• C’était un espoir de changement en 2012.

    L’espoir que la demande d’asile bénéficie enfin d’une approche plus humaine, plus conforme à l’esprit des textes fondateurs, plus respectueuse des principes de présomption de sincérité et d’obligation de moyens…

    De la farce au drame

    De longues concertations ont permis à la société civile de s’exprimer. Un rapport parlementaire[i] est venu conclure cette concertation… mais n’en a nullement été fidèle… La concertation était une farce qui s’est transformé en drame lors du conseil des ministres [ii] du 23 juillet[iii] 2014 et à l’Assemblée Nationale le 25 novembre dernier[iv].

    Certes, ce projet de loi apporte des avancées. Mais elles ne sont pas dues à la volonté politique de la majorité qui voudrait faire rupture avec Sarkozy, Hortefeux, Besson et Guéant. Non, ces avancées s’imposent à l’Etat. Nous les devons à une directive européenne et aux victoires juridiques des ONG telles que la Cimade. Il y a effectivement un pas en avant, notamment le caractère enfin suspensif du recours au refus de protection. Mais il y a 3 pas en arrière.

    1 pas en avant, 3 pas en arrière

    Tout part d’un constat partagé : le système de l’asile est à bout de souffle. Certes, bon, alors maintenant qualifions le problème ! Là commence les divergences. Pour les ONG de défense des droits, les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins. Pour les autorités, il y a trop de besoins par rapport aux moyens existants. 2 angles de vue opposés. L’un part des droits et libertés de l’individu, l’autre part de la réduction des dépenses publiques. L’un se base sur des fondements philosophiques, l’autre sur des considérations conjoncturelles

    Le changement n’a pas eu lieu, … pas encore

    Le projet de loi met un peu plus les Demandeurs d’Asile en quarantaine sociale[v], ils n’auront plus le libre choix de l’hébergement : en centre d’accueil ou par leurs propres moyens ; la procédure prioritaire est aggravée par la procédure accélérée qui maintient toujours l’inégalité de traitement entre Demandeurs d’Asile. Les missions des Centres d’Accueil de DA glissent progressivement de l’accompagnement vers le contrôle et la surveillance pour mieux expulser.

    Si le ministère de tutelle n’était pas le Ministère de l’Intérieur mais celui de la Justice, peut-être aurions-nous eu enfin le changement pour une approche plus progressiste que sécuritaire. Nous aurions peut-être un projet de loi qui redonnerait le droit au travail aux DA, qui respecterait leur libre arbitre et qui rechercherait l’excellence des moyens.

    Le changement n’a pas eu lieu mais il n’est pas trop tard. L’asile est un marqueur d’humanité, il faut s’y investir.

     

     Emmanuel BOUHIER

    porte-parole Cimade63

     

     

    [i] Chronique du 06 dec 2013 http://cimade63.blogg.org/date-2013-12-17-billet-1507708.html

     

    [ii] http://www.acatfrance.fr/communique-de-presse/reforme-de_lasile_-_lacceleration-_a_quel_prix_-

     

    [iii] http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/SOS-Europe/Dossiers/France-droit-asile-une-reforme-reformer-12605

     

    [iv] http://www.gisti.org/spip.php?article3030

     

    [v] http://www.lacimade.org/nouvelles/5216-Migrations-----quand-la-rupture-avec-l-obsession-de-fermeture-et-de-contr-le--

     

    http://www.france-terre-asile.org/images/Amendements_collectif_R%C3%A9forme_asile_-_AN.PDF

     


  • Le groupe local de la Cimade du Puy de Dôme a lancé sa première édition du festival Migrant'Scène vendredi 14 novembre dans le sympathique Bistrot du Vigneron, rue Breschet à Clermont qui accueille le temps du festival, l'exposition photographique de Nicolas ANGLADE racontant le parcours d'insertion d'une famille algérienne à Clermont.

    Une quarantaine de personne sont venues fêter cette ouverture et découvrir les photographies et dégustant les vins auvergnats du bistrot.

    A travers ce festival riche en événements la Cimade souhaite promouvoir un regard fraternel et juste sur les migrants. Dans notre société française fragmentée par les injustices, les inégalités et la peur du déclassement, certains désignent aujourd’hui et depuis 10ans, l’étranger comme un bouc émissaire. Les frontières se ferment, les lois se durcissent, les droits et libertés reculent, les atteintes aux personnes des migrants se multiplient … autant de solutions qui ne seront jamais à la hauteur de l'enjeu et qui font peser de graves menaces sur le progrès des Droits de l'Homme et l'idéal d'une société où il fait bon vivre pour tous.

    A travers l'expression artistique : le théâtre, le chant, la musique, l'écriture, la lecture, le cinéma, la photographie, … le festival entend porter le message de la fraternité et de l'hospitalité, marqueurs d'une société qui s'humanise. Ce festival est aussi un temps de rencontres, d'échanges, de réflexions, avec notamment la venue de Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS, samedi 22 novembre à 14h au Cézeaux pour une conférence.

    L'ensemble du programme est à retrouver sur le blog : http://cimade63.blogg.org/

    ou sur la page Facebook : Migrant'Scène Clermont-Fd

    contact : migrantscene.clermont@gmail.com

     


  • Dans notre société française fragmentée par les injustices, les inégalités et la peur du déclassement, certains désignent aujourd’hui et depuis 10ans, l’étranger comme un bouc émissaire… Et demain, ce sera qui ? …

    Ne perdons pas le point de vue de l’Humanité. Dans ces périodes troublées, la tentation est grande de réduire son champ de vision à sa propre sphère, puis celle de sa famille et enfin celle de son pays. Par cet angle de vue, la réalité est déformée par le prisme des intérêts particuliers, catégoriels ou claniques. Nous marchons alors vers la division.

