• http://www.article11.info/spip/spip.php?article619

     

    Derrière les "mariages gris" de Besson, une étrange association à la manoeuvre : l’ANVI

    jeudi 19 novembre 2009, par JBB

    Chercher, fureter, grattouiller, fouiller en permanence, dénicher de nouveaux angles, trouver des biais originaux… c’est simple : la tâche d’Eric Besson est un véritable apostolat.

    Et il faut reconnaître à l’homme un certain talent pour alimenter l’ignoble moulin de l’identité nationale et pour faire tourner sa petite machine identitaire.

    Ainsi du nouveau joujou médiatique, lancé hier en grandes pompes et lors d’une conférence de presse au ministère de l’Immigration, des mariages gris, unions censément conclues « entre un étranger et une personne de nationalité française de bonne foi, abusée dans ses sentiments par un(e) étranger(e) dont l’objectif est d’obtenir titre de séjour ou nationalité française ».

    De prétendues « escroqueries sentimentales à but migratoire » auxquelles Eric Besson, faute de chiffres et statistiques sur la question, a donné corps en s’appuyant sur la présence d’une cinquantaine de victimes revendiquées.

    Soit autant de témoignages livrés sur un plateau aux médias présents et destinés à prouver la justesse du nouveau combat du ministre.

    Lequel a aussi mis en avant une certaine Blandine Jullian, présidente de la très méconnue Association nationale des victimes de l’insécurité (ANVI), invitée à prononcer un discours sous les ors du ministère au cours duquel elle a notamment appelé à « modifier l’institution du mariage, concernant un mariage entre français et étranger, en tenant compte de l’atteinte à l’honneur, la dignité de la personne humaine, du fait qu’elle a été instrumentalisée à des fins migratoires » et à « introduire de façon obligatoire la séparation de bien dans le régime matrimonial, pendant cinq ans ».

    Oui : rien de moins.

    -

    Si la mise en avant par Besson des "mariages gris" a suscité des réactions logiquement indignées, personne ne semble surpris de voir débouler dans le jeu de quilles de l’identité nationale une association jusqu’alors pratiquement inconnue, ni ne paraît s’étonner de la tribune ministérielle accordée à l’étrange Blandine Jullian.

    Un silence regrettable, tant "le parachutage" de l’association et de sa présidente dans le débat public est instructif.

    En ce qu’il révèle sur la façon dont le ministre et son cabinet mènent l’opération identité nationale, rebondissant sur chaque sujet susceptible de troubler le débat et de jeter le discrédit sur l’immigration.

    Et en ce qu’il témoigne de la place croissante accordée à des associations de lobbying, officines s’étant données pour seul objectif le vote de lois toujours plus répressives.

    - Mariages gris : l’Association nationale des victimes de l’insécurité sonne le tocsin

    Pour ce grand coup de projecteur sur les "mariages gris", tout débute lors du rendez-vous obtenu par l’Association nationale des victimes de l’insécurité (ANVI), le 9 octobre dernier, au ministère de l’Immigration et de l’identité nationale.

    Une réunion lors de laquelle sa présidente, Blandine Jullian, revient notamment sur sa volonté de voir la notion de "mariage gris" reconnue par la loi.

    Le thème éveille l’intérêt des conseillers du ministre et ceux-ci décident de lui donner l’écho dont rêvait la présidente, elle qui déclarait récemment sur le site de l’ANVI vouloir « faire en sorte qu’une campagne de prévention [sur les mariages gris] soit diffusée en France, par les médias télévisés, style campagne pour les femmes battues, les cancers, la grippe A, etc… »

    C’est essentiel : là se croisent deux intérêts bien compris, d’un côté celui d’un ministère soucieux de faire feu de tout bois sur la question identitaire et de l’autre celui d’une très petite association, agréablement surprise de trouver une audience dans les cercles du pouvoir.

    -

    Le principe d’une conférence de presse commune est alors arrêté.

    Et l’ANVI, pour lui donner corps et fournir des témoignages, bat le rappel de ceux et celles de ses membres et sympathisants qui auraient été victimes d’un mariage gris.

