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cimade 63 - immigration

aider les migrants, promouvoir une politique d'immigration humaniste

Présentation

La Cimade est une organisation non gouvernementale qui accueille, oriente et défend les demandeurs d'asile, les réfugiés et tous les migrants. Nous organisons des permanences d'accueil pour accompagner les migrants dans leurs démarches administratives et juridiques. Témoins de leurs situations, des injustices et des inhumanités, nous intervenons dans la cité pour alerter, conscientiser et mobiliser. Nous aspirons à la socièté fraternelle du "Vivre Ensemble".

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groupe cimade 63
permanence tous les mercredis matin
11 rue marmontel
63 000 Clermont Ferrand
tel : 04.73.93.79.30
mail : groupe.cimade63@club-internet.fr

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Compter les morts | 15 novembre 2008

Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Claire Rodier
Réseau Migreurop

Pourquoi compter les morts de la migration ? Pourquoi se livrer à cette comptabilité macabre en tentant, en l'absence de données officielles, de rassembler les chiffres que parviennent difficilement à recueillir les ONG ? Parce que les victimes de la « guerre aux migrants » sont aujourd'hui une composante indissociable de la politique migratoire menée par l'Europe à ses frontières. Et parce qu'il est indispensable de donner une lisibilité à une situation trop souvent réduite à la fatalité ou au fait divers.

Il n'existe pas de données officielles concernant le nombre de personnes mortes en migration aux frontières européennes. D'après les ONG qui tentent de recenser le phénomène, ce nombre serait passé, entre le début des années quatre-vingt-dix et le début des années 2000, de quelques dizaines à plusieurs centaines par an. Le calcul est loin d'être exempt de biais : d'abord parce que l'attention portée à cette question par les organisations qui défendent la cause des migrants a nettement augmenté au cours de la même période. La couverture par les médias des « drames de la migration » a suivi, et l'on ne compte plus les reportages consacrés à la question au cours des cinq dernières années. On peut donc estimer que, tout autant que l'accroissement réel du nombre de morts, la construction d'instruments de mesure – certes très imparfaits, doublée d'un effet de loupe médiatique, ont contribué à l'explosion des chiffres. A contrario, plusieurs facteurs jouent dans le sens inverse, comme l'invisibilité d'une proportion qu'on pressent importante, mais qui reste inconnue, des décès intervenus au cours de la trajectoire migratoire, notamment lors de naufrages [1] ou en plein désert, ou encore l'occultation volontaire par les autorités policières ou politiques de certains épisodes meurtriers de la « guerre aux migrants » [2]. Des autorités qui savent aussi instrumentaliser les événements dramatiques pour justifier le durcissement des contrôles. Dans ce contexte scientifiquement peu fiable, pourquoi chercher à compter les morts de la migration ? Parce que les victimes de cette guerre sont aujourd'hui une composante indissociable de la politique migratoire menée par l'Europe à ses frontières, et audelà. Et parce que l'imprécision même des sources est le révoltant témoin d'une réalité qui, si elle n'est pas dénombrable, doit être déchiffrée.

Dans la région de Calais, à Toulon, comme aux îles Canaries ou dans celle de Lampedusa, quelques tombes discrètes résument l'immense cimetière que constituent aujourd'hui les frontières de l'Union européenne. Elles viennent rappeler que chaque jour des immigrés mettent leur vie en danger dans l'espoir de trouver une vie meilleure. Mais combien ? L'organisation United [3] a été la première à répertorier ces funèbres aléas de la migration. Sur son site, ni allée, ni stèle, seules des lignes et des colonnes rendent compte de cette silencieuse boucherie... « Déclinaison finale d'identité » [4] des cadavres identifiés, la mention de leur décès dans ce recensement est, pour les anonymes, le dernier témoignage de leur passage aux frontières de l'Europe. United évalue à 8 855 le nombre de morts en l'espace de quatorze ans (1993-2006) : une représentation a mi nima d'une hécatombe ignorée. Car pour les noyés par exemple, le calcul est fondé sur le décompte des corps des personnes découvertes sur les plages, ainsi que sur les estimations avancées par les rescapés des naufrages. Or la plupart de ces naufrages ont lieu loin des côtes, et la précarité des conditions dans lesquelles naviguent les passagers, le plus souvent équipés, au mieux, de boussoles et de téléphones portables, leur interdit de faire efficacement appel aux secours lorsqu'ils sont en perdition.

Pour la seule année 2006, au cours de laquelle 600 cadavres ont été retrouvés sur les côtes canariennes, un responsable des services d'immigration de ces îles espagnoles estime que le nombre total de migrants noyés entre la côte africaine et les Canaries serait dix fois supérieur. Une estimation confirmée par le directeur du Croissant rouge mauritanien, qui compare la traversée Mauritanie-Espagne à « un jeu de roulette russe ». On sait par ailleurs que nombre de pêcheurs qui travaillent dans le périmètre Malte-Libye-Tunisie-Sicile préfèrent détourner leur route, lorsqu'ils rencontrent des embarcations de fortune en mauvaise posture, plutôt que de porter assistance aux naufragés. Pour 22 000 personnes arrivées en Italie par la mer en 2006, combien n'ont pas atteint leur but ? Le silence restera leur linceul : « Parfois, des cadavres humains s'accrochent aux filets. Généralement, on a ordre de les rejeter. Ce qui vient de la mer, on le rend à la mer : c'est ce que dit le capitaine » [5].

