• Dix-neuf ouvriers polonais du bâtiment ont été expulsés

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    Dix-neuf ouvriers polonais employés irrégulièrement en France ont été expulsés, mercredi 4 avril, vers leur pays. "Ils ont été placés dans un avion au départ de Clermont-Ferrand", a expliqué le préfet de l'Allier, Patrick Pierrard, qui avait signé à leur encontre, vendredi 30 mars, des arrêtés de reconduite à la frontière.

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    Arrivés en octobre 2006, les ouvriers étaient employés sur le chantier de rénovation d'une résidence de la commune de Laprugne, dans l'Allier, à la limite du département de la Loire. "Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté leurs recours lundi et il était normal que l'opération de reconduite à la frontière soit menée à bien", justifie le préfet.

    Leur avocat s'insurge en revanche de tant de célérité. "Ce ne sont pas des clandestins, mais des travailleurs européens victimes d'une erreur sur le plan administratif. Plutôt que de les inviter à régler le problème, on a préféré sortir l'artillerie lourde. Par ricochet, on nous ressort la tarte à la crème du plombier polonais en pleine période électorale", a affirmé Me Philippe Autrive, du barreau de Paris.

    Depuis le 1er mai 2006, la possibilité d'obtenir un contrat de travail d'un employeur français a été élargie pour les ressortissants d'Europe de l'Est à une soixantaine de métiers, notamment du bâtiment. Mais en l'espèce, les dix-neuf étaient employés dans le cadre d'un contrat de prestation de service passé par une entreprise polonaise.

    L'entreprise doit, dans ce cas, faire une déclaration de détachement auprès de l'inspection du travail, ce qui n'a pas été fait pour ces Polonais, recrutés dans l'Allier par une société polonaise de travail temporaire, Euro intérim. "C'est très compliqué", se défend André Wojcik, le représentant en France de la société. "Il n'y a de notre part aucune volonté de fraude. Notre position est de reconnaître qu'il y a eu une omission."

    "DÉTACHEMENT"

    Les maçons, carreleurs, peintres et plombiers expulsés pourront-ils revenir terminer le chantier après une déclaration en bonne et due forme ? Le préfet de l'Allier a émis des doutes. Selon lui, "leur déclaration de détachement n'aurait de toute façon pas été valable parce qu'ils ont été embauchés spécifiquement pour ce chantier et ne sont pas les salariés réguliers d'une entreprise polonaise".

    L'absence de déclaration de détachement semble fréquente. C'est ce que relève un rapport d'information présenté en octobre 2006 par le sénateur UMP du Bas-Rhin, Francis Grignon. "Les interventions des entreprises étrangères du BTP contrôlées en France se révèlent dans 95 % (des cas) inconnues de l'administration", indique ce rapport.

    Manuel Armand