• LETTRE OUVERTE de la FNARS

     

    Devant la multiplication des interpellations d'étrangers au sein
    de structures et de foyers d'hébergement de la région,
    la Fnars Midi-Pyrénées interpelle les pouvoirs publics et l'opinion
    Ces derniers mois, des interpellations d'étrangers ou des tentatives d'interpellations, effectuées par les
    forces de police, se sont produites à plusieurs reprises au sein et aux abords de structures d'hébergement
    de la région. Ce phénomène nouveau, qui s'est accéléré ces dernières semaines, appelle une réaction et
    une clarification de la part de la Fnars Midi-Pyrénées, qui fédère 85% des centres d'hébergement de la
    région.
    La Fnars rappelle que les structures d'hébergement ont pour mission d'accueillir, d'héberger et
    d'accompagner les personnes et les familles qui connaissent de graves difficultés, notamment sociales,
    économiques, de logement, de santé ou d'insertion. Ces établissements remplissent une mission de
    service public qui leur est confiée par l'État. Aucune condition de régularité de séjour n'étant posée par
    les textes, toute personne à la rue, qu'elle soit française ou étrangère, en situation administrative
    régulière ou non, peut être prise en charge au sein du dispositif d'hébergement régional si sa situation le
    nécessite. Ces personnes sont hébergées en toute légalité avec l'accord des autorités.
    La Fnars rappelle que les interpellations menées au sein des structures d'hébergement sont strictement
    réglementées. Elles ne peuvent être réalisées que dans les cas de flagrant délit, sur commission rogatoire
    d'un juge d'instruction ou réquisition du procureur. A défaut, les forces de police doivent solliciter
    auprès du directeur l'autorisation d'entrer dans les locaux et recueillir son « assentiment exprès ». Les
    directeurs des centres d'hébergement sont donc en droit de s'opposer à l'entrée des forces de police au
    sein des locaux du centre d'hébergement, en dehors des cas strictement prévus par la loi.
    La Fnars dénonce la violence de certaines interpellations qui se sont récemment produites,
    traumatisantes pour les personnes directement concernées, mais également pour les autres personnes
    hébergées et les personnels des structures d'hébergement qui en ont été les témoins.
    Enfin, au-delà de la situation individuelle dramatique de ces personnes et de ces familles, accompagnées
    et suivies parfois depuis longtemps par des associations et des personnels sociaux, ces pratiques
    interrogent fortement la Fnars et ses adhérents car elles constituent une remise en question de la mission
    du travail social. Quel rapport de confiance pourra être établi avec les personnes accueillies dans nos
    établissements et nos structures, si le fait de bénéficier de nos services se retourne contre elles ? Ne vontelles
    pas être poussées à encore plus de clandestinité amenant de fait une plus grande précarisation,
    entraînant de nouveaux drames humains ? Dans de telles conditions, quel est désormais le rôle assigné à
    nos structures d'accueil et que devient le sens du travail des équipes sociales ?

    En conséquence :
    La Fnars Midi-Pyrénées demande à l'Etat de respecter strictement le cadre légal de la réglementation en
    la matière, et de renoncer à toute forme de pression sur les gestionnaires et les personnels des structures
    d'hébergement alors qu'ils ne font que respecter le cadre de leurs droits et du contenu de la mission qui
    leur est confiée.
    Dans tous les cas où ces conditions légales ne seraient pas strictement remplies, la Fnars Midi-Pyrénées
    demande aux associations adhérentes de son réseau de s'opposer formellement, comme la loi les y
    autorise, à toute intrusion des forces de police et d'agents de la préfecture au sein des locaux
    d'hébergement.
    Au-delà de ces questions de légalité, la Fnars Midi-Pyrénées demande à l'Etat, au nom de l'éthique, du
    sens et des missions du travail social, que soit à nouveau respectée, comme cela a toujours été le cas par le
    passé, l'étanchéité entre les missions de service public relatives à la solidarité et à la mise à l'abri des
    personnes à la rue, et le contrôle et la gestion des flux migratoires.
    Enfin, la Fnars Midi-Pyrénées demande à l'Etat de respecter les droits et la dignité des personnes
    interpellées.
    La Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale (Fnars) regroupe des
    organismes et associations autonomes qui ont en commun la volonté d'aider les plus démunis et de faire
    bouger la société pour faire reculer l'exclusion. La Fnars Midi-Pyrénées fédère aujourd'hui 84
    associations, qui gèrent ensemble près de 110 établissements et services (CHRS, services d'accueil et
    d'orientation, services d'urgence, structures d'insertion par l'activité économique, services de
    relogement, d'accompagnement social lié au logement, résidences sociales, lieux de vie, maisons relais,
    etc.). La Fnars fédère 85% des structures d'hébergement de la région Midi-Pyrénées.
    Contact :
    Fnars Midi-Pyrénées / 05 34 31 40 29 / fnars.midi-pyrenees@wanadoo.fr


  • http://afp.google.com/article/ALeqM5h9WsacSCRKrjlyAojPtcqoI6ZwOw

    SANAA (AFP) — Vingt-huit réfugiés somaliens ont péri dans le naufrage de leur embarcation au large du Yémen, a annoncé jeudi le ministère yéménite de l'Intérieur.

