• Chronique Cimade pour RCF 2 octobre 2015 : Le migrant, le réfugié et l’étranger...

    L’élan populaire en faveur de l’accueil des réfugiés a provoqué la réaction de ceux qui voient dans l’étranger une menace bien pratique.

     

    L’élan populaire en faveur de l’accueil des réfugiés a provoqué la réaction de ceux qui voient dans l’étranger une menace bien pratique.

     

    Aussitôt, ne voulant pas s’opposer frontalement à l’opinion publique mais voulant mettre le holà à cette générosité, ils ont brandi l’argument: “les réfugiés d’accord mais pas les migrants ! C’est pas pareil... ”

     

    Le diable est dans le détail.

     

    Certains ont même pousser le vice jusqu’à ne vouloir accueillir que les chrétiens. Position bien peu chrétienne s’il en est ! Imaginez le Christ refusant d’accueillir quelqu’un sous prétexte de son origine ! Lui qui a enseigné aux femmes, aux collecteurs d’impôts, aux prolétaires, aux Samaritains, aux Syro-phéniciens et même aux Romains !

     

    Un autre, fidèle à sa culture de la confusion volontaire, a réclamé un asile restreint aux réfugiés de guerre.... Restriction impossible et mensongère au regard de notre Constitution et de la convention de Genève. Pour ceux-là, le mensonge est un instrument de séduction. Ils s’amusent à chauffer l’ignorance au feu de la peur quitte à provoquer la haine qui détruira les idéaux de la République et de la Démocratie.

     

    Car enfin, une vie vaut une autre vie, pas plus pas moins. Chaque humain a une valeur intrinsèque, une valeur en soi, c’est en cela qu’ils sont égaux. Il n’y a pas de bons ou de mauvais migrants. La mort ne demande pas le dossier de demande d’asile...

     

    Il y a le réfugié au sens juridique qui doit correspondre à un cadre, nécessairement imparfait, suite à une évaluation, nécessairement faillible puisque humaine.

     

    Il y a le réfugié au sens des valeurs : celui qui quitte son lieu de vie sous la pression de conditions matérielles et sociales devenues invivables pour des raisons sanitaires, écologiques, alimentaires, sécuritaires ou économiques. En quoi il serait légitime de faire une distinction ? Pourquoi celui qui fuit un pays où il ne peut assurer sa subsistance serait plus indésirable que celui qui fuit une épidémie ou une terreur ?

     

    Tous ceux dont la migration est forcée par les conditions matérielles et sociales sont des réfugiés. Ceux que l’on pourrait appeler “migrants économiques”, c’est nous : ceux pour qui la migration est plus un projet de vie qu’une question de survie.

     

    Ceux qui sont près à mourir sur les routes de l’exil ne sont pas des migrants économiques, ce sont des réfugiés qui ne rentrent pas dans notre cadre juridique.

     

     

     

    Emmanuel Bouhier

     

    porte-parole cimade63

     

     

     

    http://www.lacimade.org/nouvelles/5539-Lettre-ouverte-au-Pr-sident-de-la-R-publique-sur-l-accueil-des-r-fugi-s-et-des-migrants-en-France-et-en-Europe

     

    http://cimade63.blogg.org/chronique-du-26-mars-jesus-change-son-regard-sur-l-etranger-a116378734

     

    http://www.huffingtonpost.fr/2015/09/23/refugies-difference-migrants-economiques_n_8144224.html

     

    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2015/09/07/25001-20150907ARTFIG00326-deux-maires-les-republicains-preferent-accueillir-des-refugies-chretiens.php

     

    http://www.liberation.fr/politiques/2015/09/10/sarkozy-veut-la-creation-d-un-statut-de-refugie-de-guerre-qui-existe-deja_1379916

     

    http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Refugies-ou-migrants-economiques-le-dilemme-de-l-accueil-2015-09-15-1356626

     

    http://www.slate.fr/story/107139/france-images-migrants

     

    http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/termes-clandestins-migrants-refugies-porteurs-stigmates/story/27525908