• Relaxe confirmée pour une passagère qui s'était opposée à l'expulsion de Maliens

    PARIS, 16 avr 2008 (AFP) - La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi la relaxe de Marie-Françoise Durupt, une éducatrice à la retraite qui lors d'un vol Paris-Bamako en avril 2007 s'était opposée à l'expulsion de deux sans-papiers maliens.

    La sexagénaire, ainsi qu'un autre passager dont le cas sera examiné en octobre par la cour d'appel, étaient poursuivis pour "provocation à la rébellion". Le 4 septembre 2007, ils avaient tous deux été relaxés par le tribunal correctionnel de Bobigny, mais le parquet avait fait appel. Lors de l'audience du 19 mars devant la 11e chambre de la cour d'appel, l'avocate générale Marie-Jeanne Vieillard avait requis 1.000 euros d'amende, souhaitant qu'on "ne laisse pas prospérer ce genre de comportement" contre les reconduites à la frontière, qui sont une "procédure légale". Le 28 avril 2007, Mme Durupt avait pris place dans un avion pour Bamako au départ de Roissy, à bord duquel se trouvaient trois sans-papiers maliens et une escorte de policiers chargés de les reconduire à la frontière. Cinq policiers l'accusent d'avoir crié "à bas la police" et d'avoir harangué les autres passagers pour qu'ils s'opposent à l'expulsion, ce qu'avait contesté la prévenue en audience. Disant avoir vu un policier placer un coussin sur la figure d'un des sans-papiers pour le maîtriser, elle affirme s'être levée avec d'autres et avoir dit : "J'ai honte d'être Française et honte de participer à ce genre de pratique". Elle avait alors été débarquée avec un autre passager et deux sans-papiers. Le vol était finalement parti avec deux heures de retard. Mercredi, la cour a considéré qu'il n'était "démontré ni que la prévenue ait quitté sa place pour se diriger vers les policiers, ni qu'elle ait empoigné d'autres passagers pour les inciter à s'opposer, par la force, à l'action des policiers". En outre, observe la cour, "les mots qu'elle a reconnus avoir prononcés et que les témoins ont entendu, s'ils expriment certes son opposition à la présence des policiers à bord de l'avion et sa désapprobation à l'égard des mesures de coercition qu'ils doivent prendre pour assurer l'exécution de leur mission, ne sauraient suffire à caractériser une incitation à s'opposer par la violence à leur action".