    Le bateau, qui transportait 51 réfugiés, dont 17 femmes, s'est renversé mercredi en raison des forts vents et de la mer formée dans le Golfe d'Aden, alors que les gardes-côtes yéménites avaient ordonné à l'embarcation de s'arrêter au large de la province de Shabwa, dans le sud-est du Yémen, a précisé le ministère dans un communiqué sur son site internet.

    Vingt-trois réfugiés ont survécu, précise le ministère, qui ajoute que 11 corps ont été repêchés.

    Mardi, 187 réfugiés somaliens sont parvenus à atteindre les côtes yéménites, dans les provinces de Shabwa et Hadramaout, selon le ministère.

    Les clandestins, qui cherchent à tout prix à quitter la Somalie en raison de la guerre civile, paient entre 70 et 200 dollars le passage vers le Yémen.

    Mais les accidents sont fréquents.

    Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé dimanche la mort d'au moins 52 Somaliens alors qu'ils tentaient de rejoindre le Yémen dans une embarcation de fortune, qui a dérivé 18 jours en raison d'une panne de moteur. Au total, 71 passagers de ce bateau ont survécu.

    Selon les estimations de l'agence, plus de 21.000 Somaliens et 9.800 Ethiopiens ont traversé le golfe d'Aden, qui sépare la Somalie du Yémen, dans des conditions périlleuses depuis le début de l'année. Plus de 250 sont morts et autant sont toujours portés disparus.

    Cette période de l'année est particulièrement choisie pour la traversée, avec la fin de la saison des tempêtes, qui dure de mai à août, et la baisse observée de la surveillance côtière pendant le mois du Ramadan, souligne le HCR.

     


  • http://www.20min.ch/ro/life/lifestyle/story/Des--les-pour-refugies-climatiques-25639956

     

    Un architecte a imaginé des villes flottantes pour accueillir l'humanité en cas de montée des eaux.

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    Au cours du XXIe siècle, le niveau des océans pourrait s'élever de près d'un mètre en raison du réchauffement climatique. Ce qui risque d'engloutir des îles comme les Bahamas et de menacer des régions côtières et des villes maritimes comme New York ou Monaco. Que faire des réfugiés climatiques? Le reloger sur des îlots artificiels. C'est le projet de l'architecte belge Vincent Callebaut. Ses villes «amphibies», qui flottent sur la mer, peuvent accueillir 50 000 habitants chacune.

    Pour imaginer les Lilypads (nenuphar), il s'est inspiré des feuilles de nymphéas géantes d'Amazonie. Son idée consiste à les amarrer au large des Etats côtiers menacés par la montée des eaux, écrit le magazine Ça m'intéresse. Dotées d'un lagon central qui sert de ballast et de jardins suspendus, ces Ecovilles comporteront trois montagnes et trois marinas dédiées respectivement au travail, au shopping et aux loisirs. Bâties en fibres de polyester couvertes de dioxide de titane qui absorbe la pollution, les Lilypads seront autosuffisantes.

    Sans émission de gaz à effet de serre, elles produiront plus d'énergie qu'elles n'en consommeront, grâce aux énergies renouvelables (solaire, éolien, vagues). Un monde façon le film «Waterworld», avec Kevin Kostner, version écolo.

     


  • http://www.liberation.fr/societe/0101121167-c-est-mon-premier-jour-au-centre-de-retention

     

    Mardi

    C'est mon premier jour au CRA (centre de rétention administrative, ndlr) de Bobigny. A ma grande surprise, il n'y a pas que des Africains (noirs) et des maghrébins (arabes). Il y a des Chinois, des Russes et plein d'autres nationalités. 

    L'ambiance y est pas trop mal. On essaie de communiquer comme on peut avec des gestes, des signes, des sourires. Chacun a son cas, son dossier mais le problème est le même: nous sommes sous la menace de reconduite à la frontière. 

    Les chambres sont petites (autour de 12m2), il y a deux lits superposés. Il y a une salle TV, une cour arrière. On est en communauté, elle permet de se sentir moins seul et on s'échange les parcours, des conseils. Ce qui m'a étonné, c'est de voir qu'ici, il n'y a aucune tension entre les races. Le respect est de mise. La religion est respectée. Il y a des musulmans (pratiquants ou pas), des chrétiens, des athées. Tout le monde respecte les croyances de tout le monde. 

    Hier, il y avait un match de foot (Bayern-Lyon). J'ai été surpris de constater que malgré tout ce qui se passe dans la vie de chacun, les supporters de Lyon sont les plus nombreux. 

    Les toilettes et les douches sont nettoyées chaque jour mais elles se resalissent très vite. Etre enfermé, cela permet de réfléchir à sa situation et à ce que l'on veut dans la vie. On se remet aux choses simples de la vie. On apprécie chaque visite, chaque coup de fil, chaque échange avec l'extérieur. On se rattache à ce qu'on peut. On essaie d'oublier qu'on est en rétention administrative. On passe le temps en jouant aux cartes, au baby foot, en regardant la télé.

