• 13eme chronique sur les pays pas si sûrs : le Sénégal. chronique du 4 fevrier

    à écouter ici : http://podcast.rcf.fr/emission/449029/521521

     

    Cette 13éme chronique de la série sur les pays d'origine sûrs, portera sur le Sénégal.

    Avant celà, rappelons brièvement ce qu'est cette liste de pays d'origine sûrs. Cette liste est censée regrouper les pays supposés respecter les principes suivants : 

    - libertés fondamentales, 

    - démocratie, 

    - état de droit, 

    - droits de l'Homme.

    Lorsqu'un demandeur d'asile est ressortissant d'un de ces pays, il n'a pas accès à la procédure normale du traitement de sa demande, mais à une procédure dite "prioritaire" qu'il faut comprendre par "expéditive". 

    En effet, dans cette procédure, un entretien n'est pas obligatoire, le délai de constitution du dossier est plus court, l'OFPRA est limitée dans le temps pour répondre et le demandeur a moins de droit et quasiment aucune aide.

    La notion de pays sûrs pose un problème de fond : l'Administration présume ainsi du caractère infondé de la demande et opère une discrimination d'origine.

    Outre la notion même, la constitution de cette liste pose aussi problème. C'est l'objet de cette série de chroniques, voyons donc le cas du Sénégal.

     

    Le rapport d'Amnesty International pour l'année 2012 nous informe que le Sénégal connaît toujours des exactions en Casamance et que la vie politique de ce pays est loin d'être tout à fait pacifiée.

    Sur la Casamance, en novembre dernier, 10 civils ont été abattus lors d'affrontements entre le Mouvements des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) et l'Armée.

     

    Concernant la répression politique, tout au long de l'année, les autorités ont répondu pour la force aux manifestations de protestation contre la situation politique et économique du pays, notamment contre un éventuel 3eme mandat de l'ex président Wade. En juin, des affrontements violents ont opposé à Dakar la police antiémeute à des manifestants qui dénonçaient un projet de loi visant à modifier les règles du scrutin présidentiel. En octobre, le chef de file d'un mouvement affilié au Parti Socialiste a été condamné à 2 ans d'emprisonnement pour avoir exhorté les membres du Conseil constitutionnel à ne pas accepter la candidature du président Wade à un troisième mandat.

     

    Plusieurs cas de torture et de mauvais traitements ont été recensés. En septembre, 3 jeunes hommes ont été brutalisés et blessés par des gendarmes dans la banlieue de Dakar.

     

     

     

    Alors NON le Sénégal n'est pas un pays sûrs. Pour un Droit d'asile conforme à l'esprit de la Convention de Genève, cette liste de pays sûrs doit être abandonnée.

     

    Emmanuel BOUHIER

    cimade63

     

     

    ressource : http://www.amnesty.org/fr/region/senegal/report-2012