• cercle de silence du 16 décembre : 2 ans déjà

    2 ans… Déjà 2 ans … Depuis le 18 décembre 2008, nous nous réunissons tous les 3ème jeudis de chaque mois, sur la place de Jaude de 18h30 à 19h00, nous nous disposons en cercle et nous faisons silence…

     

    Dans plus de 100 villes en France ce genre de phénomène apparaît.

    Pourquoi ce silence ?

     

    Silence pour montrer notre désaccord et notre réprobation quant à la politique d’immigration du gouvernement. En effet, celle-ci, tirée par des objectifs chiffrés d’expulsions, fait oublié aux politiques et à l’Administration, les principes élémentaires de protection, de droit de la défense, du respect de l’intégrité physique…

    Plus précisément quels sont les conséquences de cette politique :

    • 1 le droit d’asile est devenu une loterie,

    # Les officiers de l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides) sont précarisés dans leur statut pour être soumis aux objectifs politiques du gouvernement plutôt que d’avoir le soucis de répondre à l’esprit des conventions internationales sous la protection d’un statut particulier.

    # Il est fait abusivement usage de la procédure dite « prioritaire » qui est en fait « expéditive ». Dans cette procédure le demandeur d’asile a moins de temps pour rédiger son récit en Français, n’a pas le droit au centre d’accueil, ni à un titre provisoire de séjour, ni à l’allocation d’attente qui est de 10€ par jour environ. Or 70 % des recours qui proviennent de procédures prioritaires expéditives font l’objet d’un accord de protection, c’est dire l’incongruité de cette procédure prioritaire expéditive.

     

    • 2 les couples franco-étrangers connaissaient de grandes difficultés

    # Difficulté à faire retranscrire un mariage en droit français

    # Si le conjoint n’a pas eu une entrée régulière il doit retourner dans son pays demander un visa long séjour pour pouvoir vivre en famille, l’attente de ce visa, séparé de sa famille peut durer de 6 mois à 2 ans.

     

    • 3 les étudiants étrangers sont interrompus dans leurs cursus

    # Le titre de séjour étant assujettie à la réalité des études, les préfectures s’octroient des compétences pédagogiques qu’ elles n’ont pas. En effet, si une Université accorde à un étudiant la poursuite de ses études, en quoi une Préfecture serait plus compétente pédagogiquement pour mettre un terme à ces mêmes études ?

    #De plus, les non renouvellements de titre et les Obligations à Quitter le Territoire (OQTF) sont généralement notifiés en cours d’année, on ne laisse même pas ces étudiants finir ce qu ‘ils ont entamé…

     

    • 4 les enfants sont privés de liberté dans les Centre de Rétention

    # la convention internationale des droits de l’enfant, oblige les états signataires à respecter l’intérêt suprême de l’enfant. Ne pas être séparé de ses parents est inclus dans cet intérêt suprême. C’est ainsi que c’est justifié l’enfermement des enfants en centre de rétention. Mais est-ce de l’intérêt suprême de l’enfant que d’être dans un lieu de privation de liberté ?

     

    • 5 la situation médicale et sanitaire est ignorée pour les étrangers

    # L’Aide Médicale d’Etat subit régulièrement des attaques pour son accessibilité, actuellement un projet consiste à en faire la demande en Préfecture, à la réduire aux soins vitaux et à la condition à un droit d’entrée de 30 €

    # Le séjour au titre de la santé se voit lui aussi restreint, quand il était attribué lorsque le traitement n’était pas accessible dans le pays d’origine, la volonté aujourd’hui est de la restreindre aux cas où le traitement n’est pas présent dans le pays d’origine, quel qu’en soit son coût et sa distribution sur le territoire.

     

    En complexifiant toujours plus la loi et donc les conditions pour la régularité du séjour, de plus en plus de gens, hier réguliers, deviennent irréguliers. Il est ainsi plus facile d’atteindre les objectifs d’expulsion quand la population d’expulsables est plus importante.

     

    Cette machine infernale qui brisent des destins et humilie les humains, est faiteen notre nom.

    Nous ne sommes pas d’accord.

    Nous avons une autre notion de l’hospitalité et du respect qui sont dûs à tout être humain.

     

    Nous faisons Silence, pour montrer notre solidarité envers tous ceux qui sont victimes de l’injustice de ces lois et des pratiques administratives.

     

    Nous faisons Silence, pour interpeller nos concitoyens et les inviter à se joindre à nous et montrer une résistance pacifique et citoyenne.

     

    Venez faire silence avec nous tous les 3ème jeudi de chaque mois place de jaude de 18h30 à 19h.