• 8eme chronique (10/12/12) sur les pays d'origine pas si sûrs : la Macedoine

    écouter la chronique : http://podcast.rcf.fr/emission/449029/482226

     

    8ème volet de notre série sur les pays d'origine sûrs, aujourd'hui je vous propose d'étudier le cas de la Macédoine.

    Avant celà, rappelons brièvement ce qu'est cette liste de pays d'origine sûrs. Cette liste a été instituée en 2004. Cette liste est censée regrouper les pays supposés respecter les principes suivants : 

    - libertés fondamentales, 

    - démocratie, 

    - état de droit, 

    - droits de l'Homme.

    Lorsqu'un demandeur d'asile est ressortissant d'un de ces pays, il n'a pas accès à la procédure normale du traitement de sa demande, mais à une procédure dite "prioritaire" qu'il faut comprendre par "expéditive". 

    En effet, dans cette procédure, un entretien n'est pas obligatoire, le délai de constitution du dossier est plus court, l'OFPRA a moins de temps pour répondre et le demandeur a moins de droit et quasiment aucune aide.

    La notion de pays sûrs pose un problème de fond : l'Administration présume ainsi du caractère infondé de la demande et opère une discrimination d'origine.

    Outre la notion même, la constitution de cette liste pose aussi problème. C'est l'objet de cette série de chroniques, voyons donc le cas de la Macédoine.

     

    La Macédoine est classée au 94ème rang mondial du respect de la liberté de la presse par Reporter Sans Frontière. L'Institut pour l'économie et la paix la classe au 78ème rang mondial de l'indice de paix. 

     

    Le rapport 2011 d'Amnesty International nous apprend que les progrés de la Macédoine en matière d'indépendance du pouvoir judiciaire et de liberté de la presse sont insuffisant pour la Commission Européenne. La Commission s'est déclarée préoccupée par les ingérences de l'exécutif dans les affaires de justice. Les affaires de crimes de guerre confiées à la Macédoine par Tribunal Pénal International en 2008 n'avancent quasiment pas.   

     

    Le rapport d'Amnesty fait aussi état de tortures et mauvais traitements dans les hôpitaux psychiatriques, foyers sociaux et dans les lieux de détention.  

    Concernant les Rroms, le Comité des Droits de l'Enfant (ONU) s'est inquiété en juin du fait que les enfants Rroms et les enfants réfugiés n'avaient toujours pas de papiers d'identité ni de documents attestant leur enregistrement par les pouvoirs publics. Il dénonçait les discriminations dont étaient victimes les mineurs issus de minorités, en particulier les Rroms et notamment les enfants des rues et les enfants handicapés. 

     

    Quelque 320 000 personnes, notamment des Rroms, vivaient toujours dans des installations de fortune, souvent sans eau potable ni équipement sanitaire. 

     

    Alors NON, la Macédoine n'est pas une pays sûrs. 

    La liste des pays sûrs, comme la procédure prioritaire doit être abolie.

     

    Emmanuel BOUHIER

    pdt cimade63

     

     

    http://www.amnesty.org/fr/region/macedonia/report-2011

    http://fr.rsf.org/press-freedom-index-2011-2012,1043.html

    http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2011/05/2011-GPI-Results-Report-Final.pdf