• Nous les préférons accueillis plutôt que noyés ! Chronique Cimade pour RCF du 4 septembre 2015

    Cet été 2015 aura été marqué par une mise en avant médiatique des morts sur la route des migrations humaines. Encore cette semaine avec la photo du petit Aylan.

    Les habitués de cette chronique savent bien malheureusement que ce n’est pas un phénomène de l’année. Depuis plus de 10 ans les ONG tiennent le décompte et alarment sur la situation.

    Mais les désordres du monde s’accentuent, les conflits, le terrorisme, l’absence d’Etats s’ajoutant aux désordres préexistants : écarts de richesse, inégalités des conditions humaines, pauvreté, le phénomène prend mécaniquement de l’ampleur. Il est de moins en moins possible de continuer à vivre là-bas, de moins en moins de contraintes s’exercent au départ. Et la fermeture des frontières n’a aucun impact sur l’exil. La nécessité ayant force de loi.

    Engluée dans une opinion publique soi-disant hostile aux étrangers, au lieu de faire preuve d’audace et de pédagogie, les pays européens ont plutôt eu tendance à réprimer ce mouvement :monter en puissance de Frontex, construction de murs de séparation, législation contraignante. Mais aujourd’hui, ce ne sont plus des hommes seuls qui migrent, ce sont des femmes, des familles, des enfants. Récemment nous avons été confrontés à la réalité : des enfants meurent noyés et gisent sur les plages.

    L’ampleur que prend l’Histoire nous responsabilise et nous renvoie à la question du sens, des valeurs, des principes. Voulons-nous un monde où nous construisons pas à pas un bonheur collectif ou voulons-nous un monde où chacun est responsable de son propre bonheur ?

    Face à ce phénomène 3 voies s’offrent à nous :

    1)      Le règlement définitif des conflits, du terrorisme et des inégalités

    2)      La fermeture et l’édification de remparts

    3)      L’accueil des migrants

    La première proposition n’est pas une solution de court terme. La deuxième est inefficace et nous entraîne dans l’obscurité. Reste la dernière.

    Nous devons accueillir, trouver des dispositifs exceptionnels pour faire face à une situation exceptionnelle. Faire vivre le devoir d’hospitalité et d’assistance qui font de nous des humains.

    Il y a plus de 70 ans, nombre de français prenaient les routes de l’exil pour échapper aux zones de guerre. Souvenons-nous.

    Nous sommes devant cette responsabilité historique où se joue notre Humanité. Soit nous nous élevons, soit nous régressons.

    Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

    Trouvons le chemin qui nous sauvera de l’obscure égoïsme.

     

    Emmanuel BOUHIER

    Porte parole cimade 63

    http://www.lacimade.org/nouvelles/5454-Migration---la-situation-en-M-diterran-e-n-est-pas-une-fatalit-

     

    http://www.lesinrocks.com/2015/09/news/migrants-la-photo-qui-pourrait-changer-lhistoire/

     

     


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