    S’appuyant aussi sur un forum : Arnaque sentimentale, lancé fin 2007 et comptant 180 membres, en théorie tous concernés par la question du "mariage gris" [1] et invités à participer « à la rencontre clé a la main qui se déroulera (…) auprès du ministère de l’immigration »

    Une rencontre ainsi présentée par l’une des modératrices du forum (fautes d’orthographe et de syntaxe comprises) :

    il faut qu’il y ait 150 personnes qui doivent s’inscrire ensuite une fois qu’on aura atteint 150 personne on a encore le temps d’ici le 4 novembre, et bien les victimes iront au ministère, c’est l’association ANVI qui gère la chose et qui est responsable de cette rencontre, leur but est d’aider les victimes de mariages gris, ensuite tout le monde parlera et s’exprimera dans le but de faire prendre conscience du problème qui se met en place ! une immigration massive passant par le mariage et donc en toute légalité pour obtenir les papiers voilà pourquoi il faut du monde pour que le gouvernement comprenne ce problème qui ne cesse d’augmenter, et pour le système mette en place des solutions, des mesures radicales, que le ministre de l’immigration soit plus sévère on espère obtenir des solutions en ce qui concerne les expulsions !

    En son réseau et sur le net, l’ANVI fait ainsi le plein de "victimes", autant de visages pour donner consistance à la nouvelle marotte d’Eric Besson.

    Et lance parallèlement une campagne de lettres-types à envoyer au ministère de l’Immigration : « Je rejoins les nombreuses autres victimes, qui s’adressent à vous, afin que vous mesuriez l’ampleur de ces escroqueries sentimentales, et que par une campagne de prévention vous fassiez en sorte qu’il y ait moins de victimes », déclare notamment la missive, avant de lister les éventuelles « circonstances de l’escroquerie » [2].

    Bref : une opération rondement menée, qui permet à Blandine Jullian d’agiter ces lettres comme autant de preuves de la gravité du phénomène des "mariages gris" et à Eric Besson de mettre en avant de poignants témoignages.

    Dont une certaine Nadia B., qui a eu l’honneur d’un article dans le quotidien régional Le Progrès :

    « Je suis soulagée, enfin on est reconnu ». Nadia B. faisait partie, hier, des invités du ministère de l’Immigration, rue de Grenelle à Paris. Éric Besson a reçu les « victimes des " mariages gris " conclus en abusant de la vulnérabilité de personnes en situation de faiblesse, dans le seul but d’obtenir un titre de séjour ou un accès à la nationalité française ».

    C’était en avril 2001. Nadia avait épousé à Saint-Genest-Lerpt un garçon présenté par un de ses cousins, resté en Algérie, comme un homme riche, cultivé et à l’esprit ouvert. Nadia voit « le beau parleur » deux fois en présence de ses parents. Malheureusement, elle en tombe amoureuse et le mariage est organisé très rapidement. Trois jours après la noce, l’époux disparaît pendant plusieurs mois et Nadia comprend son erreur.

    (…)

    La force de Nadia ensuite a été de croiser des hommes et des femmes ayant vécu des situations similaires. Elle les a rencontrés sur un forum internet et c’est là aussi que l’Association nationale des victimes de l’insécurité (ANVI) a lancé l’invitation pour cette rencontre ministérielle.

    - L’ANVI : une association nauséabonde consacrée par Besson

    Que représente l’Association nationale des victimes de l’insécurité ?

    Objectivement : pas grand chose.

    Elle a été créée en juin 1999 dans le Gard, avec pour ambition - entre autres - « d’affirmer et faire respecter le droit à la sécurité et à la sûreté pour tous les citoyens » et « d’obtenir une protection efficace pour tous, exigeant (…) une répression énergique des infractions » .

    Et elle ne s’était guère fait connaître jusqu’à présent, si ce n’est par sa participation à quelques colloques autour de la question des victimes (après l’élection de Sarkozy, quand le sujet est devenu central) et par de nombreux communiqués.

    Des prises de position publiques qui donnent la mesure de son positionnement politique.

