• 15éme chronique de la série sur les pays d'origine sûrs, la Tanzanie. chronique du 18 février 2013

    http://podcast.rcf.fr/emission/449029/

     

     

    Cette 15éme chronique de la série sur les pays d'origine sûrs, portera sur la Tanzanie.

    Avant celà, rappelons brièvement ce qu'est cette liste de pays d'origine sûrs. Cette liste est censée regrouper les pays supposés respecter les principes suivants : 

    - libertés fondamentales, 

    - démocratie, 

    - état de droit, 

    - droits de l'Homme.

    Lorsqu'un demandeur d'asile est ressortissant d'un de ces pays, il n'a pas accès à la procédure normale du traitement de sa demande, mais à une procédure dite "prioritaire" qu'il faut comprendre par "expéditive". 

    En effet, dans cette procédure, un entretien n'est pas obligatoire, le délai de constitution du dossier est plus court, l'OFPRA est limitée dans le temps pour répondre et le demandeur a moins de droit et quasiment aucune aide.

    La notion de pays sûrs pose un problème de fond : l'Administration présume ainsi du caractère infondé de la demande et opère une discrimination d'origine.

    Outre la notion même, la constitution de cette liste pose aussi problème. C'est l'objet de cette série de chroniques, voyons donc le cas de la Tanzanie.

     

    Le rapport d'Amnesty International pour l'année 2012 fait état d’homicides illégaux, de torture et d’autres mauvais traitements commis par des agents de la force publique, notamment des policiers, au cours d’opérations de sécurité menées dans certaines régions du pays. Plus de 20 personnes seraient mortes des suites de blessures par balles, lorsque des policiers ont recouru à une force meurtrière pour réprimer des manifestations ou empêcher des individus d’accéder illégalement à des sites d’extraction minière.

     

    La violence sexuelle et d’autres formes de violence liée au genre, en particulier la violence domestique, étaient toujours monnaie courante en Tanzanie. Leurs auteurs étaient rarement poursuivis en justice. La pratique des mutilations génitales féminines était toujours très répandue dans certaines régions.

     

    En matière de liberté d'expression, les textes de lois en vigueur accordent aux autorités le pouvoir de limiter le travail des médias en s’appuyant sur des dispositions et notions vagues et mal définies, telles que « l’intérêt public », « l’intérêt de la paix et de l’ordre public » et « les intérêts de la sûreté nationale ».

     

    Concernant la peine de mort, les tribunaux ont continué de prononcer cette sentence pour des infractions emportant ce châtiment. Aucune exécution n’a eu lieu au cours de l’année. Une requête contestant la constitutionnalité de la peine de mort, déposée en 2008 par trois organisations de la société civile, était toujours en instance devant la Haute Cour.

     

     

    Alors NON la Tanzanie n'est pas un pays sûr. Le recours à cette liste est une atteinte au droit d'asile, il doit être abandonné. 

     

    Emmanuel BOUHIER

    Cimade63

     

     

    source : http://www.amnesty.org/fr/region/tanzania/report-2012


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