• 1 minute... 24 personnes doivent fuir... Chronique cimade 63 pour RCF du 24 juin 2016

    Le 20 juin c'était la journée mondiale des réfugiés. L'occasion pour les ONG et organismes internationaux de rappeler certaines réalités et certaines responsabilités que nous devons porter collectivement.
    L'UNICEF a réitéré son appel pour la protection des enfants non accompagnés notamment à Calais.
    Le Haut Commissariat aux Réfugiés, le HCR, a fait part de ses dernières statistiques 2015 : 65.3 millions de personnes soit 1 humain sur 113, sont déracinés par un conflit ou une persécution, à travers le monde. Chaque minute, 24 personnes sont forcées de fuir ; c'est 4 fois plus qu'il y a 10 ans ! L'augmentation entre 2014 et 2015 est de 8.9%.
    Le HCR dénonce la fermeture des frontières qui provoque la mort sur les chemins de l'exil.
    La population mondiale des exilés représente plus que les populations du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle Zélande réunies.
    Les pays industrialisés n'accueillent que 4.9 % de cette population soit 3.2 millions de demandeurs d'asile. La quasi totalité se réfugie à l'intérieur de leur pays ou dans les pays limitrophes dans des situations très précaires et potentiellement dangereuses.
    3 pays génèrent la moitié des réfugiés : la Syrie avec 4.9 millions, l'Afghanistan avec 2.7 millions et la Somalie avec 1.1 millions. Dans le monde entier, la Turquie est le plus important pays d'accueil avec 2.5 millions de réfugiés. Et le Liban est le pays qui accueille le plus par rapport à sa population avec 1 réfugiés pour 5 citoyens.
    Ces chiffres montrent 2 choses : que le monde n'est pas sur une voie de pacification et que les pays riches sont très loin d'accueillir "la misère du monde" comme il est dit abusivement, ils peinent même à en prendre leur part... La misère s'accueille elle-même.

    Face à cette situation, 87 organisations non gouvernementales ont signé un manifeste qui demande, une nouvelle fois, au gouvernement de prendre les mesures à la hauteur des enjeux tant humanitaires que philosophiques, de respecter les engagements internationaux et de favoriser un accueil pérenne et digne des personnes forcées à fuir la guerre et les persécutions.


    Ensemble, disons tout haut que nous sommes #AvecLesRéfugiés

    Emmanuel BOUHIER
    Porte-Parole Cimade 63

     

    http://www.un.org/fr/events/refugeeday/resources.shtml

    http://www.unhcr.org/fr/news/stories/2016/6/57641727a/deplacements-populations-precedent-travers-monde.html

    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2016/06/20/001-rapport-hcr-deplaces-record-2015.shtml

    http://www.ldh-france.org/accueil-digne-respectueux-droits-fondamentaux-etrangers-en-france/

    http://jenesuispasjohnny.fr/page/episode?pageId=1

     


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    Le 7 juin dernier à 15h, sous le signe du voyage et de la générosité de l’administration française, les Charter Awards récompensaient les préfectures qui se sont illustrées en 2015 par leurs pratiques illégales ou abusives. 15 préfectures nominées en lice pour les 10 prix décernés par La Cimade et ses partenaires.

     

    La Cimade constate régulièrement des pratiques illégales ou abusives en matière d’enfermement et d’expulsion des personnes étrangères. Enfermement en rétention de familles avec enfants mineurs, expulsion de personnes gravement malades, dispersion des exilés de Calais abusivement emmenés dans ces lieux de privation de liberté, expulsion vers des pays en guerre, enfermement de ressortissants Français ou de personnes en situation régulière, etc.

    À Bobigny, Bordeaux, Nantes, Poitiers, Toulouse, en Guadeloupe et en Guyane, des délégations de La Cimade se sont rendues le 7 juin dernier devant les préfectures pour leur remettre leur trophée. À 15h, la première cérémonie officielle des Charter Awards se déroule à Paris, à la Maison des métallos. Les présidentes de La Cimade, du Gisti, de Médecins du Monde, le président d’Emmaüs France et des membres du RESF étaient là pour révéler les préfectures gagnantes.