    Qu’il s’agisse de dénoncer un prétendu racisme anti-blanc en mars 2005 : « Parce que les faits sont têtus, la vérité parvient toujours à percer. Le 8 mars 2005, au cours de la manifestation lycéenne à Paris, la France découvre que le racisme n’est pas à sens unique, que le racisme n’est pas exclusivement dirigé contre les étrangers et les gens de couleur. Il est impossible, cette fois, de nier que l’attaque était préméditée et qu’elle visait des lycéens français, de culture occidentale laïque et judéo-chrétienne ».

    De relayer les communiqués du très controversé et ultra-droitier Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme [3], du Cercle Nation et République (un think-tank souverainiste), ou d’une association réclamant que les criminels les plus dangereux soient « définitivement écartés de la société ».

    Ou enfin d’applaudir, en août 2007, à la mise en œuvre de peines-plancher en cas de récidive.

    En résumé : l’ANVI est une association fermement ancrée à droite, très à droite, et elle vient de bénéficier, grâce à Éric Besson, d’un joli coup de pub et d’un vernis de respectabilité institutionnelle.

    Une belle réussite pour sa présidente Blandine Jullian, ancienne mercière de Vauvert reconvertie dans la dénonciation du « climat de terreur intellectuelle développé en France depuis vingt ans par les gens au pouvoir qui ont prôné le laxisme, la culture de l’excuse et de la victimisation des voyous, et interdit aux citoyens honnêtes de s´exprimer » [4].

    - Le modèle de l’Institut pour la Justice

    Elle a beau ne pas être aussi puissante et efficace que lui, l’ANVI s’inscrit clairement dans une démarche comparable à celle de l’Institut pour la Justice [5].

    Association de lobbying lancée il y a deux ans par un couple des Yvelines et qui œuvre en coulisses pour un durcissement tous azimuts de la répression.

    Jusqu’à exercer une réelle influence sur les parlementaires de la majorité, à en croire un papier du Monde en date du 10 octobre dernier et titré "L’intense lobbying de l’Institut pour la justice en faveur de lois plus répressives".

    L’article constate ainsi que l’institut est devenu « un interlocuteur ménagé par les pouvoirs publics ».

    Explique qu’il distribue de nombreuses notes aux élus et ne cesse de les pousser à la roue.

    Et relate qu’il a réussi à bénéficier du parrainage de Michèle Alliot-Marie à l’occasion d’un colloque organisé en octobre sur le thème de la justice, alors même qu’il tenait conférence en juillet « au "Local", haut-lieu de rendez-vous à Paris de la jeunesse d’extrême-droite ».

    -

    Institut pour la justice ou Association nationale des victimes de l’insécurité, deux exemples révélateurs, démontrant qu’à l’action réactionnaire d’une majorité politique qui a fait main basse sur la France s’ajoute l’influence croissante d’officines très idéologiques.

    Un poids d’autant plus inquiétant qu’il reste souterrain.

    N’est soumis à aucun contrôle.

    Et n’est jamais innocent.

    Surtout pas quand il s’agit de fournir des armes à un ministre de l’Immigration décidé à instrumentaliser la question de l’identité nationale.


  • http://www.lesechos.fr/info/france/020206775444-emploi-le-parcours-du-combattant-des-immigres.htm#

     

    Le faible niveau de formation, des diplômes non reconnus et l'insuffisante maîtrise du français expliquent, selon l'Insee, les difficultés des étrangers à trouver un emploi. Bien plus que les discriminations à l'embauche.

    Les immigrés ont beaucoup plus de mal que les Français à trouver du travail. C'est le constat fait par l'Insee dans une étude rendue publique la semaine dernière et portant sur les seuls étrangers arrivés dans l'Hexagone après l'âge de dix-huit ans (70 % de la population immigrée). Le taux de chômage de cette population est presque deux fois plus élevé que celui des non-immigrés : 12,7 % des hommes sont dans cette situation en 2008 contre 6,2 % des non-immigrés, et 14,3 % des femmes contre 7,6 %. De plus, ces étrangers se voient confier le plus souvent des tâches peu qualifiées : 38 % de ceux qui ont un emploi sont ouvriers ou employés non qualifiés, contre 19 % pour les non-immigrés.

