• 12eme chronique sur les pays soit disant sûrs : le Montenegro RCF le 28 janvier 2013

    http://podcast.rcf.fr/emission/449029/517309

     

    Cette 12éme chronique de la série sur les pays d'origine sûrs, portera sur le Montenegro.

    Avant celà, rappelons brièvement ce qu'est cette liste de pays d'origine sûrs. Cette liste est censée regrouper les pays supposés respecter les principes suivants : 

    - libertés fondamentales, 

    - démocratie, 

    - état de droit, 

    - droits de l'Homme.

    Lorsqu'un demandeur d'asile est ressortissant d'un de ces pays, il n'a pas accès à la procédure normale du traitement de sa demande, mais à une procédure dite "prioritaire" qu'il faut comprendre par "expéditive". 

    En effet, dans cette procédure, un entretien n'est pas obligatoire, le délai de constitution du dossier est plus court, l'OFPRA est limitée dans le temps pour répondre et le demandeur a moins de droit et quasiment aucune aide.

    La notion de pays sûrs pose un problème de fond : l'Administration présume ainsi du caractère infondé de la demande et opère une discrimination d'origine.

    Outre la notion même, la constitution de cette liste pose aussi problème. C'est l'objet de cette série de chroniques, voyons donc le cas du Montenegro.

     

    Le rapport d'Amnesty International pour l'année 2011 nous informe que les procès pour crimes de guerre se poursuivaient impliquant des militaires ou des policiers, mais rares étaient les hauts gradés qui avaient été inculpés

     

    Au mois de janvier, deux détenus de la prison de Spuž, ont déposé une plainte contre des surveillants de l’établissement, les accusant de les avoir maltraités et de les avoir menacés pour les obliger à retirer une plainte précédente. Cette première plainte avait été rejetée par la procureure générale en février. Celle-ci avait estimé qu’il n’existait pas d’éléments permettant d’engager des poursuites, même après avoir visionné une vidéo de surveillance de la prison qui montrait des gardiens en train de frapper les deux hommes et de les traîner hors de leurs cellules.

     

    Cette année là encore, des journalistes et certaines ONG ont fait l’objet de menaces et d’actes d’intimidation. Plusieurs responsables des pouvoirs publics ont intenté des procès en diffamation contre des journalistes, dont certains ont été condamnés à de lourdes peines d’amende, parfois supérieures au maximum prévu par la loi (14 000 euros). Les ONG, comme les professionnels de la presse, considéraient que les modifications de la Loi sur la liberté d’information, proposées en juin, limitent la liberté d’expression et l’accès à l’information.

     

    Les Roms ne pouvaient toujours pas jouir de leurs droits économiques et sociaux. Faute de logements décents, beaucoup vivaient dans des conditions insalubres. Ainsi, en octobre, deux enfants roms qui habitaient dans un camp de fortune installé sur une décharge, sont morts dans l’incendie de leur cabane, construite en carton goudronné.

     

     

    Alors NON le Montenegro n'est pas un pays sûrs. Cette liste doit être abandonnée.

     

    Emmanuel BOUHIER

    cimade63

     

    http://www.amnesty.org/fr/region/montenegro/report-2011

     

    http://www.amnesty.org/fr/region/montenegro/report-2012


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