• Chronique cimade63 du 6 février 2012 sur RCF : synthèse du rapport sur les Centres de Rétention (CRA)

    Depuis 2010, la Cimade n'est plus la seule oraganiation à intervenir dans les centres de rétention pour veiller à la défense des droits droits des étrangers retenus pour expulsion. La mission étant transformée en marché divisé en 8 lots géographiques, d'autres organisations interviennent en plus de la Cimade : Forum Réfugiés, Assfam, Ordre de Malte, France Terre d'Asile. Ces associations ont eu l'intelligence de coopérer plutôt que de se faire concurrence comme l'aurait certainement espéré le gouvernement. Elles ont ainsi continué le travail que faisait la Cimade : un rapport annuel sur les centres de rétention. Cette production d'information est importante pour la démocratie, pour les parlementaires et pour tous les citoyens en général car ce qui s'y passe se fait au nom de tous. Les associations ont donc produit fin 2011 leur premier rapport collectif. Ce que les associations font remarqué en 2010-2011 :

    - les dégâts causés par la politique de chiffre mise en place dès 2002 et par un régime d'exception qui devient un peu plus la nirme chaque année

    - en 2010 c'est un peu plus de 60 000 personnes qui sont passées par un CRA de métropole ou d'Outremer (chiffre doublé en 10 ans)

    - le nombre de familles et d'enfants enfermés s'est accru : de 165 enfants en 2004, on passe ) 356 enfants en 2010 dont 57 nourrissons.

    Les associations font état d'une tension quotidienne et d'une violence omniprésente dans ces lieux de privation de liberté où la détresse est trop souvent confronté aux pratiques arbitraires et déshumanisées de l'administration.

    De ces pratiques, les association en tire un bilan accablant : celui de l'obsession statistique au détriment du droit. Au mains de l'Autorité, le retenu est de moins en poins une personne de droits et de plus en plus un article soumis à une action quasi industrielle pilotée par un objectif d'efficacité : l'expulsion. Il y a dégradation du statut de l'individu. La nouvelle loi Besson / Guéant a allongé de 32 à 45 jours la durée légale de rétentionet a reporté l'intervention du juge des libertés de 2 à 4 jours, ce qui traduit dans la loi cette inquiétante mutation de la République et de ces principes. Ce n'est plus qu'une question politique ou gestionnaire, c'est une question de dignité et d'Humanité. Il faudra inconstestablement cesser cette politique anti-immigrés et fermer des centres de rétention pour que la rétention soit restreinte à l'exception. 


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