• La Charte Mondiale des Migrants Chronique du 25 04 11

    Nous avons l'habitude, par la force des choses, de dénoncer lors de cette chronique Cimade, les atteintes aux droits fondamentaux des étrangers et des français du fait de la loi, de l'action gouvernementale ou des pratiques administratives.

    Mais parfois, il est bon aussi de parler de ce que l on veut ou des initiatives porteuses de plus d'humanité, des élans vers un perfectionnement intellectuel et moral de l'Humanité. C'est ce que je voudrais faire aujourd'hui en parlant de la Charte Mondiale des Migrants.

     

    Cette Charte Mondiale des Migrants a été proclamée lors du Forum Social Mondial à Gorée (Sénégal) les 4 et 5 février 2011. La Charte analyse en préambule le système actuel, ses injustices inhérentes et ses conséquences humaines, politiques et morales qui pèsent sur l'Humanité.

    Elle a été rédigée par des migrants et entend faire valoir à partir des situations réelles vécues, le droit pour tous de pouvoir circuler et s'installer librement sur la planète.

    La Charte est donc avant tout un manifeste en faveur de l'article 13 de la DUDH : "Toute personnea le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat"."Toute personnea le droit de quitter tout pays y compris le sien et de revenir dans son pays". Elle vient l'enrichir de la notion de liberté d'installation.

    Ensuite la charte expose ce que devrait être l'application des droits de l'homme pour les migrants. Certains pourraient crier à l'angélisme juvénile ou à l'irresponsabilité utopique. Mais l'angélisme n'est il pas de croire que l'on peut stopper les migrations sans résoudre la question du partage ? et l'irresponsabilité n'est elle pas du coté de ceux qui jettent les migrants sur des routes toujours plus périlleuses ?

    La charte part d'un postulat : "Nous sommes tous frères, enfants de la Terre et nous partageons la même condition humaine première." C'est à partir de ce postulat que la charte développe la traduction de celui-ci dans les conditions matérielles et sociales des migrants. Ainsi elle proclame :

    - la liberté de circulation et d'installation

    - les liberté politiques d'association, d'expression et le droit de vote

    - le droit d'exercer toute activité économique et la liberté d'entreprendre

    - le droit à l'égalité devant la loi, au respect de l'intégrité physique et à un traitement équitable et bienveillant.

    - le droit à la santé

    - la protection particulière des femmes et des enfants, plus sujets aux violences

    - le droit à l'éducation et son accès gratuit

    - le droit de vivre en famille et la protection de la cohésion familiale

    - le droit à l'alimentation et à l'eau

    - le droit à la propriété

    La Charte Mondiale des Migrants est surtout une fenêtre sur un autre monde possible. Elle nous oblige à quitter nos lunettes trop formatées par nos dogmes modernes, pour chausser celles des possibles et du souhaitables. C'est un monde fraternel que cette Charte propose, un monde sans peur de l'autre, un monde où les différences sont des richesses et des opportunités. C'est un monde où les hommes sont d'abord des citoyens du monde. Un monde qui se construit ici et maintenant.