• "En quelques minutes, l’homme qui passait en bas de chez vous a disparu"

    sur le blog "L'INTERDIT"

    Derrière les chiffres massifs des « reconduites à la frontière » annoncés avec une fierté carnassière par nos ministres de « l’identité nationale », il y a des hommes, des femmes et des enfants... Le site Disparitions sort leurs destins des statistiques.

     

    L’Observatoire national de la délinquance (OND), organisme dépendant du ministère de l’Intérieur, vient d’avoir la bonne idée de mettre en ligne un outil cartographique ludique et rigolo permettant aux citoyens stressés de géolocaliser les actes de délinquance enregistrés par la police et la gendarmerie. Région par région, département par département, le bon peuple peut donc – enfin ! – prendre conscience, derrière l’abstraction lénifiante des chiffres, de l’omniprésence des criminels, gangsters, voleurs à la tire, bandits de grand chemin et autres sauvageonnes racailles qui défigurent notre douce France.

     

    L’Interdit profite de cette joyeuse initiative pour inviter ses bienheureux lecteurs à se pencher sur… un autre outil cartographique, militant celui-là. Présent sur le net depuis quelques mois, le site Disparitions cherche à matérialiser géographiquement un autre versant de l’activisme policier, curieusement oublié par les services cartographiques du ministère de l’Intérieur : les arrestations des personnes sans papiers. Derrière les chiffres massifs des « reconduites à la frontière » annoncés avec une fierté carnassière par nos ministres de « l’identité nationale », ces arrestations se déroulent tous les jours, en bas de chez vous…

     

    Déni de mémoire

     

    « Finalement, les choses peuvent se passer assez simplement. Un matin, vous entendez en bas de chez vous des cris déchirants. Un homme hurle “ne me frappez pas, vous n’avez pas le droit de me frapper”. Le temps que vous passiez la tête à la fenêtre, l’homme a été mis de force dans la voiture par quatre policiers. La voiture part et ne revient pas. En quelques minutes, l’homme qui passait tranquillement en bas de chez vous a disparu. Disparu ! ».