    Vendredi

    Aujourd'hui, il y a un retenu qui a été emmené à l'aéroport. Il n'a même pas été prévenu par les officiers. C'est la Cimade qui l'a informé. C'est dur de voir ça. La déception se lisait sur les visages. 

    J'ai eu la déception aussi de voir mon appel rejeté (par le juge administratif chargé de se prononcer sur la validité de la mesure d'expulsion du territoire français, ndlr). J'étais déçu mais bon on en fera un autre. J'espère que celui-là aboutira. 

    Il y a eu une fouille des locaux tout-à-l'heure après le repas de midi. Ils ont trouvé des stylos, des briquets. Les stylos sont interdits mais pas les couteaux en plastique. Ca se voit que ceux qui font le règlement pensent à tout. Un stylo c'est tellement dangereux... 

    J'ai rendez-vous en début de semaine prochaine pour aller à mon ambassade. Ils doivent vérifier mon identité et par la même occasion demander un laissez-passer pour me reconduire dans mon pays. On verra bien ce qui peut se passer. Mardi c'est tellement loin quand on est en rétention.


  • http://www.liberation.fr/societe/0101121048-sarkozy-montre-a-l-electorat-fn-qu-il-pense-a-lui

     

    Emmanuel Todd est historien et démographe. Il publie début novembre un essai intitulé Après la démocratie (Gallimard), dans lequel il est notamment amené à analyser l'utilisation de la question des immigrés par Nicolas Sarkozy.

    Comment interprétez-vous le bras de fer du gouvernement avec la Cimade ?

    Il faut revenir à l'équation fondamentale du sarkozysme qui est de taper sur les faibles pour faire oublier qu'on est copain avec les forts. L'irruption du sarkozysme, ça a été la récupération de l'électorat du Front national suivi des avantages fiscaux pour les plus riches. Dix-huit mois après l'élection, il est clair que cette présidence est désastreuse sur tous les fronts économiques, que ce soit la baisse du niveau de vie - ou, comme on dit pudiquement de nos jours, du pouvoir d'achat - ou la hausse du taux de chômage. La tentation est donc grande, pour le sarkozysme, de se ressourcer dans son domaine d'excellence : la désignation de boucs émissaires. Il est vraisemblable que le gouvernement se moque éperdument des résultats concrets, au demeurant tout à fait marginaux, de sa politique d'expulsion de personnes sans papiers. Le but de l'opération apparaît bien plutôt de montrer à l'électorat du Front national qu'on pense à lui et qu'à défaut de faire du bien aux Français, on peut quand même faire du mal aux étrangers en situation irrégulière.

    Il s'agirait donc d'une politique de provocation délibérée ?

    Oui, et la manœuvre met d'ailleurs les associations de défense des sans-papiers dans une situation très difficile, parce qu'elle les instrumentalise et tente d'en faire les soutiens involontaires de la politique du gouvernement. Ces associations ont le devoir de défendre les droits des personnes placées dans des centres de rétention, mais, ce faisant, elles servent de caisse de résonance à la stratégie sarkozienne de désignation des plus faibles comme cause fantasmatique des problèmes de la société française. De même, le risque est grand de voir la gauche et notamment les socialistes, qui ne brillent pas eux-mêmes par leur capacité à construire des solutions à la crise mondiale du capitalisme, s'engouffrer dans la dénonciation de la politique de Brice Hortefeux, trop contents de se donner l'illusion d'une raison de s'opposer sans restrictions. C'est un peu ce qui s'était passé lors de l'épisode précédent, les tests ADN, qui avaient permis à la gauche de se mobiliser au Zénith et de continuer à ne pas avoir de programme économique.

    Si Sarkozy a effectivement été élu grâce à son discours anti-immigrés, cela veut-il dire que les Français sont racistes ?

    C'est là que le problème devient historiquement passionnant. Car je pense que le gouvernement interprète de travers son succès électoral de 2007. Une analyse détaillée révèle en effet que le transfert de l'électorat Front national vers le vote Sarkozy n'a pas concerné de façon homogène les différentes catégories socio-économiques : les commerçants se sont ralliés, oui, mais pas les ouvriers. Ce qui veut dire que la protestation économique est en train de reprendre l'avantage sur l'illusion identitaire.

    Y a-t-il trop d'immigrés en France ?

    La France est l'un des pays d'Europe où il y a le moins d'immigration. Savoir si l'on va renvoyer chaque année 25 000, 26 000 ou 27 000 personnes sans papiers, focaliser tous ses efforts sur 1 000 personnes de plus ou de moins, n'a strictement aucun sens par rapport aux problèmes de la société française. En vérité, le vrai défi pour Nicolas Sarkozy sera de justifier son obstination à chasser les sans-papiers au moment où la crise du capitalisme financier mondial, par son ampleur, démontre son incompétence économique et son impuissance à agir. La ficelle va apparaître comme vraiment trop grosse : attaquer la Cimade quand les plus grandes banques font faillite a vraiment quelque chose de pathétique.





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