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    72% des affections des immigrants clandestins sont peu ou pas traitées.

    "L'accès aux soins est un droit fondamental qui n'est pas respecté pour toutes les populations en Europe": tel est le constat dressé par le président de Médecins du monde France, Olivier Bernard, sur la base d'une enquête inédite menée par l'ONG auprès de 1 200 immigrants clandestins dans 31 villes de dix pays de l'UE et en Suisse. 72% des soucis de santé de ces migrants sont peu ou pas traités, et seules 48% des femmes enceintes sont suivies. Pour Olivier Bernard, qui veut sensibiliser le Parlement européen, il est urgent de "découpler politique sécuritaire et politique santé".

     

    L EXPRESS


  • sur YOUPHIL

     

    Charif a 66 ans. A l'occasion de la "'la journée du réfugié" de ce 20 juin, il nous raconte son quotidien. Du lever au coucher. Entre attente et espoir.

    Le 20 juin, journée internationale des réfugiés... Comment cette journée est-elle vécue par les principaux intéressés? Pour le savoir, nous sommes partis à la rencontre de Charif, 66 ans, originaire du Maghreb.

    Il raconte son quotidien à Paris, son attente d'une réponse de la part de l'OFPRA qui devrait lui signifier (quand? Il ne sait pas) s'il est accepté, ou non, en France. Un pays qui est pour lui une terre d'accueil, la patrie, répète-t-il à l'envi, des droits de l'homme.

    « Le matin, je me réveille tôt. Parfois dès 4 heures, je suis debout. Dans ce cas-là, je fais ma prière et je me rallonge un peu. Vers 7 heures, je prépare mon petit déjeuner. Un peu de lait, que je fais bouillir au micro-ondes qui se trouve dans ma chambre d'hôtel. Depuis un mois, je suis hébergé par France Terre d'Asile, je partage ma chambre avec deux autres personnes.
    Après, tous les jours, je descends au café. J'aime bien les cafés parisiens. Avant, je buvais une vingtaine d'expressos par jour. Café, café, café. Maintenant, j'en bois deux ou trois maximum. J'ai arrêté de fumer aussi.
    Après ce café du matin, je commence à déambuler. Emmaüs m'a fourni une carte de transports Navigo. Je prends le bus et je vais visiter Paris. J'ai été dans les musées, au jardin du Luxembourg... Et la place de l'Etoile, le matin, à l'aube, quand les touristes ne sont pas encore là. Il y a des lieux que j'aime voir dans l'intimité, qui méritent le respect.
    Le midi, je n'aime pas manger. Je continue de marcher, de déambuler. Je passe au Service d'Assistance Sociale et Administrative pour voir si j'ai reçu du courrier. J'attends la lettre de l'OFPRA. Et le soir, je vais manger dans un restaurant administratif, on m'a donné une carte pour que je puisse y prendre mes repas. Quand je rentre à l'hôtel, il est assez tôt. Je peux regarder la télé mais un de mes voisins de chambre l'accapare un peu! Je me couche tôt, l'hôtel est calme, je suis reconnaissant aux associations qui me permettent d'y vivre. »

     

    NB: Avant qu'une personne puisse obtenir le statut de réfugié politique et vivre ainsi librement sur le territoire français, on le désigne sous le nom de demandeur d'asile.


  •  SUR BLADI.NET

    France, depuis les premières vagues de migration des Maghrébins dans les années 60, le profil des femmes migrantes a énormément évolué. Plusieurs générations de femmes se sont succédé au cours des cinquante dernières années. Les femmes migrantes représentent 47 % de la population immigrée dans le monde. En France, elles constituent 41,1 % de la population immigrée tunisienne et marocaine, et 39 % des Algériens. Hafida Chekir, maître de conférence à l'université de Tunis et spécialiste de la question, recense trois catégories de femmes migrantes.

    L'ARTICLE


     


  • Une femme s'immole pour protester contre l'exclusion de son compagnon sans-papiers

    LEMONDE.FR avec AFP | 18.10.08 | 15h18  •  Mis à jour le 18.10.08 | 15h23


    Une femme dont le compagnon sans-papiers est menacé d'expulsion vers l'Arménie a été grièvement blessée, samedi 18 octobre, après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans, dans la Sarthe. Vers 8 h 50, la femme qui avait donné rendez-vous à des journalistes de la presse locale s'est aspergée le corps d'essence avant d'y mettre le feu.

    Selon un correspondant de l'AFP, elle aurait voulu protester contre l'incarcération et l'expulsion de son compagnon. Le compagnon de la victime purge une peine de deux ans à la maison d'arrêt du Mans pour avoir refusé à 18 reprises de monter dans l'avion qui devait le reconduire en Arménie. Il devait être transféré samedi au Centre de rétention administrative de Rennes en vue d'une nouvelle expulsion.

    Blessée gravement, la victime dont le pronostic vital ne serait toutefois pas engagé a été transférée à l'hôpital du Mans. Deux journalistes ayant assisté à la scène ont été également transportés en état de choc vers l'hôpital. L'un d'entre eux est brûlé à une main. D'après un témoin, la jeune femme avait convoqué la presse pour attirer l'attention sur le sort de son compagnon sans préciser ses intentions. Les journalistes se sont immédiatement portés au secours de la victime sans toutefois pouvoir empêcher son geste désespéré. "Elle a sorti la bouteille d'alcool, quand on s'est approché d'elle, c'était trop tard."




  • Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Claire Rodier
    Réseau Migreurop

    Pourquoi compter les morts de la migration ? Pourquoi se livrer à cette comptabilité macabre en tentant, en l'absence de données officielles, de rassembler les chiffres que parviennent difficilement à recueillir les ONG ? Parce que les victimes de la « guerre aux migrants » sont aujourd'hui une composante indissociable de la politique migratoire menée par l'Europe à ses frontières. Et parce qu'il est indispensable de donner une lisibilité à une situation trop souvent réduite à la fatalité ou au fait divers.

    Il n'existe pas de données officielles concernant le nombre de personnes mortes en migration aux frontières européennes. D'après les ONG qui tentent de recenser le phénomène, ce nombre serait passé, entre le début des années quatre-vingt-<wbr>dix et le début des années 2000, de quelques dizaines à plusieurs centaines par an. Le calcul est loin d'être exempt de biais : d'abord parce que l'attention portée à cette question par les organisations qui défendent la cause des migrants a nettement augmenté au cours de la même période. La couverture par les médias des « drames de la migration » a suivi, et l'on ne compte plus les reportages consacrés à la question au cours des cinq dernières années. On peut donc estimer que, tout autant que l'accroissement réel du nombre de morts, la construction d'instruments de mesure – certes très imparfaits, doublée d'un effet de loupe médiatique, ont contribué à l'explosion des chiffres. A contrario, plusieurs facteurs jouent dans le sens inverse, comme l'invisibilité d'une proportion qu'on pressent importante, mais qui reste inconnue, des décès intervenus au cours de la trajectoire migratoire, notamment lors de naufrages [1] ou en plein désert, ou encore l'occultation volontaire par les autorités policières ou politiques de certains épisodes meurtriers de la « guerre aux migrants » [2]. Des autorités qui savent aussi instrumentaliser les événements dramatiques pour justifier le durcissement des contrôles. Dans ce contexte scientifiquement peu fiable, pourquoi chercher à compter les morts de la migration ? Parce que les victimes de cette guerre sont aujourd'hui une composante indissociable de la politique migratoire menée par l'Europe à ses frontières, et audelà. Et parce que l'imprécision même des sources est le révoltant témoin d'une réalité qui, si elle n'est pas dénombrable, doit être déchiffrée.

    Dans la région de Calais, à Toulon, comme aux îles Canaries ou dans celle de Lampedusa, quelques tombes discrètes résument l'immense cimetière que constituent aujourd'hui les frontières de l'Union européenne. Elles viennent rappeler que chaque jour des immigrés mettent leur vie en danger dans l'espoir de trouver une vie meilleure. Mais combien ? L'organisation United [3] a été la première à répertorier ces funèbres aléas de la migration. Sur son site, ni allée, ni stèle, seules des lignes et des colonnes rendent compte de cette silencieuse boucherie... « Déclinaison finale d'identité » [4] des cadavres identifiés, la mention de leur décès dans ce recensement est, pour les anonymes, le dernier témoignage de leur passage aux frontières de l'Europe. United évalue à 8 855 le nombre de morts en l'espace de quatorze ans (1993-2006) : une représentation a mi nima d'une hécatombe ignorée. Car pour les noyés par exemple, le calcul est fondé sur le décompte des corps des personnes découvertes sur les plages, ainsi que sur les estimations avancées par les rescapés des naufrages. Or la plupart de ces naufrages ont lieu loin des côtes, et la précarité des conditions dans lesquelles naviguent les passagers, le plus souvent équipés, au mieux, de boussoles et de téléphones portables, leur interdit de faire efficacement appel aux secours lorsqu'ils sont en perdition.

    Pour la seule année 2006, au cours de laquelle 600 cadavres ont été retrouvés sur les côtes canariennes, un responsable des services d'immigration de ces îles espagnoles estime que le nombre total de migrants noyés entre la côte africaine et les Canaries serait dix fois supérieur. Une estimation confirmée par le directeur du Croissant rouge mauritanien, qui compare la traversée Mauritanie-Espagne à « un jeu de roulette russe ». On sait par ailleurs que nombre de pêcheurs qui travaillent dans le périmètre Malte-Libye-<wbr>Tunisie-Sicile préfèrent détourner leur route, lorsqu'ils rencontrent des embarcations de fortune en mauvaise posture, plutôt que de porter assistance aux naufragés. Pour 22 000 personnes arrivées en Italie par la mer en 2006, combien n'ont pas atteint leur but ? Le silence restera leur linceul : « Parfois, des cadavres humains s'accrochent aux filets. Généralement, on a ordre de les rejeter. Ce qui vient de la mer, on le rend à la mer : c'est ce que dit le capitaine » [5].

    Plus récemment, l'organisation Fortress Europe, qui s'en tient, elle, aux seuls chiffres mentionnés par la presse, rapporte que près de 12 000 étrangers seraient morts aux frontières de l'Europe entre 1988 et 2008 [6], parmi lesquels 8 173 en mer [7] et plus de 1 600 en traversant le désert du Sahara.

    (...)

    > La suite de l'article est à l'adresse
    http://www.gisti.<wbr>org/spip.<wbr>php?article1255





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