La Cimade est une organisation non gouvernementale qui accueille, oriente et défend les demandeurs d'asile, les réfugiés et tous les migrants. Nous organisons des permanences d'accueil pour accompagner les migrants dans leurs démarches administratives et juridiques. Témoins de leurs situations, des injustices et des inhumanités, nous intervenons dans la cité pour alerter, conscientiser et mobiliser. Nous aspirons à la socièté fraternelle du "Vivre Ensemble".
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La Cimade, seule association habilitée à intervenir dans les centres de rétention administrative (CRA) a rendu, hier, son rapport 2008 sur les conditions de rétention des personnes sans papiers. Selon les chiffres communiqués par l'association oecuménique, le nombre de personnes placées en rétention à Marseille a diminué de 8 % l'année dernière par rapport à 2007. Sur les 2 871 personnes passées par le CRA du Canet (13e) en 2008, plus de la moitié ont été interpellées lors de contrôles d'identité ou de contrôles routiers. « C'est le passage au stade industriel, estime la Cimade. Avec son cortège de drames humains et familiaux », poursuit-elle, relevant le nombre important d'étrangers « souffrant de pathologies lourdes ou de problèmes psychologiques » et placés en rétention.
Au cours de l'année 2007, les médecins du centre ont relevé trente-sept tentatives de suicides. En décembre 2006, un jeune Kurde retenu au Canet s'est donné la mort dans sa cellule, rappelle l'association, qui dénonce l'acharnement de la préfecture à placer en rétention des étrangers ayant des problèmes psychologiques. « Ces personnes n'ont absolument pas leur place dans un CRA, affirme la Cimade. Le placement en rétention ne fait qu'augmenter leur situation, les expose à une détérioration de leur santé mentale et accroît le risque de tentative de suicide. »
C'est le cas de monsieur G., dépressif depuis septembre 2006, placé en avril 2008 au centre de rétention du Canet et sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière. Selon l'association, la cour d'appel d'Aix-en-Provence l'a libéré en mai sur un vice de procédure. Après une nouvelle interpellation un mois plus tard, monsieur G. est encore libéré sur une irrégularité dans la procédure. En juillet, il est arrêté, pour la troisième fois, à la préfecture où il apportait un certificat médical du centre hospitalier Edouard-Toulouse pour régulariser sa situation. Il est finalement relâché une quinzaine de jours plus tard par le magistrat du tribunal administratif, considérant que « la reconduite comporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation médicale de l'intéressé », selon la Cimade. Pour 2008, l'association dresse un « constat alarmant ». Elle s'insurge notamment contre le recours trop fréquent aux cellules d'isolement et déplore « la difficulté pour faire valoir les droits de ces personnes malades devant les tribunaux », les juges des libertés et de la détention refusant de se prononcer. W
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[ 30/10/09 ]
Le « poids budgétaire »des politiques d'éloignement des immigrés en situation irrégulière est « très élevé » et « extrêmement opaque ». A l'occasion de la remise de son rapport annuel sur l'activité des centres de rétention en 2008, la Cimade a expérimenté un nouvel angle d'attaque contre « la politique du chiffre » en matière d'expulsions qu'elle dénonce de longue date.
Les 23 centres existant en France servent à regrouper les étrangers en situation irrégulière avant leur reconduite à la frontière. La Cimade est, pour l'heure, la seule association habilitée par l'Etat à se rendre dans ces établissements, afin d'y assurer une mission d'accompagnement juridique et social des personnes retenues. En 2008, quelque 32.284 étrangers, représentant 163 nationalités, ont été placés dans ces centres, pour une durée moyenne de 10,47 jours. La Cimade s'est penchée cette année sur l'efficacité même des procédures de rétention, s'appuyant sur plusieurs rapports et audit. Un rapport du Sénat remis en 2008 montrait que 58,3 % des étrangers placés en centre n'étaient finalement pas expulsés, soit que la justice les
remette en liberté, soit que leur consulat refuse de délivrer le laissez-passer permettant le rapatriement dans leur pays d'origine. « Les centres ne remplissent même pas leur mission », raille Damien Nantes, chargé du dossier au sein de l'association. En juin dernier, un rapport de la Cour des comptes pointait de son côté « d'importantes lacunes dans le suivi des coûts »des centres de rétention. A la lumière de ces deux écrits, la Cimade a chiffré hier à 533 millions d'euros le coût de la politique globale de reconduite aux frontières, soit 27.000 par expulsion. Un budget que le ministère de l'Immigration a immédiatement contesté,
affirmant que le « coût global de la politique d'éloignement peut être estimé de 232 millions d'euros », soit un montant de 12.000 euros par reconduite.
