• Nous sommes à Bethléem, il y a 2000 ans. Un jeune couple, dont la femme est enceinte, parcourt la ville et recherche un hébergement. Ils s’adressent d’abord aux hôtels, mais ils sont tous complets. Ils s’adressent ensuite certainement à leurs connaissances, amis, famille, amis d’amis, amis de voisins, amis de famille. Rien... Personne ne peut les accueillir. Personne ne peut leur donner l’hospitalité... L’angoisse commence à monter chez Joseph ne trouvant pas de solution pour sa bien-aimée et son futur enfant. Et Marie... Elle doit sentir que l’enfant va naître... Elle doit avoir physiologiquement besoin d’être à l’abri, de faire son nid pour se mettre dans sa bulle et se consacrer pleinement à cette naissance... Au lieu de cela, ils parcourent encore la ville. D’abord en son centre puis s’écartent jusqu’au faubourgs, aux environs. Rejetés... Exclus...
    L’angoisse se transforme en panique, ils tapent à toutes les portes et tous leur dit “non”. Aucun ne considère que les intérêts d’une femme sur le point d’accoucher sont plus importants que son propre confort. Aucun pour avoir l’empathie nécessaire pour laisser sa place. L’histoire de cet enfant ne va pas commencer par un beau geste de solidarité. Un de ces gestes qui nous redonne foi en l’Homme, en sa capacité à se dépasser intellectuellement et moralement. Un de ces gestes si beaux qu’ils peuvent remplir vos yeux de larmes d’émotion et de joie ou de soulagement. Non. Joseph et Marie sont confrontés à l’indifférence de tous. Ils doivent ressentir de l’injustice, de la rage, de la colère. Ils doivent pester contre tous ces égoïstes ! Et peut être même contre Dieu... Personne ne les assiste. Personne ne les prend en charge. L’Amour humaine semble avoir déserté cette ville de Roi.
    Joseph et Marie sont des vulnérables, loin de chez eux, aucune infrastructure sociale n’est là pour leur porter attention et protection. Tout le monde connaît la suite. Ils trouvent finalement un abri de misère partagé avec des bêtes. L’enfant n’est pas encore né que commence le message : le sens de la place laissée, de l’accueil, de l’hospitalité. Faut-il qu’il n’y ait que des vulnérables pour accueillir les vulnérables ? Les réfugiés trouvent toujours un moyen pour se mettre à l’abri. Mais la précarité de cet abri révèle en même temps la fermeture de nos portes, de nos frontières et la perte du sens de l’hospitalité. Comment ne pas penser à Calais... Combien y a t il de Marie, de Joseph et de Jésus à naître ?...
    Dans une société de progrès social, la vulnérabilité n’est pas rejetée hors la cité, elle reçoit l’attention et la protection nécessaires à sa résolution.
     

    Emmanuel Bouhier Porte parole CIMADE 63


  • Ceux qui sont attachés aux idées d’égalité des droits, ceux qui pensent que rechercher un bouc-émissaire pour conjurer les malheurs est une erreur grotesque et monstrueuse, ceux qui recherchent inlassablement des solutions collectives, sociales aux problèmes de notre société, ceux qui ont foi en ce qu’il y a de meilleur en l’Homme, tous ceux-là ont été effrayés par les résultats du 1er tour des régionales.
    Ce n’est pas l’image de la France que nous voulons donner. Ce n’est pas la direction que nous voulons prendre. Oui, il y a de la souffrance, des inégalités, des injustices, des dysfonctionnements, des abus, des privilèges indus même mais pour les régler il convient de s’unir plutôt que de s’affronter. Il convient de chercher les causes plutôt que de les fantasmer. Il convient d’être juste plutôt que revanchard. Il convient de s’inscrire dans une dynamique collective plutôt que de tout espérer d’un chef providentiel. Il convient de prendre conscience que chacun de nous porte la responsabilité collective et que notre devoir est d’être le changement que nous espérons pour nous même.
    Les solutions aux maux qui nous touchent ne peuvent pas résider dans le rejet des autres, les étrangers, les opposants, l’Europe, ... Les solutions viennent nécessairement de l’intelligence collective, de la diversité des points de vue et des inspirations. La vulnérabilité nous place sous l’emprise de la peur. Certains sont prêts à mettre cette peur sous le feu de l’ignorance pour produire la haine, puissant levier obscur pour conquérir le pouvoir et le conserver.
    A la peur, il faut répondre par l’attention, le soin. Cela doit se traduire par des politiques qui équilibrent la société, réduisent les inégalités, les écarts, donnent une chance à chacun et permettent à tous de trouver une place, une utilité sociale.
    A l’ignorance, il faut répondre par l’éducation. L’école bien sûr mais aussi l’éducation populaire. Des citoyens informés et engagés améliorent la qualité démocratique d’une société. Ils sont un important organe de contrôle et de contre-pouvoir démocratique. Il faut connaître les choses plutôt que de les fantasmer.
    Voilà les 2 enjeux devant nous : l’attention sociale et l’éducation populaire pour vivre dans une société fraternelle.

    Emmanuel Bouhier, porte parole CIMADE 63


  • La France a été une nouvelle fois touchée. Après janvier et l’attaque contre la liberté d’expression, voici novembre et l’attaque contre les bonheurs simples et humbles de la vie : le resto, la terrasse, le concert, le sport...

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  • Mardi 10 novembre, la mairie de Clermont Ferrand et la Préfecture du Puy de Dôme organisaient un accueil républicain pour les familles syriennes réfugiées chez nous.

    Pour une France vraiment terre d’accueil ! Chronique Cimade63 pour RCF du 13 nov 2015

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  • Les déboutés du droit d’asile n’ont pas vocation à être expulsés, ils ont vocation à être traités équitablement et avec bienveillance.

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