• Chronique Cimade du 14 novembre 2014 : Festival Migrant'Scene

    Dans notre société française fragmentée par les injustices, les inégalités et la peur du déclassement, certains désignent aujourd’hui et depuis 10ans, l’étranger comme un bouc émissaire… Et demain, ce sera qui ? …

    Ne perdons pas le point de vue de l’Humanité. Dans ces périodes troublées, la tentation est grande de réduire son champ de vision à sa propre sphère, puis celle de sa famille et enfin celle de son pays. Par cet angle de vue, la réalité est déformée par le prisme des intérêts particuliers, catégoriels ou claniques. Nous marchons alors vers la division.

    Dans ces périodes troublées, il faut plus que jamais croire à ce que nous croyions quand les jours étaient beaux, il faut conserver une hauteur de vue, considérer l’intérêt de la Création, puis celle de l’Humanité pour se positionner et comprendre le réel, le quotidien.

    Quitter son pays n’est pas une déclaration d’hostilité, c’est un droit inscrit à la DUDH. Ce qui implique un devoir d’hospitalité et de bienveillance de la part des Etats.

    L’étranger, c’est l’un de nous, il vit ici, participe à la vie commune, notre quotidien est aussi fait de lui.

    L’étranger est là, depuis toujours, … le France n’a jamais été hermétique aux mouvements de populations. Durant toute son histoire la France a vu ses frontières et son peuple en perpétuel mouvement. L’étranger est aussi un des bâtisseurs de la France naît de la diversité des idées et de ses habitants. La France n’est pas figée, elle est vivante et l’étranger est un des catalyseurs de cette vie.

    La crise économique est là, oui. La crise sociale aussi, la crise environnementale, la crise morale même, pourquoi pas. Mais ce n’est certainement pas en s’aveuglant par la désignation d’un bouc-émissaire que nous parviendrons à y faire face. La crise ou les crises ne connaissent pas les nationalités, elles se nourrissent des désordres, des dérégulations, de l’abdication des pouvoirs politiques devant les pouvoirs économiques. L’étranger n’est pas la cause du problème mais il fait certainement partie de la solution car c’est ensemble et unis que nous pourrons construire un avenir commun et faire vivre l’idéal d’une humanité accomplie.

    Pour faire partager cette vision des choses, le groupe local de la cimade organise le festival Migrant’Scene dont vous pouvez trouver le programme sur notre blog.

     

    Emmanuel BOUHIER

    Porte-parole Cimade 63


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