• 6eme chronique de la série sur la liste des pays d'origine sûrs : le Ghana. 19 nov 2012

    http://podcast.rcf.fr/emission/449029/468686  

    En France, selon leur pays d'origine, les demandeurs d'asile n'ont pas accès à la même procédure de traitement de leur demande. Sous prétexte de lutter contre des présupposés abus, les précédents gouvernements de l'ère Sarkozy ont institué une liste de "pays d'origine sûrs". Si le demandeur d'asile est ressortissant d'un de ces pays, il n'a pas accès à la procédure normale mais à la procédure dite "prioritaire". Il ne faut pas comprendre "prioritaire" comme "privilégiée" mais plutot comme "expéditive". En effet, dans cette procédure expéditive, les droits des demandeurs d'asile sont restreints, l'entretien à l'OFPRA n'est pas obligatoire et la décision est trop rapide pour être tout à fait honnête, sincère et équitable. Sur ces pays d'origine sûrs nous avons déjà fait plusieurs chroniques, celle d'aujourd'hui va traiter du Ghana.

    Le rapport d'Amnesty International pour l'année 2011 nous indique que la liberté d'espression est de plus en plus menacée dans ce pays. Plusieurs muilliers de personnes ont subi une expulsion forcée et des milliers d'autres sont menacées du même sort. La Justice Péname s'applique avec lenteur. Les établissements pénitentiaires sont surpeuplés et manquent de moyens. Les violeces contre les femmes demeurent ganaralisées. 

    Les violences interethniques de février à avril 2011 dans le district de BUNKPURUGU YUNYOO au nord du pays oint fait au moins 5 morts. Plusieurs milliers de personnes ont fui leur foyer et certaines se sont réfugiées au Togo voisin. En mai, des violences intercommunautaires à BAWKU (Nord Est) ont fait là encore au moins 5 morts et plusieurs maisons incendiées. Ces violences persistantes ont déstabilisé l'économie et ont entrainé des pénuries alimentaires. Environ 2000 familles avaient besoin d'une aide alimentaire. 

    Concernant la liberté d'expression, au moins 6 personnes ont été arrêtées et placées en détention pour fait de presse. Notamment AMINE MOHAMMAD qui a été arrêtée après avoir déclaré à l'antenne d'une station de radio locale de TEMA que des vols à main armée et des viols avaient été commis dans un bus.

    Rappelons que le Ghana pratique toujours la peine de mort. S'il n'y a eu aucune exécution en 2011, 17 personnes ont été condamnées à mort par pendaison et au total 123 condamnés attendent dans les couloirs de la mort. Alors, NON, le Ghana n'est pas un pays sûr. La liste de l'OFPRA est entâchée d'erreur. Elle doit disparaître tout comme la procédure expéditive dite "prioritaire".

     

    Emmanuel BOUHIER

    cimade 63

     

    http://cimade63.blogg.org/

    http://www.amnesty.org/fr/region/ghana/report-2011 


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