• Chronique Cimade sur RCF du 28 mars 2014 : Souffrance et violences dans les lieux d'enfermement des étrangers

    Souffrance et violences dans les lieux d'enfermement des étrangers

    Un ensemble d’associations de défense des droits et de solidarité ont constitué un observatoire de l’enfermement des étrangers. Parmi ces associations, nous retrouvons, entre autres : la Cimade, Emmaus France, l’ACAT, le GISTI, le Syndicat de la Magistrature ou encore le Syndicat des Avocats de France.

    Cet observatoire collecte et témoigne des atteintes au droit, des conséquences physiques, morales, juridiques, sociales des politiques européennes et françaises d’éloignement et d’enfermement des étrangers.

    Dans ces politiques, les migrants deviennent des objets et non des sujets. Cette pratique provoque des actes de désespoir et des drames humains dans les centres de rétention administrative : automutilations, tentatives de suicides, incendies, révoltes, …

    Fort de ces expertises et témoignages, l’Observatoire de l’enfermement des étrangers a mis en place une plateforme de revendications qui rappelle que :

     

    « …la conception des lieux d'enfermement, leur gestion et les pratiques qui s'y développent imposent aux personnes retenues des contraintes ou privations de droits qui vont très au-delà de ce qui serait strictement nécessaire pour satisfaire la volonté de l'administration de maintenir ces personnes à sa disposition.

    Bien qu'exclusivement dédiés à la mise en œuvre de procédures de refoulement ou d’éloignement des étrangers, les zones d’attente et autres lieux de rétention concentrent ainsi, en réalité, tous les dispositifs et tous les comportements qui confèrent une dimension carcérale et punitive, à leur enfermement.

    Ces dérives sont largement facilitées par le secret qui entoure les lieux d'enfermement et par l'isolement dans lequel les étrangers y sont maintenus…. »

     Malgré l’opacité qui entoure ces espaces, de nombreuses situations de violences sont régulièrement mises en lumière et dénoncées par les associations et citoyen-ne-s intervenant dans l’ensemble du dispositif de rétention/détention des étrangers. Il est par ailleurs vraisemblable que les violences et, au-delà, les situations de souffrance liées à l’enfermement, subies par des personnes qui n'ont rien à se reprocher pénalement, génèrent un sentiment d'injustice qui accroît encore leur détresse.

    Par ces dispositifs, nous laissons prospérer la possibilité de priver de liberté un individu et de déterminer radicalement le cours de sa vie, sur une simple décision administrative. Dans une République démocratique, seule la justice devrait avoir ce pouvoir. 

     

     

    Emmanuel BOUHIER

    Porte-parole CIMADE 63

     http://www.lacimade.org/nouvelles/4866-Souffrance-et-violences-dans-les-lieux-d-enfermement-des--trangers

     http://observatoireenfermement.blogspot.fr/p/plateforme-de-revendications.html

     

     


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