• Le faux ami CHRONIQUE du 20 JUIN 2011

    Le faux ami

     

    Le 8 juin, un collectif d'association appelait à un rassemblement devant la préfecture du puy de dôme pour s'indigner, protester contre l'arrestation et la mise en centre de rétention d'un famille Kosovar dont l'enfant a 14 mois.

    Fort de la Convention Internationale du Droit l'enfance, les organisation et les militants présents exprimaient ainsi que la place d'un enfant de 14 mois n était pas dans un lieu de privation de liberté qui s apparente en tout point à une prison à la différence près que la mise en rétention n est pas une décision de justice mais une décision administrative. Vous entendez bien ? En France, aujourd hui, il est possible de priver quelqu'un de liberté sur décision administrative. Et même un enfant de 14 mois !

     

    L'article 3 de la convention internationale des droits de l enfance stipule pourtant que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale."

    Nous considérons qu'il n'est pas de l'intérêt supérieur d'un enfant de 14 mois de se trouver dans un lieu de privation de liberté comme les centres de rétention administrative.

    Nous considérons qu'il n'est pas de l'intérêt supérieur de l'enfant que de voir sa famille éclatée pour expulser un de ses membres.

     

    La famille en question, les SYLEJMANI, a été trompée par les autorité. L'intervention a été présenté comme une simple formalité, la famille s'est retrouvée piégée, emmenée en centre de rétention. Sachant cela, la société civile organise le rassemblement du 8 juin pour demander la libération de la famille. La mobilisation se fait dans l urgence, parce qu il y a urgence, un enfant est en rétention. Mais là, le nouveau préfet prend prétexte d'un décret de 1935 fait pour les ligues factieuses de l époque pour reprocher aux organisateurs un délai de prévenance insuffisant. Le préfet va même jusqu'à faire convoquer par la police, 2 militantes supposée être les organisatrices, pour un rappel à la loi.

    La Cimade de Toulouse qui est présente dans le centre de rétention a saisi la CEDH qui a fait libérer la famille en raison des risques qu'elle encourt pour sa sécurité au Kosovo.

     

    Alors, nous aussi nous allons faire un rappel à la loi à M. Le Préfet : " Monsieur le Préfet, l'intérêt supérieur de l'enfant doit présider à toutes vos décisions. Un enfant ne doit pas se retrouver dans un centre de rétention, il ne doit pas être séparé de ses parents pour défaut de titre de séjour, il doit pouvoir avoir accès à une mise à l'abri, à la nourriture, à la dignité, à l'éducation. Il doit surtout être préserver de tout traumatisme inutile comme peut l être une arrestation et un placement en rétention.

     

    Monsieur le Prefet, dans une société, la confiance est un bien précieux, ne le dilapidez pas"