• le message de sa fille :

     

    Chers tous,

    Merci infiniment pour votre soutien.
    Sans l'aide apportée par chacun d'entre vous nous n'y serions surement pas arrivés. Notre père a tété libéré samedi avec obligation de quitter le territoire français dans les sept jour, exigence impossible à réaliser dans la mesure où il ne possède pas de passeport. Mais c'est une très belle victoire que je vous dois à tous!!!!

    Au nom de toute ma famille, merci!!!
    Saphia

     

     



  • Tout d'abord merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour Carlos.
    Le premier enjeu était d'éviter qu'il soit expulsé vers la Colombie, loin de sa famille et de son avenir.
    L
    a mobilisation et l'intervention des uns et des autres ont permis d'éviter le pire : la préfecture a demandé sa réadmission en Espagne au lieu de l'envoyer en Colombie.
    En Espagne, il y a une démarche de régularisation qui a de grande chance d'aboutir : il a de la famille là-bas, il est père d'enfants espagnols et son séjour y a déjà été régulier.
    Nous avons ensemble évité le pire. Que tout le monde en soit remercié !
    Carlos est à l'heure qu'il est en Espagne où il peut achever la procédure de sa régularisation.

    D'autres combats, d'autres solidarités humaines nous appelleront à agir ensemble...

    Nous aurons encore besoin de vous, quand ce sera utile, pour d'autres personnes, merci de répondre présent à nos appels à soutien !

    Que vive la Fraternité !

    Emmanuel BOUHIER
    président du groupe cimade63


  • http://www.liberation.fr/societe/0101124285-hortefeux-deboute

    Exclusif

    Première victoire pour la Cimade, association d'aide aux étrangers. Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale voulait réduire son pouvoir dans les centres de rétention. Raté.

     

    Et toc pour Brice Hortefeux. Le ministre de l'Immigration voulait faire taire la Cimade (service oecuménique d'entraide) en la chassant des centres de rétention administrative (CRA) où elle est la seule association autorisée à entrer pour assister les étrangers en instance d'expulsion. Or, le tribunal administratif de Paris lui a infligé ce mardi matin un sacré camouflet.

    Selon nos informations, les juges ont suspendu l'appel d'offres lancé par Hortefeux le 22 août, et qui modifiait les conditions d'intervention des associations dans les CRA. Lundi, Sandra Glay-Caille, avocate spécialisée en droit des marchés publics, a déposé au nom de plusieurs associations (1) un référé contre cet appel d'offres. «Il est plein d'irrégularités très techniques en droit des marchés publics», explique Serge Slama, maître de conférence en droit public.

    Principale irrégularité: l'interdiction des groupements d'associations. Jusque-là, cette tâche d'assistance juridique des étrangers était confiée à un seul intervenant, la Cimade, sur l'ensemble du territoire. Afin de briser toute contestation, le ministère de l'Immigration a décidé que cette mission serait confiée à l'avenir à une multitude d'intervenants. D'où une division de la France en huit lots, et l'interdiction, pour deux associations, d'intervenir dans le même centre de rétention. Problème: «l'appel d'offres l'interdit, alors que la loi l'autorise», affirme Serge Slama.

    Autre irrégularité: la contradiction entre le texte du décret «portant modification du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en matière de rétention administrative» et celui de l'appel d'offres consécutif. Le premier prévoit un accompagnement juridique des étrangers afin de leur permettre un accès effectif au droit, le second prévoit une simple permanence d'information.

    Les associations plaignantes et leurs avocats étaient sûrs de leurs arguments. Mais ils ne s'attendaient pas à une réaction aussi rapide de la justice. La magistrate a rendu sa décision dès ce mardi matin. «L'ordonnance constate qu'il y a lieu à suspendre le marché en attendant le jugement au fond», explique Serge Slama. Ce jugement devrait intervenir d'ici une dizaine de jours après une audience publique. L'avocat des associations a bon espoir que la justice lui donne raison. «On est optimistes, on a des arguments très sérieux», explique-t-il. Lesquels ? Il ne veut pas en dire plus. «Si le ministère connaissait nos arguments, il pourrait publier un avis modificatif pour changer les conditions du marché.»

    (1) : (Ligue des droits de l'homme, Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), Avocats pour la défense des droits des étrangers, Syndicat des avocats de France)

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     http://www.liberation.fr/societe/0101121488-la-cimade-deboute-hortefeux

    La Cimade déboute Hortefeux

    Rétention. Après son AG de samedi, l'association appelle le ministre à réviser son décret.

