• LA LISTE DES PAYS PAS SI SÛRS #3 : LE BENIN. CHRONIQUE CIMADE63 SUR RCF DU 22 OCTOBRE 2012

    En france, selon leur pays d'origine, les demandeurs d'asile n'ont pas accès à la même procédure de traitement de leur demande. Les précédents gouvernements ont établi une liste de pays d'origine sûrs. Si le demandeur est ressortissant d'un de ces pays, sa demande d'asile ne suit pas la procédure normale mais une procédure en mode dégradé, dite "prioritaire" qu'il faut comprendre par "expéditive". En effet, la demande doit être déposée en 15 jours au lieu de 21 jours en procédure normale. En procédure dite "prioritaire", le demandeur n'est pas admis au séjour, il ne peut pas être hébergé en CADA et ne perçoit pas les 474.93 € mensuels de l'ATA (Aide Temporaire d'Attente), il est sans ressource. Cette procédure a servi avant tout à l'Etat à se soustraire de ses obligations et à dégrader le système de l'asile en France. Cette procédure représentait moins de 10 % des dossiers en 2004 quand elle a été instituée. Elle représente aujourd'hui plus de 30 %  L'existence même de cette notion de pays sûrs est un affront à l'esprit de l'asile car elle présume du charactère infondé de la demande selon le pays d'origine. Avec cette notion, l'Etat non seulement exerce une discrimination d'origine mais encore il altère le charactère singulier de la demande ! C'est la situation réelle de l'individu qui doit être étudiée et non celle de son pays.

    Les pays d'origine sûrs sont supposés veiller au respect des principes de liberté, de la démocratie et de l'état de droit, ainsi que des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. 

    Lors des 2 précedentes chroniques, nous avons vu que ni l'Arménie, ni le Bangladesh ne pouvaient être considérés comme tel, pourtant ils figurent tous deux dans cette liste. 

    Aujourd'hui, je vous propose d'étudier le cas du Bénin.

    Le Bénin est classé au 91ème rang mondial par Reporter Sans Frontière concernant le respect de la liberté de la presse.

    Selon le rapport d'Amnesty International sur l'année 2011, le Bénin présente des fortes lacunes en matière de respect de la liberté d'expression et de réunion. 

    En octobre 2011, le ministère de l'Intérieur a interdit toutes les manifestations visant à obtenir des informations sur le sort de Pierre Urbain Dangnivo, fonctionnaire disparu. Les soupçons relatifs à une éventuelle implication de responsables gouvernementaux ont déclenché une vague de protestation parmi les journalistes, au sein de la société civile et des partis d'opposition concernant les restrictions imposées à la liberté d'expression et la liberté de réunion. 

     

    Malgré l'apparence de l'abolition de la peine de mort, en mai 2011 la cour d'assise d'Abomey a condamné Susanne Lanmanchion à mort. 

     

    Devant ces réalités, il n'est pas possible de considérer le Bénin comme un pays sûr. La liste de pays sûrs est entâchée d'erreurs. Non seulement elle évacue les dimensions singulières propres à chaque cas individuel mais encore, elle est constituée de pays qui sont loin d'être sûrs.

     

    Nous demandons la suppression de la liste des pays d'origine sûrs. 

    Le droit d'asile ne doit pas dépendre du pays de naissance. 

     

    Emmanuel BOUHIER

    Président CIMADE63

     

     

    sources

    http://cimade63.blogg.org/date-2012-02-22-billet-1383513.html

    http://cimade63.blogg.org/date-2011-12-08-billet-1370509.html

    http://cimade63.blogg.org/date-2011-01-24-billet-1293242.html

    http://fr.rsf.org/press-freedom-index-2011-2012,1043.html

    http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2011/05/2011-GPI-Results-Report-Final.pdf

    http://www.amnesty.org/fr/region/benin/report-2011

    http://www.ohchr.org/FR/countries/AfricaRegion/Pages/BJIndex.aspx

    http://www.fidh.org/Le-Benin-face-au-Comite-des-Droits

    http://fr.mapsofworld.com/benin/government/human-rights.htmlhttp://24heuresinfos.blog4ever.com/blog/lire-article-188975-2636945-dangnivo__un_an_apres__l_espoir.html