    Dans ces périodes troublées, il faut plus que jamais croire à ce que nous croyions quand les jours étaient beaux, il faut conserver une hauteur de vue, considérer l’intérêt de la Création, puis celle de l’Humanité pour se positionner et comprendre le réel, le quotidien.

    Quitter son pays n’est pas une déclaration d’hostilité, c’est un droit inscrit à la DUDH. Ce qui implique un devoir d’hospitalité et de bienveillance de la part des Etats.

    L’étranger, c’est l’un de nous, il vit ici, participe à la vie commune, notre quotidien est aussi fait de lui.

    L’étranger est là, depuis toujours, … le France n’a jamais été hermétique aux mouvements de populations. Durant toute son histoire la France a vu ses frontières et son peuple en perpétuel mouvement. L’étranger est aussi un des bâtisseurs de la France naît de la diversité des idées et de ses habitants. La France n’est pas figée, elle est vivante et l’étranger est un des catalyseurs de cette vie.

    La crise économique est là, oui. La crise sociale aussi, la crise environnementale, la crise morale même, pourquoi pas. Mais ce n’est certainement pas en s’aveuglant par la désignation d’un bouc-émissaire que nous parviendrons à y faire face. La crise ou les crises ne connaissent pas les nationalités, elles se nourrissent des désordres, des dérégulations, de l’abdication des pouvoirs politiques devant les pouvoirs économiques. L’étranger n’est pas la cause du problème mais il fait certainement partie de la solution car c’est ensemble et unis que nous pourrons construire un avenir commun et faire vivre l’idéal d’une humanité accomplie.

    Pour faire partager cette vision des choses, le groupe local de la cimade organise le festival Migrant’Scene dont vous pouvez trouver le programme sur notre blog.

     

    Emmanuel BOUHIER

    Porte-parole Cimade 63


  • Mos Maiorum : une vaste opération de police à l’échelle européenne

    Les États membres de l’Union européenne (UE) ménent une opération de police conjointe de grande envergure du 13 au 26 octobre 2014. Frontex et Europol sont associés aux États membres. 

    L’ONG britannique Statewatch a réussi à obtenir un document officiel du Conseil de l’Union européenne datant du 10 juillet 2014 qui explique les objectifs et modalités de cette opération appelée « Mos Maiorum ».

     

    La finalité de l’opération est de collecter de l’information sur les principales routes utilisées par les migrants qui entrent de façon dite « irrégulière » et sur les façons d’opérer des réseaux criminels pour faire passer les personnes dans l’UE.

    Cette opération va se traduire par :

    • Des interpellations des migrants en situation irrégulière pour recueillir des informations en vue d’enquêter sur les réseaux criminels ;

    • L’identification, la poursuite en justice et le démantèlement des réseaux criminels ;

    • La recherche et l’analyse des routes utilisées par les migrants et les réseaux (à la fois aux frontières extérieures et au sein de l’espace Schengen) ;

    • À terme, le renforcement des actions afin de lutte contre l’immigration « illégale » (contrôles aux frontières et activités de surveillance).

     

    Derrière l’objectif de démantèlement de réseaux des passeurs, l’interpellation massive de personnes en situation irrégulière est visée. Les contrôles aux frontières extérieures et au sein de l’espace Schengen (notamment ports, gares, aéroports) devraient être renforcés pendant cette période.

    Le document se garde de préciser le sort réservé aux personnes interpellées, ni la base légale des contrôlées : profil racial, contrôle au faciès ? Des méthodes illégales au regard du droit européen, notamment du code frontières Schengen.

    Cela pose aussi des questions en matière de protection des données : quelle utilisation sera faite des données récoltées ? .
    L'opacité de l’opération est inquiétante. Très peu d’informations sont disponibles et le contrôle démocratique semble avoir été écarté, nous ne disposons pas d’éléments sur l’information du Parlement européen.

     

    Au lendemain du triste anniversaire du naufrage de Lampedusa d’octobre 2013, le lancement de cette opération illustre le double discours de l’UE. Les déclarations humanistes sur le sauvetage en mer pèsent bien peu au regard de l’ampleur de cette opération de police menée à l’échelle européenne.

     

    source : la cimade http://www.lacimade.org/nouvelles/5131-Mos-Maiorum---une-vaste-op-ration-de-police---l--chelle-europ-enne


  • MIGRANT'SCENE, LE FESTIVAL DE LA CIMADE
    14 - 29 novembre 2014

    2 semaines d’événements, de rencontres, de débats et de fêtes
    En 2014, Migrant’scène s’intéresse aux paradoxes de l’Europe face aux migrations.
    Pour les uns, l’Europe est un idéal de construction commune, un lieu de liberté, de mobilité. Pour les autres, c’est un territoire aux portes closes, une union où l’économique prévaut sur l’humain.
    Alors, l’Europe, espace de libre circulation ou forteresse ? L’« invasion », mythe ou réalité ? L’étranger, richesse ou fardeau ?
    Une chose est sûre : Migrant’scène est un espace ouvert d’échanges et de dialogues. Plus de deux cents événements vous attendent !

    https://www.facebook.com/pages/MigrantScène-Clermont-Fd/462397480567102