    Ce retard est avant tout lié au faible niveau de formation. Ainsi, près de la moitié de ces étrangers ont un diplôme de niveau enseignement primaire ou aucun diplôme, contre un sur cinq chez les non-immigrés. Mais cela n'explique pas tout : alors qu'un quart des immigrés disposent d'un diplôme de l'enseignement supérieur, une proportion identique à celle des Français, ils sont près de trois fois plus exposés au chômage.

    De même, alors que 13,5 % des immigrés masculins diplômés du secondaire pointent à Pôle emploi, ce taux n'est que de 6 % chez les non-immigrés dotés du même niveau de formation. « Le niveau de diplôme des immigrés les protège peu face au chômage »,analyse Olivier Monso, chargé d'études à l'Insee.

    Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Tout d'abord, les employeurs français connaissent mal les diplômes étrangers et hésitent à leur porter crédit. Les immigrés ont, certes, la possibilité de faire reconnaître leurs qualifications via des démarches administratives, mais ces possibilités ne sont exploitées que par un étranger sur dix.

    Discrimination à l'embauche

    Autre explication, le niveau de langue. Alors que le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a fait part récemment de son intention d'élever le niveau de français requis pour les candidats à la nationalité, un immigré sur cinq se dit gêné « par la maîtrise de la langue française pour travailler comme ils le souhaiteraient ». Facteur handicapant, seuls 16 % des immigrés arrivés après dix-huit ans comptent le français comme langue maternelle. De quoi les obliger à prendre des cours : 41 % des immigrés n'ayant pas le français comme langue maternelle et signalant des difficultés de langue pour travailler ont suivi une formation linguistique dans les deux ans suivant leur arrivée en France.

    Quant à la discrimination à l'embauche, elle ne semble pas constituer, selon l'étude, un facteur d'exclusion du marché du travail. Ainsi, seuls « 8 % des immigrés estiment qu'un emploi leur a déjà été refusé de façon injuste en raison de leur origine ». Reste que ce sentiment est particulièrement fort chez les immigrés originaires d'Afrique subsaharienne. Et qu'il n'est pas forcément représentatif : « Nombre d'études ont déjà montré que ce sont avant tout les immigrés de seconde génération qui se sentent exclus » , rappelle Olivier Monso.

     

    M. A., Les Echos

     

    ETUDE INSEE http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1262


  • Des garde-côtes espagnols donnent des instructions après avoir intercepté un bateau de clandestins au large de l'île de Tenerife.

    4 novembre 2009 – Alors que le nombre de migrants dans le monde ne cesse d'augmenter, il est plus que jamais important que les Etats garantissent leurs droits, a déclaré mercredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lors d'un forum sur la migration et le développement à Athènes.

     

    « N'oublions jamais qu'à la fin les politiques et les lois sont vraiment à propos des gens et des valeurs », a dit M. Ban dans un discours à l'ouverture de ce forum. Il a noté que le nombre de migrants internationaux n'avait jamais été aussi élevé, avec 214 millions de gens vivant en dehors de leur pays de naissance.

     

    Mettant en avant les aspects positifs qu'une telle mobilité peut générer, il a estimé que lorsqu'elle est bien gérée, la migration mondiale améliore grandement le bien-être et le développement humain. Par ailleurs, les migrants contribuent au développement dans leurs pays d'origine en transférant de l'argent et en transmettant de nouvelles idées et de nouvelles technologies.

     

    En outre, dans les pays de destination, les migrants répondent aux besoins du marché du travail et rendent l'économie plus productive.