Plus récemment, l'organisation Fortress Europe, qui s'en tient, elle, aux seuls chiffres mentionnés par la presse, rapporte que près de 12 000 étrangers seraient morts aux frontières de l'Europe entre 1988 et 2008 [6], parmi lesquels 8 173 en mer [7] et plus de 1 600 en traversant le désert du Sahara.

(...)

> La suite de l'article est à l'adresse
http://www.gisti.org/spip.php?article1255

Publié par groupe.cimade63 à 11:09:24 dans La REALITE | Commentaires (0) |

Interpellations au sein des structures d'hébergement | 15 novembre 2008

LETTRE OUVERTE de la FNARS

 

Devant la multiplication des interpellations d'étrangers au sein
de structures et de foyers d'hébergement de la région,
la Fnars Midi-Pyrénées interpelle les pouvoirs publics et l'opinion
Ces derniers mois, des interpellations d'étrangers ou des tentatives d'interpellations, effectuées par les
forces de police, se sont produites à plusieurs reprises au sein et aux abords de structures d'hébergement
de la région. Ce phénomène nouveau, qui s'est accéléré ces dernières semaines, appelle une réaction et
une clarification de la part de la Fnars Midi-Pyrénées, qui fédère 85% des centres d'hébergement de la
région.
La Fnars rappelle que les structures d'hébergement ont pour mission d'accueillir, d'héberger et
d'accompagner les personnes et les familles qui connaissent de graves difficultés, notamment sociales,
économiques, de logement, de santé ou d'insertion. Ces établissements remplissent une mission de
service public qui leur est confiée par l'État. Aucune condition de régularité de séjour n'étant posée par
les textes, toute personne à la rue, qu'elle soit française ou étrangère, en situation administrative
régulière ou non, peut être prise en charge au sein du dispositif d'hébergement régional si sa situation le
nécessite. Ces personnes sont hébergées en toute légalité avec l'accord des autorités.
La Fnars rappelle que les interpellations menées au sein des structures d'hébergement sont strictement
réglementées. Elles ne peuvent être réalisées que dans les cas de flagrant délit, sur commission rogatoire
d'un juge d'instruction ou réquisition du procureur. A défaut, les forces de police doivent solliciter
auprès du directeur l'autorisation d'entrer dans les locaux et recueillir son « assentiment exprès ». Les
directeurs des centres d'hébergement sont donc en droit de s'opposer à l'entrée des forces de police au
sein des locaux du centre d'hébergement, en dehors des cas strictement prévus par la loi.
La Fnars dénonce la violence de certaines interpellations qui se sont récemment produites,
traumatisantes pour les personnes directement concernées, mais également pour les autres personnes
hébergées et les personnels des structures d'hébergement qui en ont été les témoins.
Enfin, au-delà de la situation individuelle dramatique de ces personnes et de ces familles, accompagnées
et suivies parfois depuis longtemps par des associations et des personnels sociaux, ces pratiques
interrogent fortement la Fnars et ses adhérents car elles constituent une remise en question de la mission
du travail social. Quel rapport de confiance pourra être établi avec les personnes accueillies dans nos
établissements et nos structures, si le fait de bénéficier de nos services se retourne contre elles ? Ne vontelles
pas être poussées à encore plus de clandestinité amenant de fait une plus grande précarisation,
entraînant de nouveaux drames humains ? Dans de telles conditions, quel est désormais le rôle assigné à
nos structures d'accueil et que devient le sens du travail des équipes sociales ?

En conséquence :
La Fnars Midi-Pyrénées demande à l'Etat de respecter strictement le cadre légal de la réglementation en
la matière, et de renoncer à toute forme de pression sur les gestionnaires et les personnels des structures
d'hébergement alors qu'ils ne font que respecter le cadre de leurs droits et du contenu de la mission qui
leur est confiée.
Dans tous les cas où ces conditions légales ne seraient pas strictement remplies, la Fnars Midi-Pyrénées
demande aux associations adhérentes de son réseau de s'opposer formellement, comme la loi les y
autorise, à toute intrusion des forces de police et d'agents de la préfecture au sein des locaux
d'hébergement.
Au-delà de ces questions de légalité, la Fnars Midi-Pyrénées demande à l'Etat, au nom de l'éthique, du
sens et des missions du travail social, que soit à nouveau respectée, comme cela a toujours été le cas par le
passé, l'étanchéité entre les missions de service public relatives à la solidarité et à la mise à l'abri des
personnes à la rue, et le contrôle et la gestion des flux migratoires.
Enfin, la Fnars Midi-Pyrénées demande à l'Etat de respecter les droits et la dignité des personnes
interpellées.
La Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale (Fnars) regroupe des
organismes et associations autonomes qui ont en commun la volonté d'aider les plus démunis et de faire
bouger la société pour faire reculer l'exclusion. La Fnars Midi-Pyrénées fédère aujourd'hui 84
associations, qui gèrent ensemble près de 110 établissements et services (CHRS, services d'accueil et
d'orientation, services d'urgence, structures d'insertion par l'activité économique, services de
relogement, d'accompagnement social lié au logement, résidences sociales, lieux de vie, maisons relais,
etc.). La Fnars fédère 85% des structures d'hébergement de la région Midi-Pyrénées.
Contact :
Fnars Midi-Pyrénées / 05 34 31 40 29 / fnars.midi-pyrenees@wanadoo.fr

Publié par groupe.cimade63 à 11:07:30 dans La REALITE | Commentaires (0) |

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