    Et le palmarès 2015 est :

    Pour le prix « Je vais bien, ne t’en fais pas » pour l'« Enfermement et expulsion de personnes gravement malades » : la  Préfecture de Loire-Atlantique
    Pour le prix « 48 heures chrono » pour l' «Enfermement et expulsion sans accès à la justice » : la  Préfecture de la Gironde
    Pour le prix « Fast and Furious » pour l' « Enfermement et expulsion en violation de la souveraineté des États » : la    Préfecture de la Guadeloupe
    Pour le prix « La quête du Graal » pour l' »Enfermement et expulsion d’exilés en quête d’asile » : la    Préfecture de la Guyane
    Pour le prix « Very Bad Trip » pour l' « Enfermement et expulsion de personnes en situation régulière ou de nationalité française » : la Préfecture de la Seine-Saint-Denis
    Pour le prix « Maman, j’ai raté l’avion » pour « la séparation des familles » : la Préfecture de Haute-Garonne
    Pour le prix « Péril jeune » pour l' « Enfermement et expulsion de mineurs isolés étrangers » : la Préfecture de la Vienne
    Pour le prix « Nos enfants chéris » pour l' « Enfermement et expulsion de familles accompagnées d’enfants mineurs » : la Préfecture du Doubs
    Pour le prix « Retour en enfer » pour l' « Enfermement et expulsion d’exilés en provenance de pays en guerre » : la Préfecture du Pas-de-Calais
    Et pour le prix « Tarzan, roi de la jungle » pour l' « Enfermement et expulsion : plus de 1200 exilés raflés à Calais et dispersé dans sept CRA » : la Préfecture du Pas-de-Calais

     

    Espérons que le prix 2016 sera intitulé « Welcome » ou « Va, vis et deviens »...

     

    Emmanuel BOUHIER

    Porte parole Cimade 63

     

    http://www.lacimade.org/presse/charter-awards-palmares-et-dossier-de-presse/

    Charter Awards – C’est arrivé près de chez vous Chronique cimade63 du 10 juin 2016

     

    ecouter la chronique  : https://soundcloud.com/user964010097/chronique10juin16


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    La loi française protège les personnes étrangères gravement malades, en leur offrant un droit au séjour, si les soins indispensables ne leur sont pas accessibles dans leur pays d’origine.

    Le préfet se prononce sur le droit au séjour au regard d’un avis émis par le médecin de l’agence régionale de santé (ARS). Cet avis, respectant le secret médical, indique au préfet si la personne encourt des risques graves en cas de retour dans son pays d’origine du fait de son état de santé. Et pour rendre cet avis, le médecin de l’ARS se voit remettre un rapport médical, document circonstancié détaillant la situation clinique de la personne malade, son besoin de prise en charge, etc.

    Lorsqu’une personne gravement malade souhaite demander ou faire renouveler son titre de séjour, elle doit faire établir ce rapport médical circonstancié par un médecin agréé par la Préfecture. Tous les médecins ne sont pas agréés et il y a peu de chance que le médecin traitant puisse établir ce rapport, pourtant c’est lui qui connaît le mieux la personne… Cette personne devra donc aller spécialement voir un médecin agréé, qui devra établir un rapport très détaillé pour une personne qu’il rencontre pour la première fois.

    C’est ici que le bât blesse : fréquemment, le médecin agréé considère que l’acte médical de rédaction d’un rapport circonstancié ne relève pas d’une simple consultation et applique une tarification spécifique, intégralement à la charge de la personne malade. Ces tarifs varient d’un médecin à un autre, mais atteignent souvent près d’une centaine d’euros, ce qui représente une somme colossale pour ces personnes généralement très précaires. Pourtant, dans une instruction du 10 novembre 2011 rappelée en mars 2014, le ministère de la santé indique bien que  la rédaction de ces rapports médicaux par les médecins agréés est prise en charge par l’assurance maladie.  Cette instruction reste donc largement méconnue ou inappliquée sur le terrain.

    Au-delà du problème de la tarification, le filtre obligatoire par le médecin agréé est, selon La Cimade, contre-productif : la qualité de l’information médicale contenue dans le rapport étant déterminante pour l’évaluation de l’état de santé par le médecin de l’ARS, comment imaginer qu’un médecin recevant pour la première fois un patient soit le mieux placé pour établir un tel rapport ?

    La Cimade plaide donc pour la suppression du dispositif d’agrément et pour la possibilité, pour les personnes demandant un titre de séjour pour soins, de faire établir le rapport médical circonstancié par le médecin qui les connaît le mieux.