     

    « A travers le monde, la migration est souvent le sujet d'un débat intense, provoquant des tensions sociales, agitant les extrêmes politiques, soufflant les flammes de la discrimination et de la haine », a-t-il noté. « On ne peut pas encore dire que les gens réalisent vraiment le potentiel en matière de développement de la migration internationale. On ne peut pas encore déclarer que les droits des migrants sont pleinement respectés »

     

    Le Secrétaire général a noté que les conditions dans lesquelles de nombreux migrants se déplacent et vivent continuent d'être dangereuses, que le trafic d'êtres humains et l'exploitation sexuelle sont des réalités inquiétantes et que dans de nombreuses parties du monde des travailleurs migrants sont encore confrontés à des conditions de travail choquantes.

     

    M. Ban a réitéré l'importance de promouvoir et de protéger les droits humains de base de tous les migrants, quelque soit leur statut légal, lors d'une conférence de presse avec la vice-ministre grecque de l'intérieur, Teodora Tzakri.

     

    Lors de sa visite à Athènes, le Secrétaire général a également rencontré le Président Karolos Papoulias et le Premier ministre George Papandreou, avec qui il a discuté du changement climatique, de Chypre, de l'ancienne République yougoslave de Macédoine et des Objectifs du Millénaire pour le développement.

    Il a noté que son envoyé personnel pour les pourparlers entre la Grèce et l'ancienne République yougoslave de Macédoine, Matthew Nimetz, était prêt à reprendre les discussions sur le nom de l'ancienne République yougoslave de Macédoine quand les deux parties seront prêtes. Le Secrétaire général s'est félicité que la Grèce se soit déclarée prête à soutenir pleinement le rôle de facilitation de M. Nimetz. Ce dernier a indiqué qu'il avait proposé des rencontres communes ou séparées à New York à des dates à déterminer.

    Avant de repartir de Grèce, M. Ban devait également prononcer jeudi un discours devant le Parlement grec.

     

     

    News Tracker: autres dépêches sur la question

    PNUD : La migration peut améliorer le développement humain

     

    http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20515&Cr=migrants&Cr1=


  • http://www.hns-info.net/spip.php?article20157

    COTISATIONS SOCIALES, TVA, IMPOTS SUR LE REVENU :

    HALTE AU RACKET SUR LES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS

    Nos trois organisations dénoncent les spoliations dont sont victimes les travailleurs sans-papiers à travers les impôts, à savoir :

    1/ Par le paiement de la TVA, principal impôt supporté par les couches populaires, dont les dizaines de milliers de travailleur(se)s sans-papiers contraints au travail dissimulé.

    2/ Par l’impôt sur le revenu concernant les travailleurs sans-papiers qui travaillent avec leur propre identité.

    3/ Par un prélèvement indirect quand les travailleurs utilisent une identité d’emprunt. En effet, ceux qui prêtent leur identité se retrouvent avec des revenus supplémentaires à déclarer d’une ou plusieurs personnes (en général de leur famille) et donc se situent dans des tranches d’imposition à taux fort. Les sans-papiers se partagent ensuite la dette de la personne en règle qui leur a permis d’utiliser son identité. Ces montants sont énormes car l’impôt est progressif.

    Ce phénomène a été aggravé par l’obligation faite aux employeurs depuis le 1er juillet 2007 de déclarer à la préfecture de police les salariés qu’ils embauchent. Suite à ces déclarations, les employeurs, pour être en règle administrativement, ont dû très souvent licencier les sans-papiers travaillant dans leurs entreprises... puis les ont réembauchés « au noir » ou sous un autre nom. A travers ce processus, le gouvernement, en parfaite hypocrisie, incite à pourvoir le travail illégal qu’il est censé combattre mais encaisse en fermant les yeux le produit du labeur de ces travailleurs surexploités.

    Bien que des sommes très importantes rentrent dans les caisses de l’Etat, celui-ci ne reconnaît à ces travailleurs aucun des droits qui sont reconnus aux autres contribuables. La Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 liait citoyenneté et paiement de l’impôt. On en est loin.

    D’autres formes de racket ont lieu.

    Par exemple, sur les cotisations versées à la sécurité sociale.
    Aucune somme n’est reversée aux sans-papiers. Quant aux caisses de retraite, elles ne bénéficieront jamais aux travailleurs sans-papiers qui perdent ainsi dix ou quinze ans de cotisation et seront réduits au minimum vieillesse quand ils arriveront à la retraite, s’ils y parviennent.

