• Chronique cimade du 17 avril 2015 pour RCF : Engagement #4 : choisir son engagement.

    Chronique cimade du 17 avril 2015 pour RCF : Engagement #4 : choisir son engagement.

     

    Nous en sommes à la 4ème chronique de cette série sur l’engagement. La dernière fois, en prenant l’image du champ de force, on comprenait comment un engagement pouvait être efficace, surtout il était mis en lumière que toute action même non inscrite dans un engagement conscient, favorisait une direction particulière au cours de l’Histoire.

    L’Homme libre, conscient  ou sage, appelons-le comme on veut, sera alors celui qui sera capable d’être, en toute circonstance, cohérent entre ses actes, même les plus simples et sa philosophie, sa vision particulière de l’Humain dont nous avons vu l’importance lors de la 2ème chronique.

    Cet Homme-là n’existe certainement pas, la tâche serait probablement invivable. Cependant, son impossibilité ne doit pas nous faire renoncer à nous mettre en chemin pour progresser vers cet idéal personnel et universel.

    Alors, cheminons et commençons par choisir un ou plusieurs domaines qui mobilisent le plus notre attention, notre affection et notre sensibilité.  Nous ne pouvons mener tous les combats, être de toutes les luttes, embrasser toutes les causes, être de tous les chantiers. Il faut être conscient que c’est une affaire collective, que d’autres s’engagent pour des causes auxquelles nous sommes sensibles et alors nous viendrons ajouter notre force à la leur quand ils en auront besoin pour influer dans le champ des forces. Ce qui sous-entend qu’il nous faut entretenir des liens sociaux entre engagés, qu’il faut réserver de l’attention à ceux qui œuvrent pour les causes auxquelles nous sommes sensibles. Etre à l’écoute, faire partie d’un réseau, c’est déjà une forme d’engagement.

    Comment choisir la cause qui va bénéficier de notre engagement ? Il faut je pense, prendre conscience de ce que l’on ne veut pas ou plus. Ce qui nous indigne ou nous révolte. C’est une première séparation du bon grain et de l’ivraie. On peut alors avoir une démarche plus positive en cherchant ce pourquoi on est « pour ». Ensuite l’engagement dans une cause particulière est affaire d’histoire personnelle, de compétences particulières, de rencontres, d’opportunités, bien sûr de sensibilité plus grande pour telle ou telle cause ou parfois un élément déclencheur fort : l’expérience d’une émotion intense, positive ou négative face à une situation extra-ordinaire donnée.

    Ceci suppose de se disposer à cette rencontre. Rencontre avec sa propre sensibilité, rencontre avec autrui, avec l’étrange, l’inconnu.

    C’est à ce moment-là que l’Humain se met vraiment sur le chemin, quand il s’ouvre, quand il abandonne pour partie sa vie pour soi seul.

    Alors n’ayez pas peur ! Tentez l’expérience humaine de l’engagement, elle vous transformera et vous enrichira. Explorez vos causes sensibles …

    … et n’oubliez pas le philosopher pour nourrir votre engagement et votre liberté !

     

    Emmanuel BOUHIER

    porte-parole cimade63