Au-delà des chiffres, l'association a mis en cause les conditions de placement en rétention. Elle pointe notamment des « pressions » exercées par le ministère sur l'administration (policiers, fonctionnaires des préfectures…) pour interpeller les clandestins et remplir ainsi les objectifs d'expulsion fixés par le gouvernement. « Pour faire du chiffre, on n'hésite plus à renvoyer des gens installés en France depuis des années, à expulser les malades, voire à utiliser les moyens de délation », relève Damien Nantes, responsable du dossier à la Cimade. Egalement, le placement d'enfants - 222 ont séjourné dans les centres en 2008 - est dénoncé par l'association.
Ces nouvelles passes d'armes rappelle l'enjeu qui règne autour de la gestion des centres. Depuis 2008, le gouvernement souhaite mettre fin au « monopole » de la Cimade, permettant à six autres associations (Secours Catholique, France Terre d'Asile…) d'intervenir dans les centres. Pour la Cimade, cette perspective est avant tout un moyen de « diviser l'action des associations » , et « amoindrir ainsi leur parole » . Après plusieurs rebondissements, le litige doit être tranché dans les prochains jours par le Conseil d'Etat.
Publié par groupe.cimade63 à 20:44:14 dans La REALITE | Commentaires (0) | Permaliens
http://www.marianne2.fr/Eric-Besson,-le-Sarko-nouveau-est-arrive_a182609.html?com
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Communiqué de presse - 28 octobre 2009
Projet de loi de finances 2010
La crise de l'accueil des demandeurs d'asile passée sous silence
La coordination française pour le droit d'asile (CFDA) lance un cri d'alarme aux pouvoirs publics et aux parlementaires face à la crise de l'accueil des demandeurs d'asile en France.
Au moment où le ministre Eric Besson se félicite de l'accueil des demandeurs d'asile, partout en France, des centaines d'entre eux sont à la rue. A Angers, Bordeaux, Cergy, Metz, Paris, Calais ou Tarbes, ces personnes sont contraintes de dormir dehors ou de squatter des bâtiments vétustes en dépit des obligations de la France de leur garantir des conditions d'accueil décentes, obligations pourtant rappelées régulièrement par les juridictions compétentes à l'occasion de condamnations répétées de l'Etat . Ces conditions de vie ont notamment pour conséquence une dégradation importante de l'accès aux soins et du suivi du traitement des personnes malades.
Cette nouvelle crise de l'accueil des demandeurs d'asile, similaire à celle du début des années 2000, a plusieurs causes :
1. une hausse du nombre des demandes d'asile (+ 20% par rapport à 2008), due notamment à la persistance des violations des droits de l'Homme dans le monde ;
2. un dispositif d'accueil engorgé dans les centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) (près de 5000 personnes en attente d'une entrée) en dépit du caractère restrictif des critères d'admission et des pressions financières exercées sur les centres pour en « sortir les personnes indues », les réfugiés et les déboutés, sans solution digne et sans travail social ;
3. une régionalisation improvisée de l'admission au séjour, sans moyen supplémentaire pour les préfectures devenues seules compétentes en région, ce qui aboutit à multiplier les obstacles pour déposer la demande d'asile (numerus clausus, exigences illégales, délais de plusieurs semaines pour la prise en compte de la demande);
4. un démantèlement du dispositif de premier accueil, avec le remplacement de plates-formes départementales d'accueil existantes par des plates-formes régionales dont les budgets seront minimaux et les missions d'accompagnement réduites à un enregistrement dans le logiciel dn@ et à une orientation vers des associations caritatives ou vers le 115 pour l'hébergement d'urgence.
Le projet de loi de finances 2010 , bien qu'en hausse de 12% pour l'asile, passe cette crise sous silence et fait ressortir une augmentation des crédits manifestement insuffisante pour permettre à la France d'honorer ses obligations :
1. le budget de l'OFPRA est en augmentation de 5% et celui de la CNDA stagne alors qu'il leur est demandé de réduire les délais d'instruction. Il est à craindre que cela se réalise au détriment des garanties de procédure ;
2. seules 1000 nouvelles places de CADA seraient créées en 2010, ce qui ne permettra pas de satisfaire les besoins constatés ;
3. les crédits d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile sont stables (30 M€) alors qu'ils étaient déjà très nettement sous dotés. Pour répondre aux obligations de la France et aux condamnations des juridictions administratives, il faudrait pour le moins tripler ce montant ;
4. malgré un montant plus réaliste, les crédits alloués pour le versement de l'allocation temporaire d'attente (ATA) sont encore sous évalués et son montant ne permet pas aux demandeurs d'asile de survivre ;
5. les crédits inscrits au budget de l'Etat pour l'accompagnement social sont réduits de 5,1M€ en 2008 à 500 000 € ; si le financement des plates-formes régionales d'accueil est transféré à l'OFII, cela se fait sans aucune visibilité, au risque de démanteler le dispositif de premier accueil.