    Autre exemple : la taxe ANAEM (Agence Nationale d’Aide aux Etrangers et Migrants) de 900 euros, exigée des patrons qui embauchent des sans-papiers régularisés, est souvent payée par les sans-papiers eux-mêmes, en liquide bien sûr. On peut ainsi calculer qu’à travers les quelque 3000 régularisations obtenues par la lutte des travailleurs sans-papiers lancée par Droits devant !! et la CGT le 15 avril 2008, c’est environ 3 millions d’euros que, là encore, l’Etat français récupère sur le dos des sans-papiers.

    Les travailleurs sans-papiers sont la population travailleuse la plus fragile et la plus exposée. Rackettée par l’Etat, elle est utilisée par les patrons pour installer les "délocalisations sur place" de branches de l’économie qui ne peuvent pas être déplacées : nettoyage, chantiers, restauration, etc.

    POUR QUE CESSENT L’HYPOCRISIE, LA REPRESSION, LA SUREXPLOITATION, LE NON DROIT :
    REGULARISATION GLOBALE DE TOUS LES TRAVAILLEUR(SE)S SANS-PAPIERS


  • HRW demande l'abolition du statut juridique des mineurs étrangers à Roissy

     

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    Human Rights Watch a affirmé jeudi à Paris que le système français de détention en "zone d'attente" des mineurs étrangers isolés (MEI) arrivés en France par voie aérienne "met gravement en danger ces enfants" et demandé "l'abolition de ce statut juridique".

    Rendant compte, au cours d'une conférence de presse, de son rapport "Perdus en zone d'attente: protection insuffisante des mineurs étrangers isolés à l'aéroport de Roissy", Simone Troller de l'ONG Human Rights Watch, s'est inquiétée d'abord du maintien des mineurs isolés dans la zone d'attente de Roissy dans les mêmes lieux que des adultes, exposant ces enfants au risque d'abus.

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    "En 2008, la police aéroportuaire a éloigné un tiers des 1.000 mineurs étrangers isolés qui sont arrivés à l'aéroport de Roissy et se sont vu refuser le droit d'accès au territoire français", a-t-elle dit.

    "L'argument de la France selon lequel ces mineurs ne sont jamais entrés en France est absurde", a souligné la chercheuse à la division Droits de l'enfants de Human Rights Watch.

    Elle a rappelé à ce propos les déclarations du ministre de l'Immigration Eric Besson, qui a répété plusieurs fois que les mineurs étrangers isolés, en France, ne sont jamais reconduits à la frontière.

    "Les mineurs qui arrivent par voie aérienne ne sont pas traités comme ceux qui arrivent par voie terrestre, car la France considère qu'ils ne sont pas en France", a insisté Mme Troller.

    "La zone d'attente est une sorte de bulle juridique", a-t-elle encore dit, en remarquant que l'on pouvait se rendre au tribunal de Bobigny et être toujours en zone d'attente.

    Il y a quelque 70 zones d'attente en France, mais Roissy est de loin la plus fréquentée.

    Simone Troller, qui a élargi son étude aux aéroports d'Heathrow et de Francfort, a noté que, pour le premier, il n'y avait "pas de zone extraterritoriale" et que pour le second, sur 72 mineurs isolés arrivés en 2007, 4 seulement s'étaient vu refuser l'accueil.

    Dans les zones d'attente, "dans la plupart des cas", note le rapport, des représentants légaux --"des administrateurs ad hoc"-- sont désignés pour assister les mineurs.

    Le ministre de l'Immigration, qui a installé en mai dernier un groupe de travail sur les MEI, a fixé "l'objectif qu'avant 2010, 100% des mineurs étrangers isolés bénéficient de la protection d'un administrateur ad hoc dès leur arrivée en zone d'attente".

    Lors de l'ouverture du groupe de travail, M. Besson avait en tout cas exclu de "remettre en cause la zone d'attente".

    L'Anafé (Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers) publie chaque année un rapport sur les zones d'attente.

     

     

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40762758@7-40,0.html





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