• Chronique Cimade sur RCF pour le 27 sept 2013 :Hebergement d'urgence #2

    L'hébergement d'urgence reste une préoccupation majeure pour les associations humanitaires et les associations de défense des droits.

    Aujourd'hui, une 1ere phase est passée, plus personne ne dort Place de Jaude ou au gymnase. Nous sommes dans une deuxieme phase où les sans-abris sont placés dans des dispositifs temporaires en attendant des solutions plus stables. Nous savons que les autorités cherchent actuellement activement des solutions. Mais de nouvelles familles ont besoin du 115.

    Viendra ensuite la 3eme phase qu'il faut penser maintenant pour qu'elle ne soit pas enterrée avant d'avoir vu le jour. C'est une chose que de gérer une crise, c'en est une autre de faire évoluer un système pour que les dysfonctionnements ne se reproduisent pas. La 3ème phase consistera donc à refonder le système d'hébergement d'urgence pour qu'il puisse répondre à la demande sociale en temps réel. La demande sociale étant non seulement la mise à l'abri mais aussi un traitement adapté à chaque situation. Les solutions, tout public, d'accueil de nuit à la nuitée ne conviennent pas aux enfants par exemple.

    Il faut incontestablement améliorer aussi la prévention et l'anticipation des crises. Pour cela, il faut affirmer une volonté politique : celle de considérer que la mise à la rue est un évènement à éviter, exclure, interdire dans le système de gestion de l'hébergement d'urgence.

    Pour l'avenir et pour construire une société fraternelle, il est impératif que les institutions montrent l'exemple. C'est au fort de faire les premiers pas. Il faut qu'elles rompent avec la culture de la force, de l'autoritarisme, du rapport de force. Trop souvent, dans le détail des opérations se cache le Diable et les autorités dont subir vexations, humiliations et soumissions aux plus faibles. Par exemple, à cette demandeuse d'asile transférée dans un hôtel avant son intégration dans un cada pour qui la consigne avait été donné à l'hôtel de ne pas nourrir cette femme et ses enfants. Ou encore, l'exemple de l'accès au site d'hébergement d'urgence du boulevard Anatole France, interdit un temps aux visiteurs extérieurs, rendant difficile le travail des associations et le soutien des citoyens. Et sans oublier, l'intervention policière pour débarrasser la Place de Jaude alors que les militants étaient en train de démonter les installations. Ces violences sociales ne sont pas sans conséquences, elles se transmettent dans les relations entre la société civile et les autorités et créent ainsi des tensions sociales inutiles et contre-productives. Il est urgent d'établir une culture de la confiance, de la bienveillance et de l'intelligence collective contre celle de l'autoritarisme et de la domination.

     

    Jésus aurait pu soumettre les Royaumes et le Peuples (Luc 4,1-13), il avait la puissance pour celà mais il l'a utilisé à l'élévation spirituelle du genre humain.

    Puisse son exemple inspirer tous les puissants.