• EXPULSION DELOYALE DE KRENARE BEDIJI - CHRONIQUE RCF DU 5 MARS 2012

    Le 23 février à 7h du matin, la Police est venue arrêter toute la famille BEDIJI.

    La police constate que la famille n’est pas au complet. Il manque trois filles mineures.

    Pour ne pas partir bredouille, la police décide donc d’emmener uniquement l’aînée de la famille, Krenare, âgée de 20 ans, les mineurs eux sont protégés par la convention internationale des droits de l'enfance, ils ne peuvent être séparés de leur famille. L'aînée si, il est legal de la séparer de sa famille mais pas légitime à nos yeux.

    C’est pourtant précisément l'aînée qui a été victime d’une tentative d’enlèvement et de viol à Gjilan au Kosovo avant leur venue et c’est l’une des raisons qui ont conduit cette famille à fuir son pays.

    Car la famille BEDIJI vient du Kosovo, pays considéré comme sûr mais qui est la proie de la mafia albanaise comme en témoignent de nombreux articles et rapports internationaux. Monsieur BEDIJI a été la victime, à plusieurs reprises, de la violence mafieuse.

     

    La famille arrive en juin 2011 et demande l'asile. L'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA) refuse de leur procurer la protection le 11 août 2011.

    Une obligation à quitter le territoire français (OQTF) est notifiée à la famille le 13 novembre 2011, confirmée par le Tribunal Administratif.

    Un recours a été formé devant la Cour Administrative d'appel de Lyon qui n'a pas rendu encore sa décision.

    La décision de refus de l'OFPRA est contestée devant la Cour Nationale du Droit d'Asile où la famille est convoquée le 8 mars 2012.

     

    Au moment de l'arrestation, il y a donc 2 recours en instance. Certes ils sont non suspensifs, mais l'éthique républicaine n'oblige-t-elle pas à respecter l'esprit des lois autant que la lettre ? La France a déjà été condamnée pour le caractère non suspensif des recours car il contrevient aux articles 3 (contre les mauvais traitements) et 13 (droit au recours effectif) de la Convention Européenne des Droits de l'Homme (CEDH). Pourquoi ne pas attendre que la Justice ait fini de s'exprimer ?

     

    Krenare est conduite au CRA de Lyon Satolas le 23 février après-midi.

    Le 24 au matin, le Tribunal administratif de Lyon annule la décision de mise en rétention prononcée par le préfet, qui notifie une assignation à résidence dans le Puy-de-Dôme.

    Mais cette décision est sans effet puisque Krenaré est immédiatement conduite à l’aéroport et placée dans l’avion qui s’envole à 14h pour le Kosovo.

    Ne comprenant pas pourquoi elle n’était pas libérée du fait de la décision du TA, elle a résisté. Elle s’est vue menottée et contrainte par la force.

     

    Malgré les 2 recours, non seulement il y a arrestation mais en plus il y a expulsion, violence et mise en danger.

     

    Ce comportement de l'Administration Française est d'une déloyauté inacceptable.

    S'il arrive malheur à Krenare, le Préfet sera moralement responsable.

     

    La Cimade63 demande au Préfet de respecter les articles 3 et 13 de la CEDH et de faire revenir Krenare.

     

     


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