• Immigration: manifestation à Paris pour demander "des ponts, pas des murs"

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    PARIS (AFP) — Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Paris à l'appel d'organisations non gouvernementales (ONG) de défense des immigrés pour réclamer "des ponts, pas des murs" entre les peuples et dénoncer le caractère "trop sécuritaire" des politiques migratoires européennes, a constaté une journaliste de l'AFP.

    La manifestation, partie en début d'après-midi de la place de la Bastille a rallié la place de la République où devait avoir lieu jusque vers minuit un grand concert gratuit. Elle a réuni quelque 7.000 personnes, selon les organisateurs, 1.400 selon la Préfecture de police de Paris.

    En tête du cortège, derrière une grande banderole proclamant "Des ponts, pas des murs", avaient pris place des personnalités comme Patrick Peugeot, le président de la Cimade, Aminata Traoré, une ancienne ministre malienne de la Culture, et Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.

    La marche très festive, avec force percussions, répondait à l'appel de quelque 300 ONG qui ont organisé vendredi et samedi un "sommet citoyen" pour protester contre "une vision européenne trop sécuritaire" de l'immigration.

    "On est ensemble pour réfléchir et proposer une alternative à une politique européenne qui va dans le mur", a déclaré à l'AFP Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade qui a expliqué: "Nous voulons, nous, sociétés civiles du Nord et du Sud, proposer une alternative basée d'abord sur les droits de l'Homme".

    Le sommet "citoyen" organisé par des ONG venant d'une trentaine de pays, surtout africains, se voulait un contre-point au sommet européen de Bruxelles qui a adopté jeudi le pacte sur l'immigration et l'asile proposé élaboré par la France.

    Ce contre-sommet entendait dénoncer la conception d'une "Europe forteresse" que défendraient, selon ses détracteurs, les différents pays de l'UE.

    Le cortège des manifestants était surtout nourri par des militants du Réseau Education sans frontières (RESF), des compagnons d'Emmaüs ainsi que de nombreux collectifs de sans-papiers, principalement originaires d'Afrique.

    La plupart des associations défendant les droits de l'Homme comme la LDH (Ligue des droits de l'Homme) et le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) étaient également présentes ainsi que des militants du PCF.

    Tout au long du cortège, on pouvait lire sur des petits panneaux brandis par les manifestants: "le Sud pillé, le Nord fermé", ou "Nous sommes tous des fils d'immigrés", "Centres de rétention, zones de non-droit, secret d'Etat".

    Vendredi, le "sommet citoyen" réuni à Montreuil (Seine-Saint-Denis) a adopté une déclaration où les 300 ONG ont exprimé leur refus d'"une politique qui transforme l'Europe en forteresse".

    "Nous ne pouvons plus laisser la question des migrations aux seules mains des Etats, qui plus est des Etats du Nord, dans un contexte où la crise économique et financière augmente déjà la pauvreté et risque de renforcer la xénophobie dans les pays d'accueil et de transit des migrants", affirme cette déclaration.

    "A nous, sociétés civiles du Nord et du Sud, d'inventer ensemble d'autres politiques migratoires et de développement, qui soient fondées sur la justice et le respect des droits et de la dignité humaine", proclame-t-elle.