• LA FAMILLE DE JOHAN ET MYRIAMME RANAIVOARISON DOIT RESTER PARMI NOUS chronique cimade sur RCf du 4 octobre 2011

    LA FAMILLE DE JOHAN ET MYRIAMME RANAIVOARISON DOIT RESTER PARMI NOUS

    Appel initié par les parents d’élèves de l’école Victor Duruy de Clermont-Ferrand et soutenue par RESF63

     

    Johan est en CE2 à l'école Victor Duruy. Il fréquente cette école depuis la Moyenne section de Maternelle.

    Myriamme entre en sixième au collège Jeanne d'Arc, après une scolarité assidue et réussie à l’école primaire. Elle a beaucoup d'amis parmi les anciens élèves de l'école Victor Duruy.

    Tous les deux sont appréciés des élèves et des enseignants pour leur gentillesse, leur discrétion et le sérieux de leur travail.

    Les deux enfants sont de très bons élèves.

    Leur famille est venue de Madagascar en février 2008. Le père des enfants a subi un accident qui l'a laissé hémiplégique et épileptique. Une grave rechute au cours de son séjour en France n’a pas permis à cette famille de repartir à Madagascar, où il ne peut pas se faire soigner efficacement.

    En France, une carte de séjour pour raison de santé a été délivrée à la famille, il y a 3 ans et régulièrement renouvelée.

    Mais, à la place du dernier renouvellement au mois de juin 2011, la famille a reçu une obligation de quitter le territoire français.

    Or, Madame Ranaivoarison est une personne qualifiée qui travaille et peut subvenir aux besoins de sa famille.

    Cette famille est très bien intégrée, francophone et francophile. Les enfants et leurs parents sont entourés d'amis.

    Ils ont été parrainés à la mairie d'Aubière en juillet 2008. Leurs marraines civiles se portent garantes de l'autonomie de cette famille filleule .

     

    Nous vous demandons, Monsieur le Préfet, de donner à nouveau un titre de séjour à cette famille

    afin que Monsieur Ranaivoarison puisse poursuivre sa rééducation et avoir accès aux  soins dont il a encore besoin au quotidien ;

    et afin que Johan et Myriam continuent une scolarité prometteuse.

     

    La situation de cette famille est une illustration des conséquences humaine de la loi du 16 juin dernier. En particulier celle ci a modifié les conditions d 'acces au titre de séjour pour raison de santé. Jusqu’à présent,les étrangers résidant en France, lorsqu’ils étaient atteints d’une maladie grave, comme le sida, l’hépatite, le cancer ou la tuberculose, ne pouvaient être expulsés et avaient droit à une carte de séjour s’ils n’avaient pas effectivement accès à une prise en charge médicale dans leur pays d’origine. La loi du 16 juin dite BESSON, conditionne l’autorisation de séjour à l’absence de traitement dans le pays d’origine. Ce qui n’a rien à voir : les médicaments existent à peu près partout, mais ils peuvent être disponibles en quantité insuffisante, dans un seul lieu ou à des tarifs prohibitifs.

    Les nombreux appels associatifs n’ont eu aucun impact. Un collectif de médecins, représentant des structures aussi diverses que le Comede, Médecins sans frontières, Médecins du monde, Aides, le Syndicat des médecins généralistes, MG France ou encore le Planning familial, a été reçu à Matignon le 29 avril pour expliquer pourquoi cette réforme était «injustifiée compte tenu de la stabilité et de la faiblesse du nombre de cartes de séjour délivrées dans ce cadre (28.000) et de l’absence avérée de migration thérapeutique» . Mais aussi «dangereuse» car elle mettra en péril la santé et la vie des personnes concernées et qu’elle constituera une «menace pour la santé publique» , une «atteinte au secret médical» et une «entrave au contrôle effectif du juge» . Et enfin contre-productive car elle provoquera une «augmentation des dépenses publiques» .

    La mesure est une mesure clairement anti immigrés et cause des souffrance humaines inutiles