et des femmes ayant vécu des situations similaires. Elle les a rencontrés sur un forum internet et c’est là aussi que l’Association nationale des victimes de l’insécurité (ANVI) a lancé l’invitation pour cette rencontre ministérielle.
Que représente l’Association nationale des victimes de l’insécurité ?
Objectivement : pas grand chose.
Elle a été créée en juin 1999 dans le Gard, avec pour ambition - entre autres - « d’affirmer et faire respecter le droit à la sécurité et à la sûreté pour tous les citoyens » et « d’obtenir une protection efficace pour tous, exigeant (…) une répression énergique des infractions » .
Et elle ne s’était guère fait connaître jusqu’à présent, si ce n’est par sa participation à quelques colloques autour de la question des victimes (après l’élection de Sarkozy, quand le sujet est devenu central) et par de nombreux communiqués.
Des prises de position publiques qui donnent la mesure de son positionnement politique.
Qu’il s’agisse de dénoncer un prétendu racisme anti-blanc en mars 2005 : « Parce que les faits sont têtus, la vérité parvient toujours à percer. Le 8 mars 2005, au cours de la manifestation lycéenne à Paris, la France découvre que le racisme n’est pas à sens unique, que le racisme n’est pas exclusivement dirigé contre les étrangers et les gens de couleur. Il est impossible, cette fois, de nier que l’attaque était préméditée et qu’elle visait des lycéens français, de culture occidentale laïque et judéo-chrétienne ».
De relayer les communiqués du très controversé et ultra-droitier Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme [3], du Cercle Nation et République (un think-tank souverainiste), ou d’une association réclamant que les criminels les plus dangereux soient « définitivement écartés de la société ».
Ou enfin d’applaudir, en août 2007, à la mise en œuvre de peines-plancher en cas de récidive.
En résumé : l’ANVI est une association fermement ancrée à droite, très à droite, et elle vient de bénéficier, grâce à Éric Besson, d’un joli coup de pub et d’un vernis de respectabilité institutionnelle.
Une belle réussite pour sa présidente Blandine Jullian, ancienne mercière de Vauvert reconvertie dans la dénonciation du « climat de terreur intellectuelle développé en France depuis vingt ans par les gens au pouvoir qui ont prôné le laxisme, la culture de l’excuse et de la victimisation des voyous, et interdit aux citoyens honnêtes de s´exprimer » [4].
- Le modèle de l’Institut pour la JusticeElle a beau ne pas être aussi puissante et efficace que lui, l’ANVI s’inscrit clairement dans une démarche comparable à celle de l’Institut pour la Justice [5].
Association de lobbying lancée il y a deux ans par un couple des Yvelines et qui œuvre en coulisses pour un durcissement tous azimuts de la répression.
Jusqu’à exercer une réelle influence sur les parlementaires de la majorité, à en croire un papier du Monde en date du 10 octobre dernier et titré "L’intense lobbying de l’Institut pour la justice en faveur de lois plus répressives".
L’article constate ainsi que l’institut est devenu « un interlocuteur ménagé par les pouvoirs publics ».
Explique qu’il distribue de nombreuses notes aux élus et ne cesse de les pousser à la roue.
Et relate qu’il a réussi à bénéficier du parrainage de Michèle Alliot-Marie à l’occasion d’un colloque organisé en octobre sur le thème de la justice, alors même qu’il tenait conférence en juillet « au "Local", haut-lieu de rendez-vous à Paris de la jeunesse d’extrême-droite ».
-Institut pour la justice ou Association nationale des victimes de l’insécurité, deux exemples révélateurs, démontrant qu’à l’action réactionnaire d’une majorité politique qui a fait main basse sur la France s’ajoute l’influence croissante d’officines très idéologiques.
Un poids d’autant plus inquiétant qu’il reste souterrain.
N’est soumis à aucun contrôle.
Et n’est jamais innocent.
Surtout pas quand il s’agit de fournir des armes à un ministre de l’Immigration décidé à instrumentaliser la question de l’identité nationale.
Publié par groupe.cimade63 à 21:11:25 dans La REALITE | Commentaires (0) | Permaliens
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