• Hébergement d'urgence : l'enquete citoyenne , Chronique Cimade du 19 septembre

    Il y a un an 360 personnes avaient été mises à la rue à Clermont-Ferrand. Conséquence d’une négligence de gestion de la Préfecture qui laissait s’endetter l’association qui gère l’hébergement d’urgence. Jusqu’au moment où la banque dit « stop » et les dépenses doivent s’arrêter faute de versement des subventions étatiques.

    Il s’en était suivi un mouvement. Mais avant celui-ci, des tractations ont eu lieu pour prévenir le Préfet, pour que les conséquences prévisibles ne se produisent pas. L’autorité préfectorale n’ayant pas changé sa position, 360 personnes ont dû alors quitter leur hébergement, une chambre d’hôtel. Et le bras de fer de salon s’est transformé en bras de fer de rue, c’est ce qui arrive quand l’autorité ne veut pas entendre la détresse sociale et tente le passage en force.

    Que s’est-il passé ensuite ? Un premier immeuble a été ouvert pour augmenter les capacités d’hébergement de 80 places. Puis un deuxième, d’abord uniquement de nuit, en plein hivers les hébergés devaient quitter les lieux en journée, même quand il y avait des enfants… D’autres chambres d’hôtel ont été prises, mais des gens restent encore et toujours dehors, même après un an.

    Les ONG comme la Cimade et la LDH et les réseaux comme RESF ont alors mené une enquête citoyenne de septembre 2013 à mars 2014 pour prendre la mesure du réel.

    Que deviennent ces familles ?

    Comment sont-elles traitées ?

    L’enquête montre que les populations les plus mal traitées sont les déboutés du droit d’asile. Ils n’entrent dans aucun autre dispositif de droit commun. Ils sont les derniers servis de l’hébergement d’urgence, y restent bloqués et subissent des rotations qui les précarisent, perturbent la scolarisation des enfants, les empêchent de consacrer de l’énergie à la défense des maigres droits qui leur restent, car chaque jour le combat est de survivre, trouver une solution d’abri, une solution pour se laver, pour se nourrir, …

    En moyenne, les familles changent 8 à 9 fois de lieu en 6 mois. Les périodes d’hébergement vont de 5 jours à 1 mois et peuvent être entrecoupées de passage à la rue. Les enfants représentent plus de la moitié de cette population.

     

    Les structures d’accueil de l’hébergement d’urgence ne permettent pas encore un accueil inconditionnel, elles sont sous-dotées pour répondre aux besoins sociaux bien réels. Les chambres d’hôtel sont encore utilisées alors que c’est une solution onéreuse et que des solutions alternatives locales ont démontré leur efficacité en la matière tant économiquement que socialement.

    Il est temps de rechercher l’efficacité sociale et humanitaire pour que personne ne reste dehors.

     

     

    Emmanuel BOUHIER

    Porte-Parole Cimade63

     

    https://www.facebook.com/download/864746913537878/dossier%20presse%20final%20avec%20itineraire%20hebergement.pdf


    Tags Tags :