La Cimade est une organisation non gouvernementale qui accueille, oriente et défend les demandeurs d'asile, les réfugiés et tous les migrants. Nous organisons des permanences d'accueil pour accompagner les migrants dans leurs démarches administratives et juridiques. Témoins de leurs situations, des injustices et des inhumanités, nous intervenons dans la cité pour alerter, conscientiser et mobiliser. Nous aspirons à la socièté fraternelle du "Vivre Ensemble".
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Lundi 19 mai 2008, un jeune Africain s'est jeté du haut du Palais des
Congrès de Montpellier.
Sensee Kanneh faisait partie d'un groupe de neuf jeunes réfugiés
libériens qui, fuyant la guerre civile au Liberia en juin 2003, sont
montés à bord du dernier bateau à quitter le port de Monrovia. Ils sont
arrivés à Sète mais auraient sûrement préféré se retrouver dans un pays
dont ils parlaient la langue. Pour Sensee c'était la deuxième fuite en
bateau. A 15 ans il s'était retrouvé seul dans la foule des réfugiés
qui cherchaient un refuge au Ghana.
Sensee a eu la chance de se voir reconnaître le statut de réfugié par
l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) fin
2006, après 3 ans et demi de galère.
Malgré l'aide de ses amis, Sensee peinait à trouver sa place dans la
société française dont il restait toujours un peu en marge. Sensee,
c'était cette histoire d'une enfance et d'une adolescence au coeur
d'une guerre civile interminable, une histoire de traumatismes sans
doute insurmontables.
Mais Sensee, c'était aussi un garçon, d'une vingtaine d'années,
attachant, avec ses rêves naïfs de rappeur pour dire sa fierté d'être
libérien, pour dire ses croyances, son désir et son mal de vivre.
Sensee, c'était la fuite en avant. « I fly and I fall down, down. Je
vole et je tombe, tombe. »
Ce lundi 19 mai les personnes présentes sur la terrasse du Corum n'ont
pu rien faire pour le retenir.
Par sa mort, Sensee vient durement nous rappeler que ces étrangers,
toujours soupçonnés de n'être que des « sans papiers », sont des
personnes, des hommes, des femmes, des enfants qui connaissent la
souffrance de l'exil. En ce moment où on ne parle et ne voit que
chiffres d'expulsions, elle nous somme d'affirmer la nécessité criante
de dénoncer toutes les atteintes aux injonctions du droit d'Asile dans
nos pays, en France comme en Europe.
La CIMADE Montpellier
Publié par groupe.cimade63 à 23:47:14 dans ACTIONS de SOUTIEN | Commentaires (0) | Permaliens
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