     

     

    SOURCE


    POUR ECOUTER


  • Le Défenseur des Droits vient de publier un rapport de plus de 300 pages sur le traitement des étrangers notre pays.
    Je tiens à préciser tout de suite que le Défenseur des Droits n’est pas membre ou salarié de la Cimade et qu’il s’agit d’une fonction institutionnalisée de la République. Bien ....
    Que dit ce rapport ? Que la France discrimine ses étrangers... Ce que la Cimade observe et dénonce depuis tant d’années sans que la tendance ne s’inverse, même après une alternance gouvernementale. La dernière réforme du droit d’asile de 2015 et celle du droit des étrangers de cette année ne sont pas en rupture avec les lois précédentes et confortent encore la culture de suspicion et de méfiance pour ne pas dire d’hostilité envers les étrangers.
    Le rapport du Défenseur des Droits fait le bilan des saisines qui lui a été faites, des observations qu’il a rendues et des décisions de justice prises concernant les droits fondamentaux des étrangers.
    Dans son propos introductif, le Défenseur des Droits annonce la couleur : “C’est cette logique de suspicion qui irrigue l’ensemble du droit français applicable aux étrangers et va jusqu’à imprégner des droits aussi fondamentaux que ceux de la protection de l’enfance ou de la santé”.
    Les mots sont forts et ils sont étayés :
    - Pratiques illégales de municipalités subordonnant la délivrance de documents à des exigences non prévues par les textes
    - Refus de visa pour des visites familiales pour des motifs infondés comme le risque migratoire supposé
    - Subordination de la mise en place des mesures de protection de l’enfance aux résultats d’examens médicaux scientifiquement controversés
    - Défaut généralisé de délivrance de récépissé lors des dépôts de demande de titre de séjour : pas de récépissé, pas de preuve !
    La liste serait trop longue pour cette chronique alors je vous encourage à aller sur le site du Défenseur des Droits et de parcourir ce rapport.
    Il est temps de mettre fin à cette dérive qui menace les droits fondamentaux de tous !
     
     

    C’est pas moi qui le dit c’est le Défenseur des droits ! Chronique Cimade 63 pour RCF du 13 mai 2016

    Porte Parole Cimade 63

  • Depuis plus de 10 ans, nous subissons une accélération et une intensification des attaques contre le droit des étrangers en général et le droit d’asile en particulier. Illustrons le propos : la demande d’asile doit être faite en français et non dans la langue maternelle du demandeur, les conditions d’obtention des titres de séjour deviennent impossibles à réunir, introduction de l’inégalité de traitement avec la procédure d’asile dite « accélérée », marchandisation de l’assistance dans les centres de rétention, développement de la privation de liberté sur décision administrative, etc. En apparence, ces attaques ne concernent que les étrangers mais en créant des entorses, des exceptions dans nos principes démocratiques et républicains comme la séparation des pouvoirs, l’accès à un procès équitable, l’égalité de traitement, le respect de la dignité et du droit, en acceptant ces entorses, nous faisons entrer le loup dans la bergerie et aujourd’hui, demain, ce seront nos droits et libertés qui seront menacés, j’en veux pour preuve cet état d’urgence qui se perpétue contre toute justification technique. Nous sommes dans un champ de force et l’Histoire prend sa direction dans la résultante des forces en présence. Nous vivons un combat culturel où des logiques s’affrontent : la logique de suspicion contre celle de la bienveillance, la recherche du désengagement contre celle du développement des droits humains, la vision utilitariste des humains contre une vision universelle et fraternelle. Les crises et les conflits s’amplifient et se rapprochent, ils mettent en évidence le grand enjeu de civilisation devant nous : le progrès humain ou une nouvelle forme de barbarie.

    Dans ce contexte, quel est notre rôle ? à nous tous, citoyens et corps intermédiaires de la société civile, c’est-à-dire hors des institutions militaires ou politiques.

    D’abord un rôle de mesure du réel, observer ce qui se passe, recueillir de l’information, des témoignages, produire des données. L’accès à une information indépendante est primordial pour notre liberté. C’est ce que fait la Cimade et d’autres ONG à travers des rapports et enquêtes.

    A partir de cette information, le deuxième rôle tient de l’éducation populaire : expliquer, rendre intelligible ce qui se passe, analyser et proposer une lecture à la lumière de nos valeurs et principes.

    Enfin, c’est construire. Construire des mobilisations pour peser dans le fameux champ de force. Et construire des projets pour montrer que le réel peut être tout autre, que ce n’est pas une question de fatalité mais de volonté. Des projets et des actions comme les permanences juridiques, l’apprentissage du français, les réseaux d’hébergement solidaire ou les opérations de sauvetage en mer.

    Nous sommes à une époque charnière, l’Histoire ira là les forces sont plus fortes. Soyons des Humains Debouts.

     

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