Contact presse :
Gérard Sadik : 06 21 37 40 52 / gerard.sadik@cimade.org
LA CFDA rappelle que, dans son manifeste de mai 2007 « 10 conditions minimales pour que l'asile soit un droit réel », elle recommandait que :
? les conditions d'accueil doivent être assurées dès la première démarche de demande d'asile et pendant toute la procédure ; qu'elles doivent être au moins conformes aux exigences minimales de la directive du 27 janvier 2003 relative aux conditions d'accueil des demandeurs d'asile et d'un niveau respectant la dignité de chaque personne, et permettre de vivre dignement (atteignant au moins l'équivalent du RSA, avec prise en compte de la composition familiale et du mode d'hébergement) ;
? le système français d'hébergement pour les demandeurs d'asile, caractérisé par la liberté de choix du mode d'hébergement (soit individuel, soit collectif en CADA), doit être maintenu. Pour que ce choix soit réel pour tous les demandeurs, un accompagnement spécifique doit être garanti et doit être accessible dans chaque département, y compris outre mer ;
? il faut également que les frais de procédure soient pris en charge par l'Etat (traduction de documents, frais de transport, aide juridictionnelle revalorisée) et que les aides financières et l'accès à l'assurance maladie soient assurés pour tous les demandeurs d'asile ;
La Coordination française pour le droit d'asile rassemble les organisations suivantes :
ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), Act-Up Paris, Amnesty International - section française, APSR (Association d'accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France), CAAR (Comité d'aide aux réfugiés), CASP (Centre d'action sociale protestant), La Cimade , Comede (Comité médical pour les exilés), Dom'Asile, ELENA France, FASTI (Fédération des associations de soutien aux travailleurs immigrés), Forum Réfugiés, France Terre d'asile , GAS (Groupe accueil et solidarité), GISTI (Groupe d?information et de soutien des immigrés), LDH (Ligue des droits de l'homme), Médecins du Monde, MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), Association Primo Levi (soins et soutien aux victimes de la torture et des violences politiques), Secours Catholique (Caritas France), SNPM (Service National de la Pastorale des Migrants), SSAE (Soutien, Solidarité et action en faveur des émigrants)
La représentation du Haut Commissariat pour les Réfugiés en France et la Croix Rouge Française sont associées aux travaux de la CFDA.
Les membres associés suivants sont signataires: Association Montgolfière, A.A.D.A Mulhouse, Coordination du droit d'asile Hautes Pyrénées, Coordination Sarthoise pour le Droit d'asile. FEP, FNARS, Toits du Monde Orléans.
i/ La directive européenne N°2003/9 du 27 janvier 2003 sur les conditions d'accueil des demandeurs d'asile dispose que les Etats doivent fournir en toute circonstance des conditions de vie digne.
ii/ Dans une ordonnance du 17 septembre 2009 (CE, 17 septembre 2009, N°331950), le Conseil d'Etat a considéré que le préfet « doit, aussi longtemps que [l'étranger] est admis à se maintenir sur le territoire en qualité de demandeur d'asile et quelle que soit la procédure d'examen de sa demande, lui assurer, selon ses besoins et ses ressources, des conditions d'accueil comprenant le logement, la nourriture et l'habillement". Il considère que "lorsque les capacités de logement normalement disponibles sont temporairement épuisées, l'autorité administrative peut recourir à des modalités différentes de celles qui sont prévues, c'est pendant une période raisonnable, aussi courte que possible, et en couvrant les besoins fondamentaux du demandeur d'asile". Par une ordonnance du 20 octobre 2009, le Conseil d'Etat a considéré que les personnes placées sous procédure Dublin II avaient les mêmes droits.
iii/ Seuls les demandeurs d'asile admis au séjour sont éligibles à l'entrée dans un CADA. Les personnes sous convocation du règlement Dublin et celles dont la demande d'asile a été placée en procédure dite « prioritaire » ne peuvent y accéder. En 2008, seul un tiers des personnes éligibles ont en fait pu y accéder.
iv/ Programme N° 303 relatif à l'immigration et l'asile. Les crédits de la CNDA sont rattachés au programme Conseil et contrôle de l'Etat (programme N°165).
v/ L'allocation temporaire d'attente est versée au demandeur adulte admis au séjour, dont la demande est en cours d'instruction et en attente d'une place en CADA. Son montant de 10,54€ par jour est insuffisant pour satisfaire les besoins fondamentaux des personnes.
Publié par groupe.cimade63 à 15:16:48 dans ASILE | Commentaires (0) | Permaliens
IMMIGRATION – Les associations dénoncent une volonté de «faire passer un charter pour quelque chose d’humain»...
Publié par groupe.cimade63 à 17:10:12 dans POLITIQUE d'IMMIGRATION | Commentaires (0) | Permaliens
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