     

    C'est formulé poliment mais le message y est. Samedi, l'assemblée générale (AG) extraordinaire de la Cimade - association œcuménique de défense des étrangers - a prié Brice Hortefeux de revoir sa copie. Par 95 voix contre 10, l'AG a voté une résolution «demand ant au ministre de l'Immigration de modifier le dispositif prévu par le décret et l'appel d'offres publiés fin août». Ces dispositions réforment profondément l'organisation d'aide aux étrangers placés dans les centres de rétention administrative (CRA). Depuis 1985, la Cimade assurait seule, dans le cadre d'une convention triennale avec l'Etat, une mission d'information et d'accompagnement juridique des «retenus». A l'avenir, la France serait divisée en huit lots, et toute «personne morale» pourrait soumissionner pour assurer cette mission. Objectif du gouvernement : exploser le soutien des étrangers entre différents acteurs, manière de les mettre en concurrence, donc de les neutraliser, et réduire ainsi au silence une association - la Cimade -, très critique envers la politique d'immigration du gouvernement. Ce qui a souvent agacé en haut lieu.

    «Rapports publics». La prise de position de la Cimade va-t-elle inciter le ministre de l'Immigration à assouplir sa position ? Hier, l'entourage de Brice Hortefeux renvoyait sèchement au courrier que ce dernier a adressé, le 25 septembre, à Patrick Peugeot, président de cette association. Dans cette lettre, le ministre maintient sa position sur l'ensemble des points contestés et fait une seule ouverture. Alors que le décret et l'appel d'offres imposent aux intervenants un devoir de «neutralité» et de «confidentialité», «le ministre dit que les personnes morales peuvent évidemment exprimer des critiques et qu'il leur est possible d'écrire des rapports publics», résume un proche d'Hortefeux. Une autre précision apportée hier par l'entourage du ministre porte sur la définition des «personnes morales» en question. Alors que la Cimade craint qu'il s'agisse de vulgaires «prestataires de service», le ministère répond que ce terme lui a été imposé par le Conseil d'Etat, mais que dans son esprit, il s'agit bien d'associations. Pour le reste, en revanche, pas d'évolution en vue.

    A priori, la situation paraît donc bloquée. Sans attendre, les dirigeants de la Cimade ont annoncé samedi leur décision de se concerter dans les tout prochains jours avec les associations de défense des étrangers, afin de constituer des équipes mixtes susceptibles d'intervenir en binôme dans les centres de rétention. Pour l'heure, la quasi-totalité de cette mouvance - dont Amnesty International France, l'Association des chrétiens pour l'abolition de la torture ou l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) - présente un front uni contre le décret d'Hortefeux. Le 29 septembre, une trentaine d'associations s'étaient déjà déclarées solidaires de la Cimade dans un texte commun envoyé au ministre de l'Immigration. Une seule, Forum Réfugiés, a annoncé sa décision de donner suite à l'appel d'offres du ministre. «On répondra pour deux lots», explique Olivier Brachet, son président.

    Eglises chrétiennes. Que des organisations vues comme gauchisantes s'opposent à la politique d'immigration d'Hortefeux n'impressionne sans doute guère le ministre. Plus embêtant pour son image est l'opposition des églises chrétiennes. Hier, la Fédération protestante de France, dont la Cimade est membre, a publiquement souhaité une modification du décret d'août, afin que soient permises des «collaborations communes d'associations et d'organisations non gouvernementales dans un même centre de rétention», et que soit «mise en œuvre une coordination nationale de manière autonome, afin d'assurer la cohérence des interventions dans l'ensemble des centres de rétention du territoire». Autre revers pour le ministre : vendredi, le Secours catholique a annoncé sa décision de ne pas se présenter dans les centres de rétention, «au regard des conditions mises par ce décret et cet appel d'offres». En cause une fois encore, la division de la France en lots qui «empêche concrètement une vision et une action globales sur la rétention».«Divers éléments de l'appel d'offres engendrent en plus un aspect concurrentiel entre les personnes morales», ajoute cette association.

    Hortefeux va-t-il tenter de passer en force ? Dans son entourage, on souligne que le compte à rebours est lancé : «On a un calendrier. Les associations qui le souhaitent ont jusqu'au 22 octobre pour présenter leur offre.» Afin que son appel ne reste pas lettre morte, le ministère aurait sollicité un certain nombre d'associations et d'organismes parapublics. Lesquels ? «On entretient un dialogue permanent et régulier avec l'ensemble des ONG défendant les droits des étrangers», répondent ses collaborateurs. L'Adoma (ex-Sonacotra) et la Croix-Rouge ont décliné, la première expliquant que cela n'est pas son métier, la seconde qu'elle ne veut pas faire concurrence à la Cimade.

     

     





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