• 10eme chronique sur les pays d'origine (pas si ) sûrs : la MOLDAVIE

    Avant de vous livrer la 10ème chronique sur les pays d'origine soit disant sûrs, permettez moi de vous souhaiter, de nous souhaiter, pour cette nouvelle année des progrès concrets et réels vers une société fraternelle, hospitalière où l'Homme n'est ni réduit à une ressource profitable ou une valeur d'ajustement mais un projet de réalisation de l'amour Divin dans la réalité sociale.

    Cette 10éme chronique de la série sur les pays d'origine sûrs, portera sur la Moldavie.

    Avant celà, rappelons brièvement ce qu'est cette liste de pays d'origine sûrs. Cette liste est censée regrouper les pays supposés respecter les principes suivants : 

    - libertés fondamentales, 

    - démocratie, 

    - état de droit, 

    - droits de l'Homme.

    Lorsqu'un demandeur d'asile est ressortissant d'un de ces pays, il n'a pas accès à la procédure normale du traitement de sa demande, mais à une procédure dite "prioritaire" qu'il faut comprendre par "expéditive". 

    En effet, dans cette procédure, un entretien n'est pas obligatoire, le délai de constitution du dossier est plus court, l'OFPRA est limitée dans le temps pour répondre et le demandeur a moins de droit et quasiment aucune aide.

    La notion de pays sûrs pose un problème de fond : l'Administration présume ainsi du caractère infondé de la demande et opère une discrimination d'origine.

    Outre la notion même, la constitution de cette liste pose aussi problème. C'est l'objet de cette série de chroniques, voyons donc le cas de la Moldavie.

     

    Le rapport 2011 d'Amnesty international, nous informe que dans ce pays, les mauvais traitements pendant la garde à vue, y compris la torture, restaient monnaie courante. Les pouvoirs publics n'enquêtent pas de manière impartiale et dans les meilleurs délais sur les faits signalés, les policiers coupables échappent à toute sanction.

    Le comité contre la torture de l'ONU  se disait particulièrement préoccupé par ces pratiques et appelait les autorités à condamner publiquement  la pratique de la torture. Ce comité dénonçait aussi le fait que l'autorité responsable des interrogatoires et celle chargée de la détention ne sont pas séparées l'une de l'autre, ce qui favorise la pratique de la torture et les mauvais traitements.

    Dans les procès mettant en cause des policiers pour des faits de torture, des avocats et des ONG accusent les autorités de faire trainer les procédures et de ne pas communiquer les pièces des dossiers.

     

    Les défenseurs des droits des homosexuels subissent des atteintes à leur liberté d'expression. Leurs manifestations sont interdites ou délocalisées sous la pression de groupes religieux ou politiques qui eux organisent des contre-manifestations le même jour et au même lieu. Alors que les manifestations pour les droits LGBT ne sont pas autorisées pour raison officielle de sécurité, leurs opposants sont eux autorisés à organiser des contre-manifestations.

     

    Alors NON la Moldavie n'est pas un pays sûr. Elle doit être retirée de cette liste qui elle même doit être abandonnée pour que le droit d'asile jouisse d'un procédure équitable.

     

     

    Emmanuel BOUHIER

    pdt Cimade63

     

    http://www.amnesty.org/fr/region/moldova/report-2011