• chronique du 26 septembre Matthieu 25-45

    "Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n'avez pas pris soin d'un de ces plus petits, c'est à moi que vous n'avez pas pris soin". Ce passage du chapitre 25 de Matthieu résonne d'une manière bien particulière à l'histoire que je vais porté à votre connaissance :

     Dans la nuit du 20 au 21 septembre dernier, Madame Bezjacu donnait naissance - prématuremment- à une petite El Médina. L'enfant décéde dans les heures qui ont suivi.

    Le 17 août dernier, Francis Lamy,  préfet du Puy-de-Dôme, ordonnait l'arrestation à Clermont-Ferrandde la famille Bezjacu, et son transfert au Centre de Rétention de Lille. Cette famille Rom Kosovar, avec trois enfants de 10, 7 et 3 ans dont la maman était enceinte de 5 mois, était libérée quatre jours plus tard par un juge des libertés et de la détention. Dans sa décision, il soulignait au sujet de la mère que« le risque d'atteinte à sa santé et à la santé du bébé, consécutif au stress induit par la situation de rétention qui lui a été notifiée au petit matin, immédiatement suivie d'un déplacement géographique d'une durée de 10 heures, est totalement disproportionné au regard de l'objectif d'éloignement poursuivi par les autorités [...] Il ressort de l'ensemble de ces éléments que le traitement subi par cette famille est inhumain et dégradant. » Ce qui n'empêchait pas le Secrétaire Général de la Préfecture, Jean-Bernard Bobin, de déclarer aux journalistes de La Montagne, dans l’édition du 22 août 2011 : « Le tribunal nous a donné raison sur tous les points. » Et Martine Couderc, directrice départementale de la police, de rajouter trois jours plus tard : « La prise en compte des besoins de la famille se fait dans des conditions humaines auxquelles tout fonctionnaire de police est très attaché. [Le trajet vers Lille s'est passésans souci particulier. »

     Pourtant, dès le retour de la famille à Clermont-Ferrand, madame Bezjacu était hospitalisée en urgence au service des grossesses à haut risque pour un décollement du placenta. L'un des médecins déclarait aux journalistes que « sur un plan de logique médicale, c'est une évidence que ce décollement du placenta est la conséquence directe de ce trimballement à Lille et du choc de l'arrestation. » Aujourd'hui, une famille est en deuil. Voila les conséquences de la course aux expulsions.

     Le bébé a été empéché de vivre par l'application d'une politique qui pousse à la maltraitance. Le cynisme des autorités en cette affaire est insupportable.

     Rappelons nous encore le passage de Matthieu : "Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n'avez pas pris soin d'un de ces plus petits, c'est à moi que vous n'avez pas pris soin".