• de l aveu du ministre : 1 expulsion = 12000 € !!!!!

    http://www.marianne2.fr/Eric-Besson,-le-Sarko-nouveau-est-arrive_a182609.html?com

     

    Débat sur l'identité nationale, budget du ministère, fichier des retours... Compensant chaque sortie publique par une autre, Eric Besson mène sa barque de ministre comme un parfait communiquant. Il a de qui tenir !



    Son budget à peine sorti, Eric Besson se voit attaqué par la Cimade sur l'opacité financière des reconduites à la frontière. Ni une, ni deux, le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale répond sur son site, chiffres à l'appui : «Le coût global de la politique d’éloignement peut être estimé à 232 millions d’euros [...] soit un montant par reconduite de l’ordre de 12.000 euros.»

    Qu'importent les accusations de rétention «industrialisée» et la critique de la «politique du chiffre» appliquée à la réalité humaine tragique de l'immigration clandestine : Besson a tué dans l'œuf cette nouvelle tentative de déstabilisation publique. C'est son art, son efficacité de communiquant. Et le legs de son pygmalion : Nicolas Sarkozy.

    Le matraquage à coups de chiffres : l'arme anti-critique

    Car au petit jeu du «meilleur élève de la classe», Eric Besson est désormais passé maître. En une semaine, il a été attaqué au sujet du charter qui renvoyait trois Afghans dans leur pays en guerre, sur le dossier des aides au retour et sur le débat sur «l'identité nationale» initié avec une légère maladresse...

    Maladresse ? Pas sûr : s'engouffrant dans la brèche, l'opposition patauge, suffoque et s'empierge dans le souvenir de Ségolène Royal et de ses propositions de campagne sur le drapeau et la Marseillaise, dans un sujet autour duquel elle tourne sans réussir à l'aborder...

    Le temps que l'opposition sorte une réponse unique et cohérente, Eric Besson a déjà dégainé le budget de son ministère, calibré pour couper court à toute critique : 54% des crédits pour l'asile, amenés par quelques formules bien senties comme «la tradition d'accueil de notre pays». L'argument de l'opposition retourné contre elle, chiffre à l'appui : la «machine Besson» a fait son œuvre.

    L'insoutenable charme de l'invérifiable

    Intellectuellement, la plupart des arguments de Besson sont vides : quand il répond à la Cimade, il précise que les 232 millions réservés aux procédures d'éloignement ne tiennent pas compte «des coûts afférents aux différentes juridictions qui n’ont pu être évalués». Derrière ces mots, les procédures policières, interpellations musclées, détentions provisoires ne sont exposées ni dans le coût, ni dans leur violence. Un peu comme Brice Hortefeux parle, pour se féliciter de la baisser de la délinquance, des vols de téléphone résolus mais pas des violences à la personne qui s'aggravent. Qu'importe.

    Qu'importe pour Besson qui, à la manière de Sarkozy à l'Intérieur, utilise des outils, des symboles, indéchiffrables pour le commun des mortels mais «grosso modo» positifs et, a priori, en augmentation. 54% pour l'asile ? C'est plus de la moitié du budget, donc c'est beaucoup. Mais, quand on fait le calcul, une fois retranchés les 318 millions d'euros pour l'asile, les 80 millions pour l'intégration et les 65,5 millions de coordination interministériel, reste un peu plus de 100 millions d'euros dont Besson ne précise pas l'usage dans son communiqué de presse, sans compter les 595,4 millions d'euros en «crédits de paiement», évaporés dans l'argumentaire.

    Mais les chiffres montent, c'est tout ce qui compte, et la cote d'Eric Besson avec eux. En empêchant que le soufflé ne retombe, l'alimentant quotidiennement d'un peu plus d'air chaud, de passages dans les médias et de gros chiffres, le ministre devient incontournable, premier-ministrable. Un simple jeu d'apparences déjà bien connu de Sarkozy. Mais quelle meilleure façon de plaire que d'imiter celui qui a votre carrière entre ses mains ?