• SOUTIEN A LA FAMILLE SYLEJMANI, à Marie-Luce et Corinne.

    COMMUNIQUE DE PRESSE
    CIMADE 63
    La CIMADE 63 déclare être choquée par la décision du Préfet de faire convoquer 2 militantes de la Défense des Droits des Etrangers au motif d'un délai de prévenance insuffisant pour le
    rassemblement du 8 juin. La CIMADE 63 est non seulement solidaire de ces 2 militantes mais aussi des familles qui ont subi la séparation et la privation de liberté et pour lesquelles le
    rassemblement avait été organisé.

    La CIMADE 63 considère ces agissements préfectoraux comme étant déloyaux et portant atteinte à la concorde républicaine qui impose un certain respect de l'expression libre de la société civile.

    La CIMADE 63 tient à rappeler que l'article 3 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfance stipule que " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le
    fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une
    considération primordiale."
    - Nous considérons qu'il n'est pas de l'intérêt supérieur d'un enfant de 15 mois de se trouver dans un lieu de privation de liberté comme les centres de rétention administrative.
    - Nous considérons qu'il n'est pas de l'intérêt supérieur de l'enfant que de voir sa famille éclatée pour expulser un de ses membres.
    - Nous considérons qu'il n'est pas de l'intérêt supérieur de l'enfant que de vivre à la rue parce que ces parents n'ont pas de titre de séjour régulier.
    La CIMADE 63 appelle solennellement la Préfecture a maintenir une stricte observance des impératifs de la Convention Internationale des Droits de l'Enfance et a être le garant de la
    concorde républicaine en respectant la liberté d'expression de la société civile.

    La CIMADE 63 invite donc les citoyens à participer aux rassemblements JEUDI 16 JUIN :
    - à 15h45 devant le commissariat central (rue pélissier)
    - devant la préfecture à 18h
    - à 18h30 au cercle de silence, place de Jaude,
    ce cercle sera dédié aux militantes et à la famille Sylejmani

     

     

     

    Lulzim Sylejmani (37 ans) et son épouse Valdete  (32 ans ) sont Kosovars ; ils viennent d'une région (le Gjilan) réputée très dangereuse, dans l'est du Kosovo, à la frontière de la Serbie. Ils ont demandé asile en France après avoir subi de très graves violences dans leur pays, de la part d extrémistes albanais.

    En juillet 2010, ils sont déboutés de l'asile.

    Lulzim a trouvé un travail en CDI mais la préfecture de Clermont ne lui accorde pas l'autorisation de travail qu'il espère.

    L'état de santé de Valdete se dégrade et elle demande un titre de séjour pour raison de santé. Bien qu'elle ait reçu un avis favorable du médecin habilité, le préfet le lui refuse ainsi qu'un titre de séjour « Vie Privée et Familiale » à Lulzim.

    Suivent deux arrestations avec mise en rétention de Lulzim en février 2011. L  etat de santé de Valdete s'aggrave encore.

    Après plusieurs interventions, dont celles d eluEs, la préfecture fait la promesse que la famille aura un titre de séjour provisoire.

    Au lieu de cela, la famille est harcelée par les forces de l ordre - trois arrestations en deux mois dont deux à quatre jours d intervalle -.et elle est de nouveau arrêtée le 26 mai. On leur fait comprendre qu il ne s agit que d une simple formalité, qu ils seront de retour à la maison rapidement. Ils ne se méfient pas, partent sans aucune de leurs affaires  avec un bébé de 14 mois  et ne demandent pas d avocat. Ils sont alors emmenés directement au Centre de Rétention Administrative de Toulouse.

    Pour le Juge des Libertés et de la Détention ils sont donc venus volontairement, et sans avocat l arrestation ne peut pas être contestée. 

    Leur petit Erjon (14 mois), né en France, a perdu un kilo en 10 jours.